Voilà donc qu’un certain Roger Roget se rebiffe ! Voyez un peu ce qu’il se permet de m’écrire ! Ça alors, j’y crois pas !
« Madame,
C’est avec une indignation sans nom, que je m’adresse à vous. Je ne vais pas y aller par quatre chemins, tourner autour du pot, employer la langue de bois, tergiverser, hésiter, tourner sept fois ma langue dans ma bouche, emprunter des chemins de traverse pour vous dire tout de go, illico, sans coup férir, que vous chargez la barque, attigez, exagérez au sujet de Roger !!!
C’est surtout toute la communauté des Rogers qui en prend un coup !!! Seriez-vous si bassement Rogerophobe ? Franchement quoi de plus beau que le doux prénom de Roger ? Avec le « Ro » plein de force, d’autorité, comme une éructation pétillante, vomitive et poétique après un pack de boisson moussante et le « ger » ? Le « ger », comme un bruissement, comme une caresse un soir de clair de lune, au gré des ressacs iodés de la plage de Cricqueboeuf ou Hennequeville.
Non ! Non ! Trois fois non (tiens ça ne fait que deux !) que serions-nous sans le Roger Lanzac et sa piste cathodique ? Sans le Roger Couderc et ses envolées rugbystiques ? Sans le Roger Pierre avec ou sans Jean-Marc Thibaut ? Et je vous fais grâce des Piantoni, Marche, Lemerre et autres footeux enshortisés !!
Mais surtout comment passer sous silence deux Rogers emblématiques, essentiels, fondateurs, timoniers de notre pensée, je veux parler du Hanin ( - Alors vermine ! où étais tu hier soir à 23h15 ?) et du Gicquel (- La France a peuuuuuuuuuuuuuuuur !).
Bien des mères auraient bien fait de réfléchir avant d’affubler leur progéniture de prénoms à la limite du ridicule et notre existence aurait sans l’ombre d’un doute été plus suave, plus joyeuse, plus festive !!!
Imaginez un instant, un seul : Roger Delon, Roger Halliday, Roger Berardini, Roger Sarkozy, Roger Hollande, voire Roger Noah, Roger Ardisson etc …. Ça sonne, ça swingue, ça balance !!!
A quand Martine un nouvel épisode de vos aventures : Martine fait son mea culpa ?
Je ne vous salute pas
Signé Roger Roget
76 Rogerville »
Monsieur Roget,
C’est avec un étonnement sans nom que je prends connaissance de votre diatribe. Faire un mea culpa ? Moi qui ait souffert pendant tant d’années de savoir à l’avance ce que contenaient les paquets cadeau de format 24 x 32 que l’on m’offrait à toute occasion ? Martine à la plage, Martine au cirque, Martine au zoo… En double exemplaire, voire en triple ou pire… D’ailleurs, cliquez uniquement le prénom « Martine » sur Google Images, vous verrez… Affligeant…
Et le pire, c’est qu’hormis la mièvre série des Martine, la Martine célèbre est rare… C’est à croire que les Martine n’ont pas fait date dans l’histoire…
Il y a bien eu Martine Carol et son odieux 110 bonnet Z (j’ai pas osé le « bonnet M » à cause de Raspoutine… Cherchez, cherchez…) ; Martine Aubry maire de Lille, mais c’est une ville du nord sans soleil ; et enfin l’âne Martin dont vous imaginez tout à fait de quelle façon on se complait à appeler son ânesse de femme…
Moi qui ai toujours aspiré à porter un prénom de référence… Raté mon pauvre Roger, raté… Les Martine Bardot, Martine Monroe, Martine Casta et autre Martine Bruni resteront dans mes rêves…
Comment ressortir intacte de tant d’injustice ? Ça laisse des traces, vous savez.
Donc voilà, c’est tombé sur Roger… Cela aurait pu être Gaston, Paul ou… Jacques… A chacun son calvaire.
Je ne vous salute pas non plus.
Signé : Martine
Mea culpa
Au moins, avec lui, on s'en paye une tranche !
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