Zézette fut saisie soudain d’une peur indescriptible suivie d’une crise de panique lui échappant totalement. Elle se mit à courir dans tous les coins de sa cage, dérapant sur les grains de la litière, se cognant à s’en étourdir contre les parois en cherchant désespérément une issue alors qu’elle savait pourtant qu’il n’y en avait pas. Elle se blottit finalement dans l’angle du distributeur d’eau et se mit à trembler, son petit cœur palpitant à un rythme effréné. Nénette l’observa un instant, surprise du manège inhabituel de sa co-locataire puis s’approcha d’elle :
- Qu’est-ce qui te prend ?
- Sais pas… Danger… Bredouilla Zézette dans un couinement saccadé.
Intriguée, Nénette balaya du regard le groupe qui les encerclait. Elle ne connaissait pas tous les visages mais aucun de ceux qui lui étaient inconnus ne lui parut digne d’un tel affolement de la part de sa compagne. Ses yeux glissèrent sur Pompon. Elle s’adressa à nouveau à Zézette :
- Y’a pas de lézard. Calme toi.
Zézette risqua un œil vers l’amas de blouses agglutinées et… elle aperçut Pompon. « Le voilà le mal, le danger, celui qu’il faut fuir » pensa-t-elle en tremblant encore davantage. Nénette était restée près d’elle, impassible.
- Le gros truc noir, là, dans les bras de
Nénette accorda quelques secondes d’attention à ce qu’elle ignorait être un chat.
- Jamais vu, conclut-elle sans la moindre émotion.
Elles entendirent enfin le Professeur Yokotoha demander le silence. Puis après avoir toussoté deux fois, il prit la parole :
- L’expérience va pouvoir commencer. Mademoiselle Billon, sortez M450 et M612 et posez-les sur le sol. Très bien. Les portes sont bien fermées ? Parfait. Mademoiselle Planchon, à vous maintenant. Laissez votre chat aller et venir comme bon lui semble.
Il regarda Mademoiselle Billon se baisser en méditant sur sa blouse qu'il trouvait trop longue. Lorsque ce fut au tour de Mademoiselle Planchon de se pencher vers le sol pour y déposer son chat, il trouva sa blouse trop courte.
« C’est donc ça un chat, s’étonna Nénette qui, malgré la présence du félin à deux mètres d’elle, n’avait pas bougé d’un pouce, voilà pourquoi cette peureuse de Zézette a prit peur ».
Zézette, quant à elle, s’était enfuie en trottinant si vite que ses pattes n’avaient fait qu’effleurer le carrelage javellisé. Cachée derrière une corbeille à papiers, elle se pensait prête à mourir.
Pompon regardait lymphatiquement les deux rongeurs, l’un après l’autre. Celui dont il voyait seulement la queue dépasser derrière la corbeille l’amusait beaucoup mais il n’avait pas envie de courir à cette heure de digestion.
- C’est parfait. Mademoiselle Planchon, reprenez votre chat. Et que l’on remette nos deux sujets dans leur cage. Mesdames, Messieurs, cette expérience est concluante. M450, génétiquement intacte, a bien développé une peur instantanée à la vue de son prédateur. M612, génétiquement modifiée, ne connaît plus
(à suivre)








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