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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 06 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique

Les filles que nous sommes ne sont jamais contentes. Il faut bien le reconnaître…

 

Nous sommes brunes ? Nous nous teignons en blond. Nous sommes blondes ? Nous nous teignons en brun. Celles qui ne bronzent pas s’empiffrent de gélules au carotène quitte à être repérées par tous les lapins de Garenne.  Nous sommes frisées ? Nous nous tirons sur les cheveux jusqu’à asphyxier les neurones imprudents restés en surface. Nos cheveux sont raides ? Nous les frisons. Nous faisons du 42 ? Après dix minutes de contorsion, nous rentrons dans un 40. Bernadette fait du 38 ? Oui, mais elle a beaucoup –vraiment beaucoup- plus de rides que nous. Nicole fait du 38 et a moins de rides que nous ? Oui mais elle s’est sûrement fait faire un lifting en cachette. Justine fait du 38, a moins de rides que nous et n’a pas fait de lifting ? Oui mais elle, on l’aime pas.

 

Passée la quarantaine, nous nous documentons sur l’anti-ride, l’anti-âge, l’anti-vieillissement, le raffermissant, l’hydratant, le liftant, le lissant. Toute la panoplie de la vieille sirène qui est persuadée que tout ça va l’empêcher de s’écailler.

 

Et la balance… Satanée balance… Les sirènes que nous sommes encore mettent un pied dessus et patatras : 1 kilo de plus que la dernière fois. Disparues les sirènes. Les thons les ont remplacées.

  

Quant aux régimes, ceux que nous attaquons irrémédiablement chaque printemps en nous affamant de légumes bouillis insipides et de salades royalement assaisonnées de yaourt à 0 %, après trois jours, c’est l’obsession. Rentrer dans une boulangerie devient un enfer. On se met à la fenêtre pour sniffer l’odeur de cuisine des voisins, celle qui nous gênait tant auparavant. On se fait croire qu’on n’a jamais aimé le chocolat alors que la simple vue d’une marmotte (celle qui met le chocolat dans l’alu) nous fait disjoncter. Et pendant tout ce temps, on n’a perdu que 125 grammes. Courage, encore trois mois d’effort et on pourra se glisser dans le maillot de bain rose bonbon de l’an dernier. Rose aspartam plutôt.

 

Il faudrait peut-être se calmer les filles non ? Les moches ne seront jamais belles, les vieilles jamais jeunes et les grosses jamais maigres. Et si on faisait avec ? Evidemment, c’est pas donné pour les moches, vieilles et grosses… Mais bon, il vaut mieux peut-être être un thon repu qu’une sirène affamée. Quant aux sirènes qui mangent à leur faim, on s’en fiche. On les aime pas.

 
Copyright © 2008 Martine Rousset