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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 02 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Verdure était en garde à vue depuis la veille et le commissaire devait l’interroger cet après-midi à seize heures. Il en avait fait avouer plus d’un… Il allait le coincer, il le sentait. 

Il ferma le dossier, mit rapidement de l'ordre sur son bureau et partit déjeuner. Son coucou venait de l’informer gaiement qu’il était midi.
 

A seize heures, quelques secondes seulement après les quatre coups de son horloge, Jean-Marie Verdure, encadré de deux policiers pénétra dans son bureau.
 La trentaine, grand, maigre, les cheveux hirsutes, il était d’une pâleur maladive. Ses yeux étaient comme creusés dans ce visage anguleux. Ses mains étaient longues et osseuses. Il était vêtu d’un jogging bleu marine trop large. 
- Asseyez-vous, lui ordonna le commissaire en lui indiquant une chaise en face de son bureau.
Le garçon obéit sans un mot. Filippi était installé dans son fauteuil. A sa gauche, la porte d’entrée. A sa droite, la fenêtre. Derrière lui, son cher coucou. En face de lui, un coupable probable. Très probablement coupable, d’ailleurs.

Le commissaire se racla la gorge puis :
- Jean-Marie Verdure, vous avez déjà été condamné deux fois, n’est-ce pas ?
- Oui mais j’ai payé.
- Vous aviez menacé un buraliste d’une arme de poing pour qu’il vous remette sa recette…
- J’étais poursuivi par les huissiers. C’était un moment d’égarement…
- Et les coups et blessure sur votre compagne, c’était également un moment d’égarement ?
- De la colère. Je venais d’apprendre qu’elle me trompait depuis toujours avec mon meilleur ami. D’ailleurs, je m’en étais pris à lui aussi mais il n’avait pas porté plainte.
- Mouais. En ce qui concerne l’affaire pour laquelle vous êtes ici, vous avez déclaré qu’à l’heure du meurtre de Jeanne Fabrègues, vous étiez dans votre chambre. Qu’y faisiez-vous ?
- Je l’ai déjà dit… J’écrivais.
- Vous écriviez quoi ?
- Une histoire d’amour.
- Une histoire d’amour… Et alors que vous êtes plongé dans le silence, un stylo à la main, vous n’entendez pas qu’une jeune femme est assassinée dans la chambre voisine !
- Non monsieur le commissaire. J’écrivais.

Intrigué, Filippi observa Verdure. La tête baissée, il regardait ses mains dont les longs doigts s’entremêlaient nerveusement.


(à suivre)
 
Copyright © 2008 Martine Rousset