Il faut quand même que je vous présente Valentine ! Bien carrossée, des rondeurs là où il faut (contrairement à la Valentine de la chanson), des grands yeux en amande… Une bien jolie jeune fille bleue. Oui, bleue. Bleue Dargon pour être précise et pourvue de quatre chevaux, soit trois de plus que le Prince Charmant !
Ma petite voiture (vous l’aviez deviné ?) Valentine est arrivée dans mon humble foyer le jour de
Donc, aujourd’hui, c’est Valentine. Sauf que Valentine est toute neuve. Quand je suis allée la chercher, le vendeur m’a amené près d’elle, sagement garée sur le parking du concessionnaire. Elle m’attendait. Oui, elle m’attendait. Cela fait deux fois que vous ricanez… Le vendeur était là pour me la remettre officiellement. Il a ouvert la (ma !) portière et m’a expliqué l’utilisation de chaque équipement. Le volant, les clignotants, les essuie-glaces, les phares, le chauffage… J’ai l’air si abrutie ? Enfin, de toute façon, je ne l’écoutais pas, trop absorbée par la portière ouverte qui aurait pu percuter la voiture d’à côté à la moindre bourrasque. Il n’y avait pas un souffle de vent, certes, mais une tornade est si vite arrivée… Je tenais donc la portière fermement « au cas où » en scrutant le ciel (bleu) à l’affût d’un signe annonciateur d’une catastrophe naturelle.
Puis soudain, il m’a serré la main, m’a souhaité bonne route et a disparu. J’étais toute seule au milieu du parking… Il allait revenir ? Pour quoi faire finalement, Valentine était mienne et je pouvais démarrer… Etrangement, je n’avais pas la conscience tranquille. Je peux partir ? Personne ne va me courir derrière ? J’ai le droit ? Je me suis calée contre le fauteuil, j’ai mis la clef compliquée dans le contact et j’ai attendu sans démarrer. Juste pour apprécier ce moment et m’en souvenir ensuite. C’est ballot, je sais… Mais c’est comme ça…
Etiquetée de mes WW, j’ai pris la nationale avec une sorte de sourire béat totalement nunuche. J’avoue…
Et le lendemain matin quand je me suis réveillée, mon premier regard a été pour elle à travers mes rideaux. Et quand je suis passée dans la cuisine en direction de la cafetière, elle a eu mon second regard. Et quand je suis remontée dans le bureau, elle a eu le troisième… Et ainsi de suite une bonne partie de la journée… Une fenêtre, un regard. Elle aime bien que je la regarde. Ça aussi je le sens. Auriez-vous l’affront de ricaner pour la troisième fois ?
C’est quand même un événement une voiture neuve et cela n’arrive pas tous les jours... Il était donc impensable que vous ne le sachiez pas…








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