L’angle mort
L’homme avait chaud. Très chaud. Jamais de sa vie il n’avait eu aussi chaud… Cela faisait des heures qu’il déambulait dans cette ville fantôme, sous un soleil de plomb que jamais personne ne changerait en or. Son pas était lourd… Traînant… Sa sueur s’évaporait sitôt sortie de ses pores.
Au coin de la rue des Corbières, il aperçut, dans une brume de « chat leurre » et venant à sa rencontre, une silhouette vacillante. Tel un mirage dans le désert… La silhouette prit peu à peu forme humaine et un détail le frappa. L’allure de cet inconnu était étrange… Une démarche qui laissait à penser qu’un caillou dans sa chaussure droite ou qu’un clou traversant sa semelle l’obligeait à attaquer le sol du talon. Il boitait… L’inconnu pestait, crachait par terre, maugréait, invectivait un interlocuteur imaginaire, faisant mouliner ses bras au bout desquels des poings rageurs simulaient des crochets et des uppercuts. Prudemment, l’homme traversa l’asphalte brûlant afin de ne pas croiser cet énergumène. Il se retint de lui adresserla parole. Il en eut été bien incapable d’ailleurs, tant sa gorge était desséchée. L’inconnu ne prêtât aucune attention à notre homme et poursuivit son chemin, cahin-caha, continuant son combat pathétique. L’homme observa une dernière fois ce fantasque boxeur s’éloigner jusqu’à disparaître. Il reprit alors sa route sous la chaleur accablante.
Il avait soif. Très soif. Jamais de sa vie il n’avait eu aussi soif… Il aspirait à un peu de fraîcheur dans ce monde de braises.
Il arriva rue des Maures sans savoir comment. La seule ombre dans cette rue sans âme était celle d’une boutique à la devanture aux teintes mordorées. Elle seule avait baissé son store. Il s’approcha… enfin de l’ombre !… La tristesse de la vitrine troubla son regard du nord. Un minuscule papier était affiché. Le message disait : « recherche personnel pour service de bières à toute heure ».
Cela lui tomba dessus d’un coup !
L’homme avait chaud. Très chaud. Jamais de sa vie il n’avait eu aussi chaud… Cela faisait des heures qu’il déambulait dans cette ville fantôme, sous un soleil de plomb que jamais personne ne changerait en or. Son pas était lourd… Traînant… Sa sueur s’évaporait sitôt sortie de ses pores.
Au coin de la rue des Corbières, il aperçut, dans une brume de « chat leurre » et venant à sa rencontre, une silhouette vacillante. Tel un mirage dans le désert… La silhouette prit peu à peu forme humaine et un détail le frappa. L’allure de cet inconnu était étrange… Une démarche qui laissait à penser qu’un caillou dans sa chaussure droite ou qu’un clou traversant sa semelle l’obligeait à attaquer le sol du talon. Il boitait… L’inconnu pestait, crachait par terre, maugréait, invectivait un interlocuteur imaginaire, faisant mouliner ses bras au bout desquels des poings rageurs simulaient des crochets et des uppercuts. Prudemment, l’homme traversa l’asphalte brûlant afin de ne pas croiser cet énergumène. Il se retint de lui adresser
Il avait soif. Très soif. Jamais de sa vie il n’avait eu aussi soif… Il aspirait à un peu de fraîcheur dans ce monde de braises.
Il arriva rue des Maures sans savoir comment. La seule ombre dans cette rue sans âme était celle d’une boutique à la devanture aux teintes mordorées. Elle seule avait baissé son store. Il s’approcha… enfin de l’ombre !… La tristesse de la vitrine troubla son regard du nord. Un minuscule papier était affiché. Le message disait : « recherche personnel pour service de bières à toute heure ».
Cela lui tomba dessus d’un coup !
L’homme avait froid. Très froid. Jamais de sa vie il n’avait eu aussi froid… Il ne pouvait déjà plus esquisser le moindre geste. A la douleur soudaine, succéda une ourse torpeur. Son esprit s’embuait… Ses yeux s’imprimaient… personnel… bières… Il allait céder à l’engourdissement… A quoi bon lutter ?… La bulle se refermait sur lui… et soudain, semblant crever le ciel et venant de nulle part surgit un angle mort…
(à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset







