iBLOG précédent iBLOG suivant



Ma photo
Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2 connectés
41503 visiteurs
Tribune libre
Rencard : : Place Foch à Ajaccio les 4, 5 et 6 juillet. Salon du polar et sortie de "Noirs de Corse - Piccule Fictions"...
Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
Owlette : Zab c'est une ode a ton ode qu'il faut faire. L'amour est a chaque ligne. Merci!
Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
503 : Plus que quelques jours pour la souscription...
Roger : ou je tringle ou je me flingue...
483 : Allez faites un effort
1 policier : Je suis pas commissaire comme Flippi mais si Hugues se nomme Capet, il pourrait être le père d'Adrienne... mais on me demmandera pas mon avis...
Juge Epart : Voilà un procés exemplaire qui se profile à l'horizon. Tous suscpects. Sauf bien sur Filippi.
Tripoli : Trois monopolis
PolieTique : Insecte parasite du veau et du mouton de Panurge
Polisson : pratique l'érotisme
Erotisme : Luxure polie
Crocodile : Si Ben a raison, c'est Dali qu'a tort...
Mulot : rat Duchamp
463 : N'attendez plus. Souscrivez maintenant
451 : La souscription pour Noirs de Corse Piccule fictions a besoin de vous
Babar : Je ne suis pas Tarzan pour sauter d'un arbre dans un trou de souris... j'attends un parachute ou l'automne.
Souricette : Babar c pas confortable une feuille viens me rejoindre avant l'automne!
Cancan : Candide? Qu'en dis-tu? Et qu'en dira le qu'en dira-t-on? Qu'en dit le candidat? Qu'en dis-je, moi-même? Il faudrait être candide pour y croire.
Mon calendrier
Contactez-moi
Mail :
MSN :
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Publié le 03 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Le commissaire s’adressa alors aux policiers.
- A-t-on récupéré l’œuvre littéraire de monsieur ?
Le plus grassouillet des deux lui répondit en soupirant :
- Non…
- Et pourquoi non ?
- Pour quoi faire ? 
Pour quoi faire, il n’en savait effectivement rien. Il avait juste besoin de connaître ses suspects.
- Racontez-moi l’histoire que vous écriviez. Le garçon parut surpris. Il hésita, jetant des regards affolés vers les policiers postés à ses côtés, lesquels le toisaient sévèrement. Dépité, il obtempéra. 
- Eh bien, je vais vous la raconter… Mon histoire raconte celle d’Hugues et Adrienne. Ils se rencontrèrent dans la salle d’embarquement d’un aéroport. Adrienne était une très belle femme mais elle avait vingt ans de plus qu’Hugues. Il engagea cependant la conversation avec elle et comme cela arrive parfois, allez savoir pourquoi, on se met à raconter sa vie à quelqu’un que l’on ne connaît pas. C’est ce que fit Adrienne. Elle était née alors que sa mère n’avait pas seize ans et qu’elle travaillait comme bonne à tout faire dans le château d’un comte dont le fils se laissa aller à quelques fantaisies avec elle. Bien entendu, lorsque la grossesse fut découverte, on la vira. Personne ne crut la mère d’Adrienne quand elle donna l’identité du père de l’enfant. Pour cette famille de bourgeois, elle n’existait pas. Elle n’avait d’ailleurs jamais existé autrement qu’en jeune fille aux ordres de châtelains persuadés que le simple fait de tenir un balai aurait pu être une menace pour leur noblesse. Fille mère, ou mère célibataire, au choix, elle fut évidemment malmenée par les siens, des campagnards. Démarrage difficile dans sa vie d’adulte. Elle n’était pas encore sortie de l’adolescence que déjà, on l’avait jugée. Lourde blessure qui ne cicatrisera probablement jamais. Ce qui explique peut-être ses vagabondages sentimentaux qui ont suivi. Adrienne pleurait en ressassant la triste vie que fut celle de sa mère. Hugues en fut ému alors qu’il ne connaissait pas encore la suite de l’histoire. Adrienne n’avait que deux ans quand sa mère se trouva à nouveau enceinte. Elle parvint à cacher sa grossesse et lorsque l’enfant naquit, elle fit une chose horrible, monstrueuse, inacceptable... Elle le noya dans une rivière et enfouit son corps sous les galets. Le petit corps sans vie fut découvert et on l’arrêta. Elle fut jugée, condamnée, emprisonnée et déchue de ses droits maternels. Adrienne fut élevée par ses grands-parents, dans un petit village de campagne où, quand on est la fille d’une telle femme, on est fille de rien. On n’est rien. Très jeune, Adrienne, quitta sa famille. Elle ne revit sa mère qu’une seule fois vingt ans plus tard, par hasard, accompagnée d’un homme au teint rubicond puant le vin. Elles avaient parlé à peine une heure, juste le temps pour Adrienne de connaître l’identité de son père. Quelques temps après, elle avait tenté de contacter ce fils de comte… En vain. Il n’avait pas répondu à ses deux courriers. Elle n’a plus jamais cherché à le voir. Elle avait enfin tourné la page. Hugues, déconcerté, avait pris la main d’Adrienne et l’avait délicatement embrassée. Elle avait rougi. Ils échangèrent leurs numéros de téléphone et de retour de leurs voyages respectifs, se revirent plusieurs fois. Et un soir, Adrienne l’invita chez elle à dîner. Elle avait élégamment mis la table. Une nappe blanche, une petite bougie bleue turquoise, une rose rouge dans un soliflore en verre bleu. Sous le charme, Hugues l’avait embrassée au moment où elle était passée près de lui, un plat à la main. A cet instant, le téléphone sonna. Adrienne s’excusa auprès de son hôte et décrocha le téléphone. Elle parut d’abord surprise puis son visage se rembrunit soudain. Elle ne répondit que par quelques « oui » et « non » brefs et insuffisants pour qu’Hugues puisse comprendre ce qui se passait. Puis elle reposa le combiné sur son socle et s’effondra en larmes sur le sol en se laissant glisser le long du mur. Il se précipita vers elle et l’entoura de ses bras. Fou d’inquiétude, il la questionna. 

Jean-Marie Verdure s’interrompit. Il avait parlé sans s’arrêter une seule seconde. Le commissaire et les deux policiers le fixaient, comme hypnotisés.


(à suivre)
 

Copyright © 2008 Martine Rousset