iBLOG précédent iBLOG suivant



Ma photo
Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2 connectés
50846 visiteurs
Tribune libre
Renifleur : Je nifle et renifle la bécasse...
tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
Martine : What else ? Devine !
Georges C. : What else ?
Mon calendrier
< Avr. 2008 >
L M M J V S D
 123456
78910111213
14151617181920
21222324252627
282930    
Contactez-moi
Mail :
MSN :
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Publié le 03 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset

Gilbert Hanneton avait mal dormi. Il s’était réveillé plusieurs fois durant la nuit, alerté par des bruits qui lui parurent suffisamment inhabituels pour qu’il se lève. Des bruits en provenance de la rue, juste sous les fenêtres de son appartement au premier étage. Pourtant, il n’avait rien vu hormis, à une heure, un chat affairé près des poubelles, à une heure quarante-cinq, un couple qui passait en parlant fort, à trois heures vingt-cinq, le même chat accompagné cette fois-ci d’un congénère,  à quatre heures cinquante, le voisin du dernier qui démarrait son véhicule et à six heures quinze, le camion des éboueurs.

 

Il était sept heures et il décida de jeter un œil à l’extérieur. Il descendit et fut rassuré. Sa voiture était sagement garée, la porte d’entrée n’avait pas été fracturée et sa boîte aux lettres était intacte. Seules quelques immondices éparpillées sur le trottoir témoignaient du passage de quelques félins affamés.

 

C’est vrai qu’il ne s’était jamais rien passé dans son quartier mais on ne sait jamais... Par les temps qui courent.... On ne peut plus faire confiance à personne… Il était en permanence sur le qui-vive et consignait consciencieusement tous les faits inaccoutumés sur un petit carnet. On pouvait y lire des numéros d’immatriculation, des heures, des descriptions de passants. Si un jour il se passait quelque chose, il aurait peut-être des éléments pour identifier les coupables. Coupables de quoi ? Il n’en savait encore rien. L’avenir le lui dirait probablement.

 

Lorsqu’il remonta chez lui, il croisa Hector Belin du troisième étage. Vieux garçon comme lui, Monsieur Belin vivait, également comme lui, depuis près de trente ans dans cet immeuble cossu de cette petite ville de province. Ils avaient été amis, s’étaient souhaité leurs anniversaires réciproques pendant plusieurs années successives, avaient souvent pris un café ensemble ou discuté dans les escaliers. Et puis, le temps avait passé. Il avait semblé à Gilbert qu’Hector était de plus en plus distant pour finalement être convaincu qu’à présent il le détestait.

- Salut Gilbert ! On te croise de plus en plus rarement dis-moi ! Tu vas bien ?

« Il me provoque » pensa-t-il avec hargne.

- Je suis très occupé. Bonne journée. Répondit-il en continuant à gravir les marches.

- Une journée de printemps qui s’annonce sous les meilleurs auspices ! Au fait, quel jour sommes-nous aujourd’hui ?

Gilbert s’arrêta sur la dernière marche, surpris par cette question inattendue.

- Euh… Dimanche, nous étions le 4. Bredouilla-t-il.

- Nous sommes donc le 8. Le 8 mai.

« Le 8 mai ! Mais c’est mon anniversaire ! Soixante ans tout rond aujourd’hui… Le traître ! Il fait exprès de me le rappeler uniquement parce qu’il a cinq ans de moins que moi. Je savais bien qu’il me haïssait… », se dit-il, agacé par cette humiliation. Volontairement, il décida de ne pas relever cet affront et s’inventa une raison afin de couper court à cette conversation :

- Je file. J’attends un coup de téléphone.

 

(à suivre)

 

Copyright © 2008 Martine Rousset