- Quel temps superbe ! Je vais en profiter pour aller au marché, déclara Carlita en faisant retomber le rideau de la fenêtre du salon, mâche ou laitue pour midi ?
- C’est pas possible ! Tu ne peux pas y aller comme ça, sans prévenir ! Trop risqué… Objecta Nicolito.
- Je risque quoi ?
- Tu ne te rends pas compte, ma Carlita, il te faut une escorte ! De toute façon, nous avons un avion à prendre dans deux heures.
- Ah ? Tu ne me l’avais pas dit !
- J’ai dû oublier. Va te préparer.
- Nous allons où ? Une surprise ?
- Non… Un voyage officiel je ne sais plus où… Nous verrons bien.
- Soit.
Quoique déçue, la jeune femme ne discuta pas, se dirigea vers le dressing-room et ouvrit la gigantesque penderie. Elle y choisit un tailleur rose pâle et une paire de bottines blanches à hauts talons. Elle se regarda un moment dans la glace et satisfaite de l’image renvoyée, elle rejoignit son mari.
Dès qu’il la vit, son visage se figea :
- C’est pas possible !
- Je ne te plais pas en rose ?
- Si, mais ce sont les chaussures. Trop hautes. Tu seras bien trop grande. Des talons plats, ma Carlita… Toujours des talons plats quand nous sommes ensemble.
- Soit, répondit-elle en soupirant.
Quand les deux époux descendirent de l’avion, la chaleur africaine assomma la jeune femme. A peine descendue de la passerelle, succédant à son mari de quelques marches, elle retira la veste de son tailleur. Nicolito qui venait de se retourner, s’approcha d’elle et lui chuchota discrètement à l’oreille :
- C’est pas possible ! Garde ta veste.
- Mais j’ai chaud !
- Tant pis. Tu t’y feras.
- Soit.
Une foule haute en couleurs était là pour les recevoir. Nicolito accorda quelques sourires et poignées de main immédiatement immortalisés pour les besoins de l’information et le couple fut happé par une longue voiture noire qui les mena vers la résidence de leur hôte où devait se tenir une réunion avant le dîner.
- Je ne vais pas être obligée de rester à votre réunion ? S’inquiéta Carlita.
- Surtout pas.
- Super. Je vais pouvoir aller flâner en ville. Je ramènerai quelques souvenirs…
- C’est pas possible ! Tu dois rester avec l’épouse du président et lui tenir
- Soit, maugréa Carlita.
Stop !
Allez, on se reprend, on ferme la parenthèse et on se concentre à nouveau sur des choses un peu moins futiles et un peu plus rationnelles. C’est possible ça ?








> Lire les 3 commentaires