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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, quand ça lui chante, à 7 heures 53, plus tôt ou plus tard, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ourse, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
tassuad : ce jour là j'étais à Santa Reparata di Balagna dans la salle communale où un orchestre jouait , j'ai sorti mon harmo et je fus accepté illico
Le Doc : Va être épuisée la danseuse,elle est en transe depuis le 24 mai!
Cigale : Ben ca lui chante pas souvent à 7H53
Nostalgie : Pourquoi nous priver de tous ces jolis textes nous sommes orphelins de ce blog. Tristes aussi. Amitiès
TASSUAD : AVEC DE LA CHANTILLY MAISON
Owlette : Dessert: 2 tartes..2!
Roger : Mais quelle surprise,pourqu oi ne pas parler de moi, je le vaut bien
MARTINE : Ifrance ne veut pas de moi ! Et zut... Je hais la technique...
Acrostiche : Nous souhaitons ta présence.Se souvenir c'est bien mais lire c'est mieux REVIENS
Acrostiche : Rine que de temps en temps.Etpour nous faire plaisir.Viens nous distraire.Inven tes,tu sais si bien le faire.Emportes nous dans tes contes.
Un ami : Si tu pleures trop parceque tu as perdu ton soleil,tes larmes t'empêcheront de voir les étoiles.
Le blog : C'est le desert total, je suis désespéré, je commence une dépréssion.
C'est Nous : Pourquoi nous laisser tomber?
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
Nostalgie : Comme ce blog manque! 2 fois par semaine c'est trop demander?
tassuad : je l'ai vu en concert il y a longtemps un bonheur !!!
micorne : Barbara, un vrai bonheur merci Martine
Owlette : Sublime Barbara! Vive les 100000
3 connecté : pour quoi? ils attendent le passage des coureurs ? dopés
connecté : 6 connectés ? circulez ya rien à voir
Le Blog : He alors Martine ? Et moi, suis toujours là, j'ai faim, donnes moi des mots svp.
tassuad : le blog est mort ! vive le blog !
Ouf : Il était temps!
Kikéla : chouette la blogueuese.Quel le bonne surprise . youpi tralala
tassuad : digne? dingue? tong?
Enfin : Le retour. Sonnes les Martines !
Owlette : tout, blog et carabistouilles confondus
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Publié le Vendredi 25 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset

- Tu entends ? Je suis foutu ! Foutu mon pauvre Isidore. Condamné par la médecine !

Et pour la première fois depuis qu’Isidore lui avait cassé son train électrique alors qu’ils avaient tous deux six ans, Fernand s’effondra. Il raccrocha le téléphone sans entendre ce que son ami lui répondit et fondit en larmes.

 

Il pleura ainsi longtemps, suffoquant de désespoir.

 

Il le savait. Depuis plusieurs mois, il sentait que quelque chose n’allait pas en lui. Ces essoufflements, ces étourdissements, ce cœur qui battait parfois trop vite et d’autres fois pas assez… Il le sentait… Il en avait fait part à son médecin qui l’avait écouté attentivement, ausculté soigneusement, prescrit consciencieusement des analyses et autres investigations. Ils n’avaient rien trouvé. Fernand avait alors compris que c’était grave. Un mal qui se cache est un mal sournois.

Et puis ce matin au téléphone, son médecin, après une nouvelle analyse, lui avait annoncé que cette fois, ils avaient finalement découvert qu’un mal le rongeait. Les mots du médecin avaient résonné en martelant son crâne d’un interminable écho. Ils résonnaient encore. Ils résonneront jusqu’à son dernier souffle.

 

Les yeux gonflés et le visage inondé de larmes, il n’avait pas bougé de la chaise près du téléphone. Ce dernier avait retenti plusieurs fois mais il n’avait eu ni la force ni le courage de décrocher le combiné. La tête enfouie dans les bras, on ne voyait que son dos secoué des spasmes de ses sanglots.

 

Il se calma enfin, releva la tête, s’essuya le visage de sa manche, respira profondément et longuement puis réfléchit : « C’est ainsi, c’est mon destin. Je n’ai pas quarante ans et je vais mourir. Il me faut l’accepter. Mais j’ai des choses à dire à certains avant de partir… »

 

Il se leva et se dirigea vers son bureau. Il prit dans un tiroir une petite pile de papier blanc destiné à son imprimante, un stylo et se mit à écrire.

 

(A suivre)

 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le Jeudi 24 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

Nous sommes tous confrontés à l’écriture de divers courriers ennuyeux destinés aux diverses administrations qui nous régissent. Et si nous cessions de n’être que des suites de nombres ? Si nous accordions à ces courriers une touche personnelle ? Pourquoi serions-nous forcément stéréotypés lorsqu’il s’agit de nous adresser à notre Caisse Primaire d’Assurance Maladie, notre banquier, notre inspecteur des impôts ?

 

Finalement, un courrier administratif n’est pas une lettre que nous lisons en entier. Une grosse bêtise pourrait être glissée dans la formule de politesse que personne ne s’en apercevrait… Déjà que nous n’écrivons plus beaucoup si en plus, seuls deux ou trois mots clefs sont lus par le destinataire d’un courrier, je trouve cela bien triste. Alors, osons. Ecrivons des courriers qui nous ressemblent.

 

Prenons un exemple : votre banquier vous informe en six lignes dont vous ne lisez que trois ou quatre mots, que votre compte est débiteur de 215,54 € et vous demande de régulariser la situation au plus vite. Voici ce que vous pourriez lui répondre :

 « Mon cher banquier,Votre lettre vient de passer sur ma journée comme un nuage noir chargé d’orage au-dessus d’une fragile marguerite. J’étais tranquillement allongée sur mon sofa à lire « L’élégance du hérisson » de Muriel Barberi et j’en étais à la page 84 lorsque j’entendis le vrombissement du scooter de Paul Giudicelli, le facteur. J’ai donc posé mon livre et suis sortie pour explorer la boîte aux lettres. J’y ai trouvé une lettre de ma grand-mère qui me donnait des nouvelles de tante Berthe (elle va beaucoup mieux et sa hanche ne la fait plus souffrir) ainsi que votre courrier. Je suis donc en rouge sur vos tablettes ! Ah le rouge… Il me fait penser aux coccinelles, aux coquelicots, aux fraises, à toutes ces jolies touches colorées de la nature qui nous entoure. Rouge, couleur qui nous interpelle, que l’on remarque. Que sont ces quelques rouges 215,54 € dans ce monde noir de surendettement ? N’avez-vous pas songé un instant qu’il ne s’agissait peut-être pas du fruit du hasard ? Qu’ils étaient déposés là uniquement pour vous rappeler qu’ils sont bien peu de chose en regard des trous faramineux creusés par des ongles sans scrupules ? Je vous les ai offert, mon cher banquier, et vous les avez artistiquement rougis. Je vous en sais gré. Votre chère cliente rougissante. » 

C’est quand même une façon plus agréable que de lui dire en trois lignes que vous n’avez pas la possibilité de combler votre découvert non ?

 

Je me souviens qu’un jour, j’ai trouvé une mouche totalement desséchée dans un paquet de riz que je venais d’ouvrir. Cela m’a semblé inconcevable et dans un premier temps, mon réflexe a été de vouloir faire connaître au fabricant mon inquiétude quant à la salubrité de ses produits. Et puis, après réflexion, je me suis dit que cela ne servirait à rien. Mais j’ai quand même voulu marquer le coup et je leur ai écrit un courrier :
« Messieurs, je viens d’acheter votre riz « Machin » et vous remercie vivement des recettes que vous proposez sur l’emballage. Néanmoins, si j’ai bien trouvé la mouche lyophilisée que vous avez insérée dans le paquet, je n’ai pas trouvé la recette qui correspond à sa préparation. Veuillez agréer… etc. P. J. : 1 mouche ».
J’ai scotché la pièce jointe en haut de ma lettre et j’ai envoyé. Eh bien, ils ne m’ont pas répondu par courrier, ils m’ont téléphoné ! Une fille hilare m’a alors proposé de m’envoyer non pas un mais dix paquets de riz en compensation ! J’ai refusé en pensant à la mouche mais il n’empêche que mon courrier avait fait… mouche !

 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le Mercredi 23 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : En colère

Je sautillais gaiement d’une page à l’autre sur le web afin de rendre ma visite quotidienne à mes sites et blogs préférés quand… paf. Plus rien. Nunda. « La page ne peut être affichée, etc… ». Deux ou trois petites manipulations inutiles plus tard, la page s’obstine à se retrancher derrière la formule toute faite d’Internet Explorer. A cet instant-là, il est 18 H 30 (ciel étoilé, mer calme, pas de vent, la température extérieure est de 9° C, la température intérieure est de – 12° C).

 

J’observe quelques instants l’écran, la Live Box puis encore l’écran. Je réfléchis. Mes yeux s’arrêtent un instant sur la web cam de mon Roudoudou, récemment installée. « Y’a quelqu’un ? » Non, personne.

 

En parfaite femme organisée que je suis à mes heures perdues, je sors mon dossier à rabats où est écrit en gros « INTERNET ». Je ne vois pas d’autre solution que celle d’appeler mon fournisseur d’accès d’autant plus qu’une telle panne ne m’était jamais arrivée. Je trouve rapidement le numéro de la hot line : 0,35 € la minute, une bagatelle. Pour le prix de deux ou trois baguettes, je vais retrouver ma connexion. Oui mais bien sûr…

 

Premier appel. Après avoir entendu toutes les offres possibles et imaginables du fournisseur pendant plusieurs minutes : « Tous nos conseillers techniques sont en ligne, nous vous conseillons de renouveler votre appel ». Zen. Ok.

 

Second appel. Cf. le premier.

 

Troisième appel. Quand je ne m’y attends plus et que du coup, je prépare une omelette d’une main, j’entends : « Bonsoir, je me présente, je suis Rachid votre conseiller technique. Que puis-je faire pour vous ? ». Je détale à fond de train vers l’étage (moins d’une demie baguette pour réaliser cette prouesse) où se trouve mon ordinateur et j’explique. Il fait quelques tests sur ma ligne en me faisant patienter avec à nouveau les offres du fournisseur. « Je ne comprends pas » me dit-il. Ah ben tiens, on est deux. Il me fait faire des manipulations auxquelles j’obéis sans broncher. La communication est alors brutalement coupée. Bip bip bip…

 

Quatrième appel. Offres. Cinq ou six baguettes. « Bonsoir, je me présente, je suis Mounir votre conseiller technique. Que puis-je faire pour vous ? ». Comme Rachid, il a un accent de d’jeunz de banlieue à couper au nunchaku. Mais ils m’appellent « madame » et non « la belette ». Je recommence mon explication. Lui, à l’air de comprendre : « Faites un reset de votre Live Box ». Après avoir hésité sur le mot reset prononcé étrangement « rrrézette », je réalise et je fais. Je le questionne calmement : « Il ne faut pas la reconfigurer à présent ? ». « Non, pas du tout ». Ok Mounir. Cela ne marche toujours pas et il avoue qu’il ne comprend pas pourquoi. Il cherche en me laissant avec les offres. Quinze baguettes plus tard, il m’annonce qu’il me met en relation avec un technicien spécialisé.

 

Il est à présent 21 H 38 et la situation semble être grave. J’ai en ligne le technicien spécialisé. Il me dit dans un premier temps que la communication risque d’être coupée car elle ne peut excéder 30 minutes et que j’en ai déjà passé 22 avec Mounir. 27,5 baguettes. Il ajoute que je ne dois pas m’inquiéter car il me rappellera immédiatement. Pour la troisième fois, j’explique. Nous commençons de nouvelles manipulations. J’ouvre des applications, je coche des cases, j’en décoche d’autres, j’écris du hiéroglyphe sous DOS. Je n’y comprends rien mais aucune importance car lui, il doit comprendre. Il me dit  justement qu’il cherche à comprendre. Bip bip bip… Les 30 minutes sont écoulées.

 

Plus rien ne se passe. Il ne rappelle pas. Le plus étrange, c’est qu’à ce moment-là, je ne suis même pas encore en colère. Je décide de le recontacter moi-même en passant à nouveau par le standard.

 

Cinquième appel. « Bonsoir, je me présente, je suis Fatia votre conseillère technique. Que puis-je faire pour vous ? ». Rebelote. J’ai beau lui demander de me passer directement le technicos de tout à l’heure, je suis obligée de tout lui expliquer encore une fois. Pour finalement m’entendre dire : « Je ne peux pas vous le passer car le service des techniciens s’arrête à 21 H 45. Il vous rappellera demain ».

 

Il ne pouvait me le dire le bougre ? Me voilà donc avec une multitude de fenêtres barbares ouvertes sur mon écran et une Live Box qui clignote désespérément. Dépitée, je ferme les fenêtres, je tire les rideaux et j’éteins tout.

 

J’ai donc jusqu’au lendemain pour penser à ma Live Box qui a sûrement passé l’arme à gauche et pour chercher son emballage que j’avais soigneusement conservé. L’œil humide je regarde cet emballage qui, sous peu, deviendra cercueil. Je comptabilise le nombre de jours que la poste prendra à la renvoyer au fournisseur et à m’en faire parvenir une nouvelle. Résignée, je prends un bouquin et je passe à autre chose.

 

Le lendemain matin (ciel nuageux, mer calme, pas de vent, la température extérieure est de 13° C, la température intérieure est toujours de – 12° C), à 11 heures, personne ne m’a encore rappelée.

 

Sixième appel. « Bonjour, je me présente, je suis Akim votre conseiller technique. Que puis-je faire pour vous ? » Rien Akim. Passez-moi juste le technicien spécialisé. « Que puis-je faire pour vous ? » me répète-t-il plusieurs fois. Encore une fois, je reste zen et aimable. Mais il faut que j’explique encore… Et enfin, il m’annonce qu’il me le passe. Et là, j’entends « Tous les techniciens spécialisés sont actuellement occupés, veuillez appeler ultérieurement ». Bip bip bip…

 

Ma zénitude est derrière moi, ça y’est. Les baguettes défilent sous mes yeux et me narguent.

 

Septième appel. « Bonsoir, je me présente, je suis Radija votre conseillère technique. Que puis-je faire pour vous ? » RIEN RADIJA ! ABSOLUMENT RIEN ! NADA ! QUE DALLE ! PASSEZ-MOI JUSTE LE TECHNICIEN SPECIALISE ! IMMEDIATEMENT !   Silence. Cliquetis de clavier. Et elle me le passe sans chercher à comprendre.

 

Il s’appelle Mathieu et a une voix de stewart. Il me dit qu’il me rappelle sans attendre. Je raccroche au bord des larmes. Je ne le crois pas. Et pourtant, il le fait. Quinze minutes plus tard, tout fonctionne, la Live Box est reconfigurée (alors Mounir ?) et j’ai récupéré ma connexion. Encore mieux, il m’envoie par courriel toute la procédure à suivre si le problème survient à nouveau. Mathieu, il est 11 H 30 et je t’aime.

 

 « Faute de pain, on mange de la galette » (proverbe Québécois).

 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le Mardi 22 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Rebelle
Une goutte d’eau vient de faire déborder mon vase. Juste une goutte de pas grand-chose qui m’agace. Pourquoi affirme-t-on des choses sans savoir ? Hein ?Pourquoi ? 

Eh bien, quand j’entends des insulaires affirmer que l’origine de leur patronyme vient des Etrusques puisque le cousin Machin-Truc-Chouette a remonté la généalogie de la famille jusque-là, que tous les porteurs d’un même patronyme sont issus du même village et que le cousin Machin-Truc-Chouette, il s’y connaît, moi la pinzuta, voici ce que je leur réponds.
 

Les patronymes en Corse se sont fixés pour la plupart des villages dans le courant du 18ème (soit près de quatre siècles après la France continentale et l’Italie), exception faite cependant des familles importantes telles que celles des notables locaux et des familles anoblies.  Pour certaines petites communes ils n'y apparaîtront même que dans le premier quart du 19ème siècle. Les villes portuaires d’Ajaccio, Bastia et Calvi sont des cas particuliers que je mettrai de côté.
 

Le patronyme permet d'identifier un individu par rapport au clan familial auquel il est rattaché. La terminaison « i » de la plupart de nos patronymes tend à le démontrer et on peut dire d'un Franceschi qu'il fait partie « du clan de Francesco », ce dernier étant l'ancêtre éponyme. Quant à ce fameux ancêtre éponyme, il est celui qui est à l'origine d'une famille, celui qui fut l'autorité de cette famille, autrement dit celui à partir duquel a été créé un clan, soit parce qu'il a bâti la maison familiale (n'oublions pas que le 16ème siècle fut une période de reconstruction après les ravages des guerres), soit parce qu'il est l'ancêtre « étranger » qui s'est installé le premier en un lieu dont il n'était pas natif. Il est donc possible que deux frères soient à l'origine de deux patronymes différents. Bien évidemment, l'ancêtre éponyme, n'est pas le créateur conscient d'un patronyme et nous ne verrons bien souvent son prénom se transformer en nom que très longtemps après son décès. 
 
Mais l'ancêtre éponyme n'a pas nécessairement transmis un patronyme issu de son prénom. Il peut s'agir d'un nom de lieu, d'un surnom, ou encore d'un nom de métier. D'autre part, l'origine d'un nom peut également être collective, autrement dit un patronyme peut avoir été créé par exemple en faisant référence aux idées politiques d'un groupe d'individu ou à une profession commune à toute une famille. Même si l’on trouve des patronymes issus d’un nom de lieu, d’un surnom ou d’un métier, ceux issus d’un prénom sont cependant les plus fréquents.

Jusqu'au début du 17ème siècle, on a souvent attribué aux nouveau-nés des prénoms « païens » parfois à l'origine de patronymes. Puis, à la suite du Concile de Trente, les prénoms chrétiens les ont remplacé progressivement. De ces prénoms, sont nés la plupart des patronymes actuels : Giovanni, Giuseppi, Mattei, Antoni, Battesti, Natali, Pietri, Paoli, Franceschi, etc. D'autres ont pu naître également de prénoms composés ou de variantes de prénoms. Même si le prénom s'est transformé en nom, il a quand même été transmis comme le veut la tradition. Ainsi, il n'est pas rare de trouver au 19ème siècle des Natalino Natalini, des Paolo Paoli ou des Pietrino Pietrini dont le prénom est finalement installé dans la famille depuis plus longtemps que le patronyme n'y est fixé...
 
Lorsqu'un patronyme est le nom d'une commune, il s'agit la plupart du temps d'une famille originaire d'un village dont elle porte le nom et qui s'est installée dans un autre. De nombreuses familles bastiaises sont dans ce cas : Rogliano, Sisco, Ogliastro, Oletta, Luri, Olmeta, Belgodere (village abandonné à proximité de Bastia), etc...   
De nombreux autres patronymes voient leur origine dans le nom d'un hameau. Dans certains cas, si une commune comprenait plusieurs hameaux, les habitants de chacun d'entre eux en prenaient le nom (à moins que ce ne soit le hameau qui ait pris le nom de ses habitants...). On différenciait ainsi chaque famille en fonction de son hameau de résidence. Ce qui ne veut pas dire que toutes les personnes portant un même patronyme étaient forcément proches parents...  
Les patronymes issus de métiers sont faciles à identifier. On trouve ainsi des Sartori, Muratori ou Ferrali dont on devine aisément la signification. Mais là encore, l'ancêtre éponyme n'est pas forcément un seul individu. Il peut s'agir en effet d'un clan entier, soit de toute une famille exerçant une même profession. Si les patronymes se transmettent traditionnellement de père en fils, on peut observer malgré tout quelques exceptions qui risquent fortement d'embrouiller le chercheur : les changements de patronymes...  
Tout d'abord, on trouve en Corse, et ce jusqu'au début du 19ème siècle, des changements de patronymes au fil des actes. Il s'agit parfois d'hésitation dans la fixation d'un patronyme d'une famille étrangère à une commune : une famille sera parfois identifiée par son véritable patronyme et parfois par celui de sa commune d'origine, et ce jusqu'à ce que l'usage finisse par trancher.  
On trouve également le cas des individus mâles qui transmettent le patronyme de leur mère. Dans ce cas, plusieurs possibilités s'offrent à nous : soit le père de cet individu est décédé très jeune et le patronyme de sa mère s'est substitué tout naturellement, par usage, à celui de son époux (on peut penser qu'après son veuvage, elle soit retournée vivre avec ses enfants dans son propre clan familial), soit le père était étranger au village et a perdu son patronyme -si toutefois il en avait un- en s'intégrant au clan familial de son épouse.  
On observe également le cas d'individus qui ont suffisamment marqué la mémoire d'un village pour que leur patronyme s'étende aux cousins, beaux-frères ou neveux.

Enfin, il existe des changements brutaux de patronymes dans des familles ayant pourtant déjà le leur. Il s'agit bien souvent d'une façon de différencier plusieurs branches d'une même famille devenue trop nombreuse et dont les individus deviennent donc difficilement identifiables, en créant de nouveaux patronymes au sein même de cette famille. Ou simplement de la propre volonté d'une branche d'une famille de se différencier du reste du clan. Ainsi, on trouve des individus qui ajoutent à leur nom celui de leur mère, créant ainsi des noms composés.
 

Alors que l’on arrête de dire que tous les porteurs d’un même patronyme ont tous le même berceau, c’est parfois vrai mais souvent une affirmation sans fondement. Quant au cousin Machin-Etrusque-Chouette, qu’il vienne me voir, je lui dirai comment je m’appelle.

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le Lundi 21 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique

Moi, c’est Youki et j’ai trois ans. Youki, épagneul bretonnant par ma mère. Mon père reste un mystère. Probablement un frisé aux oreilles dressées vu mes bouclettes et mon oreille droite. La gauche, c’est celle de ma mère. Tombante et frémissante. J’ai également hérité de ma mère l’art de l’arrêt. Mes arrêts sur les mouches sont une pure merveille et d’une efficacité absolue. Aucune ne me résiste. J’observe d’ailleurs le même don chez mon humain quand une humaine traverse son champ de vision. Serions-nous cousins ? Enfin, mes humains sont des gens sympas, un peu encombrants mais sympas.

 

Le matin, c’est mon humaine qui me réveille. Elle m’extrait du canapé avec douceur en me disant invariablement « Qu’est-ce que tu fais là ? Si ton père te voyait ! Descend tout de suite ! ». Mon père ! Comment connaîtrait-elle mon père ? Je sais très bien qu’elle cherche simplement à me faire peur. Or, cela me laisse de marbre. Mais je descends. Il est hors de question que je contrarie celle qui est rattachée aux mains qui ouvrent mes boîtes de Canigou. Je descends, je m’étire, je fais quelques pas et je me recouche sur le tapis du salon jusqu’à ce que mon humain claironne « Allez Youki ! Au pissou ! ». J’ignore ce qu’est le « pissou » pour un humain mais il est en tout cas un sésame qui m’ouvre la porte d’entrée. J’adore ce moment où les odeurs de la nuit sont encore suspendues aux lauriers roses et aux enjoliveurs des voitures de la résidence. Parfois je croise Nounouche, la petite cocker golden prétentieuse du second, promenant son humaine au bout d’une laisse. Elle n’a pas l’air de vouloir avancer car Nounouche la tire de toutes ses forces, les oreilles balayant le sol et laissant derrière elle deux traînées sur le gravier du parking. Si je dis que Nounouche est prétentieuse, c’est que lorsque je l’approche pour renifler les nouveautés du jour, elle me montre systématiquement les crocs en me tançant d’un regard biaiseur. Je préfère Pèpète la caniche blanche. Elle, au moins, elle ne dit rien vu qu’elle promène son pouic coincé entre ses dents.

Je fais ensuite ma tournée d’odeurs et lève la patte sur chacune d’entre elles. J’aime bien quand ça sent le moi. Ça me rassure.

 

Lorsque j’entends siffler, je dois rentrer. Et même si je traînerais bien encore dans le quartier, j’obtempère. La seule fois où j’ai ignoré le sifflement de mon humain, cela m’a valut la honte de ma vie. Je l’ai entendu arriver derrière moi mais j’ai gardé la truffe collée au pied du réverbère, genre décontracté. Ulysse, le berger allemand du bâtiment D23 promenait son humain en laisse à deux pas de moi et je le faisais bisquer en lui montrant bien que je pouvais renifler à loisir, sans laisse et sans humain à traîner. Et là, vous savez ce qu’il a dit mon humain, juste devant l’autre qui, évidemment, me regardait à ce moment-là ? Il a dit : « Espèce de bâtard, tu vas rentrer ? » Espèce de bâtard… Le mot qui fâche… Le mot qui fait rire les Rintintin à pedigree… Moi l’épagneul bretonnant de l’oreille gauche… Je suis rentré mais une fois à la maison, je lui ai planqué sa basket droite sous le buffet de la cuisine et je suis allé me coucher l’air détaché dans mon panier. Voilà. Fallait pas m’appeler « bâtard » devant le Ulysse des Monts Fleuris de Jouvence, champion de beauté du Périgord. Quelle truffe.

 

S’ensuit une longue journée de farniente pendant laquelle mes humains partent au « sois-sage-on-va-gagner-ta-gamelle-et-ne-grimpe-pas-sur-le-canapé ». Je passe alors du fauteuil au canapé puis du lit au fauteuil et je recommence. Quand j’entends le cliquetis de la clef dans la serrure, je détale vers mon panier où je fais semblant de dormir. C’est l’heure où il est hors de question de contrarier qui que ce soit vu que mon repas arrivera dans le quart d’heure qui suivra. Je leur montre d’ailleurs avec effusion que je suis ravi de les voir, poussant le vice jusqu’à aller chercher leurs chaussons l’un après l’autre. Juste après le « pissou » qui ouvre la porte d’entrée et mon inspection d’odeurs autour de l’immeuble, je rentre au premier sifflet. Ma gamelle est là et elle m’attend. Ça creuse, le reniflage.

 

Un chien de passage invité chez les humains du dernier étage m’a dit un jour qu’il vivait à la campagne, rongeait des os et poursuivait du gibier.  Il y en a qui n’ont vraiment pas de chance. Une vie sans canapé, comment est-ce possible ? Et puis d’abord, c’est quoi du « gibier » ? Et la « campagne » ? Pour l’os, je sais, mon pouic en a la forme…


Copyright © 2008 Martine Rousset