Cela vous arrive sur le coin du nez comme une grande gifle. Hier tout était normal, rien n’était à signaler, vous vaquiez à vos occupations habituelles, et aujourd’hui… Badaboum. Vous êtes amoureuse. Un regard de courge, un sourire béat affiché en permanence, l’air absent, etc… Les deux pieds dedans.
Vous commencez à écrire un poème dont le premier vers laisse transparaître malgré vous votre état général : « Je me perds dans l’océan de tes yeux…, etc… ». Autrement dit, vous ramez. Cependant, vous ne le savez pas. Quant à vos yeux, ce sont à présent deux soucoupes de tasses à café dès qu’il apparaît.
Vous piquez un nuage au ciel et vous vous y installez. Et là, vous attendez qu’il vous percute le SMS promis pour vous souhaiter bonne nuit. Vous vérifiez vingt-huit fois que votre portable est bien allumé et que la batterie est chargée. Le SMS n’arrive pas. Afin de pouvoir continuer à vivre, vous éteignez votre portable. Quand vous l’allumez à nouveau, le SMS est là. Vous le lisez. Le relisez. Il n’a pas mis de « s » à la fin de « bisou ». Quel étourdi. Vous attendrez pour répondre. Il ne faut pas avoir l’air de… L’air dégagé, vous faites le tour de l’appartement. Plusieurs fois. Vous regardez l’heure. Plusieurs fois. Vous vérifiez sur une autre pendule que la première heure concorde. Vous prenez sur vous et décidez d’attendre encore une heure. Vous mettez le réveil.
Une heure plus tard, lorsque le réveil à sonné, vous répondez que vous êtes désolée mais que vous n’aviez pas vu qu’il vous avait envoyé un message et vous lui souhaitez bonne nuit à votre tour. Vous posez votre téléphone sur l’oreiller « invité », vous vous couchez et vous endormez sur un vieux bouquin que vous n’aviez plus lu depuis longtemps : « Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus » de John Gray.
Et quand vos amis vous font remarquer avec malice que vous êtes amoureuse, vous leur répondez : « peut-être mais je garde la tête sur les épaules ! ». Vous omettez juste de préciser le nom du propriétaire des épaules.
Enfin, pas d’inquiétude car c’est un état éphémère…








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