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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 01 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie

Il arrive parfois que nous acceptions des défis totalement stupides. Des défis où nous n’avons rien à gagner sinon la satisfaction d’avoir réussi l’impossible… C’est ce genre de pari que j’ai fait avec mon Roudoudou…

 

Mon Roudoudou n’est pas qu’un collectionneur de pots de Danette. Même si il excelle dans ce domaine, il est également passionné par le jeu d’échecs. Allez savoir de qui il tient cela. Pas de moi en tout cas. J’ai déjà un mal fou à me concentrer sur une partie de Monopoly alors les échecs…

 

La perspective des trois jours de l’Open d’échecs au théâtre de Bastia l’a donc mis dans un état second. C’est une concentration incroyable de neurones avec la présence de grands maîtres venus du monde entier. Dont Karpov. Le fameux Anatoly Karpov, plusieurs fois champion du monde et dont le match légendaire contre Kasparov est resté dans toutes les mémoires.  Pour mon Roudoudou, Karpov est un Dieu. Pour moi, c’est un extra-terrestre.

Et sans trop savoir pourquoi, j’ai lancé à mon Roudoudou le fou défi de parvenir à ramener de cet Open une photographie de Karpov et de moi. N’importe quoi. Il a ricané, sachant pertinemment que Karpov se laisse rarement photographier avec des anonymes. J’ai lu dans ses yeux « elle est tarée ». Elle est. Allais-je y parvenir ?

 

Quitte à passer trois jours au théâtre de Bastia, j’avais choisi de donner un coup de main au staff des organisateurs. Et c’est ainsi que durant trois jours, je me suis retrouvée au bar du théâtre, dans une sorte de tourbillon bruyant et turbulent, à servir quatre cents joueurs d’échecs, dont une majorité d’enfants, et autant d’accompagnants. J’étais loin de mon Pero Casevecchie… Sachez au passage que c’est la raison pour laquelle je vous avais programmé une petite histoire saucissonnée en trois…

 

Nous avons servi des centaines de canettes et de cafés… Ah, la machine à café… Elle m’a rappelé une histoire… Parce que la machine à café, elle parlait ! Oui, mesdames et messieurs, elle parlait comme une certaine voiture dans un vrai cauchemar. « Le bac est plein » me disait-elle. Contrainte de vider le bac en question, j’extirpais le bac de son logement. « Le bac n’est pas en place », me narguait-elle alors. Forcément, tu viens de me dire de le vider. Andouille. Bref.

 

Et les enfants ! Quelques-uns étaient si jeunes que l’on n’apercevait qu’une main agrippée à une pièce d’un euro qui dépassait du comptoir. D’autres un peu trop pressés, ou faisant comme Papa, tapaient avec leur pièce sur le comptoir, plein de suffisance, pour attirer notre attention. Quant à ceux qui hésitaient deux plombes entre le Fanta orange et le Fanta citron, je crois bien que je leur aurais fait avaler leur pièce. « C’est combien le verre d’eau m’dam’ ? », « C’est gratuit petit », « J’en veux deux ! », « Avec douze pailles ? », « C’est gratuit les pailles ? ».

 

Evidemment, les grands maîtres sont passés par là eux aussi. Il faut hydrater ses neurones. Ils sont sobres pour la plupart. Pas tous souriants et certains plutôt étranges. Cloisonnés dans leur monde. Parmi les plus sympathiques, je décerne une palme personnelle au Grand Maître International russe Artur Jussupov.

 

Quant à Anatoly Karpov, il est passé plusieurs fois par le bar mais il dégage une telle personnalité, que j’ai vite été convaincue que j’avais perdu mon pari contre mon Roudoudou… Comment, moi, totalement invisible et inconnue à ses yeux, allais-je pouvoir obtenir la fameuse photographie qui me ferait redorer mon blason auprès de mon Roudoudou ?

J’ai laissé passer deux jours sans rien oser, me contentant de le servir en silence. J’étais transparente.

Et le troisième jour est arrivé. Le bar était désert à cette heure-là, un hasard. Soudain… Suspens… Ta ta tiiiin (bruit du suspens)… Il est arrivé… « One coffee please ». J’ai tout compris et je le sers (un coup de chance, la machine à café n’a rien dit). Il est décontracté et souriant alors qu’il jouera la demi-finale un quart d’heure plus tard. Nous échangeons quelques mots. Il sourit toujours. Nous risquons quelques bêtises avec l’autre mère de faction avec moi au bar. Il est amusé. Et là, j’ose… Re-suspens…. Re-Ta ta tiiiin (re-bruit du suspens). Et… Et… Voilà !



 
 
 


Alors mon Roudoudou ? Elle est si naze que ça ta mère ?