Mesdames, la journée de la femme d’hier fut-elle à la hauteur de vos espérances ? Quel effet cela fait-il d’être célébrée ? Honorée ?
- Ah non ! Vous n’allez pas nous la faire MLF !!! la journée. Il n’y a pas de journée de la femme chez moi, il y a la vie de Nina. Je n’attends pas un jour de mars pour savoir qu’elle existe. Je ne fête pas la femme à la journée figurez-vous. Alors, arrêtez de dire des âneries. Nous le savons bien que vous existez ! Pas besoin de la journée de la gazelle pour cela ! Il y a cinquante ans, oui, mais plus aujourd’hui. Voilà, maintenant ça va mieux. Vous pouvez écrire votre article.
- Lazare ! Vous disparaissez pendant des semaines et tout à coup, comme ça, sans prévenir, vous faites irruption !
- J’étais occupé madame.- Et à quoi de suffisamment important pour nous oublier ainsi ?
- A aimer madame.- Euh… Nina ?
- Oui madame.- Que faites-vous ici alors ? Vous n’êtes plus occupé aujourd’hui ?
- Si madame, mais je subodore dans vos propos une touche de féminisme agaçant. J’anticipe donc et je viens vous remettre d’aplomb.- Arrêtez de m’appeler madame. Cela fait un peu trop mondain. Nous nous connaissons depuis longtemps déjà…
- D’accord chère gazelle. Quand était-ce déjà ?- Ne me dites pas que vous avez oublié !
- Moi non mais les nouveaux lecteurs n’en savent rien. Vous n’imaginez tout de même pas que ceux-là auront pris le temps de remonter toutes vos inepties depuis ma première apparition dans « Servi » !- Mes inepties… Comme vous y allez…
- Puis vous m’avez fait revenir avec la « Suite inopinée ».
- Vous ne vouliez pas revenir ?
- Si je n’avais pas voulu revenir, plus personne ne m’aurait jamais revu. Vous avez voulu faire mon éducation mais vous vous êtes vite rendu compte que c’était mission impossible. N’est-ce pas madame ? Pardon… N’est-ce pas chère gazelle ?- Je l’admets…
- Mais je ne vais pas rester longtemps. Nina m’attend. Vous alliez probablement parler de la journée de la femme comme une journée de reconnaissance de la femme habituellement malmenée par l’homme ? Les inégalités, la condition féminine, etc… Je vous vois venir ! Vous étiez à deux doigts de ressortir la vieille devinette réchauffée de savoir quel est le masculin de « debout dans la cuisine devant l’évier », lequel étant « assis dans le salon devant la télé » ? Je me trompe ?- …
- J’aime bien lorsque vous ne répondez pas… Je voulais simplement vous faire remarquer que je ne fête pas Nina à- Eh bien… Je n’ai plus d’inspiration…
- Alors gardez le peu qu’il vous reste pour aller voter.- Je ne vais quand même pas voter moi-même pour mon blog !
- Qui vous parle de votre blog ? Il n’y a pas d’élections municipales dans votre bled paumé ?- Si, bien sûr… Suis-je bête…
- Oui, sur ce coup-là vous le suis-je…- Alors, au revoir ?
- Ciao madame.Copyright © 2008 Martine Rousset
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