Il est parfois des situations terribles. Des instants d’angoisse où soudain, il nous semble que nous sommes seuls au monde, paralysés dans un grand moment de solitude. Des moments où la honte nous submerge jusqu’à la liquéfaction. Un mot qui échappe, un geste maladroit, un moment d’inattention et en une seconde, c’est l’enfer…
Les enfants ont un don certain pour nous mettre dans l’embarras. Ma mère m’a raconté qu’alors que je n’avais pas plus de quatre ans et que nous étions dans la salle d’attente du médecin, à peine rentrée, j’ai immédiatement focalisé sur un homme chauve comme un genou. Cela n’aurait pas été bien grave si l’homme en question n’avait pas semblé agacé par mon regard scotché à son crâne. Ma mère m’a doucement ordonné de venir la rejoindre près d’elle. Trois fois de suite, j’ai demandé à ma mère à haute voix : « Pourquoi il a pas de cheveux le monsieur ? ». L’homme fulminait dans son coin. Pardon Maman…
Quelques années plus tard, ma mère n’a pas eu besoin de moi pour se mettre dans l’embarras… J’étais avec elle mais cette fois, je n’y étais pour rien. Nous étions parties en ville en quête d’un pantalon. Une mère peintre comme la mienne est très précise quant à l’emploi des mots signifiant les nuances pour une couleur. Avec ma mère, rien n’est violet tout court… Mauve, lilas, parme ou violine, oui, mais pas violet tout court. Et là, elle voulait un pantalon marron. Nous voilà toutes les deux dans un magasin dont le vendeur, un superbe africain, était très souriant et fort aimable. Et vous savez ce qu’elle lui a demandé ma maman ? Un pantalon marron… tête de nègre… Le vendeur, devant l’air désemparé de ma mère, a éclaté de rire mais nous sommes néanmoins reparties avec un pantalon vert pomme…
Dans un autre registre, ma grand-mère avait vécu une situation très inconfortable pour son époque. Nous étions dans les années 1920 et elle était première modiste chez Coco Chanel à Paris. Sachant évidemment très bien coudre, elle se confectionnait elle-même ses vêtements y compris ses sous-vêtements. Elle traversait ce jour-là la place de l’Opéra vêtue d’un élégant tailleur sous lequel elle portait une de ces charmantes culottes à plis retenues sur le côté par un seul et unique petit bouton. Et le bouton a craqué. Pouit (c’est le bruit du bouton). Ma grand-mère, une dame très prude, terrorisée, tenta de retenir sa culotte mais en vain… Celle-ci glissait irrémédiablement. C’est alors qu’un homme passa près d’elle et comprit son désarroi. Il tenait un journal et en parfait gentleman, le déplia et la tête tournée pudiquement, la cacha le temps qu’elle reprenne… bonne figure…
Et l’un de mes amis parti travailler avec une basket blanche et une chaussure de sécurité marron ? Il travaillait dans un garage. Quand il s’en est rendu compte, il a passé la journée un pied sous une voiture en alternant de temps en temps pour éviter la crampe…
Je me souviens également d’une soirée de fête passée à Nice dans l’appartement que je partageais avec des étudiants. Nous avions tous une vingtaine d’années. Une copine est arrivée avec une fille que nous ne connaissions pas et qu’elle avait décidé de sortir un peu. Il est vrai qu’elle avait l’air un tantinet vieux jeu… Pas très jolie, très boutonneuse (un peu louche à 20 ans…), jupe plissée, petite chemisette blanche, chaussures plates (pas de socquettes cependant), lunettes à verres épais. Elle s’appelait Amédée. Nous étions nombreux et j’ai rapidement oublié Amédée que je ne trouvais pas drôle du tout. Le lendemain après-midi, on sonna à la porte : Amédée, le regard sur la pointe de ses chaussures, rouge comme une pivoine, venait me demander si elle pouvait récupérer son soutien-gorge qu’elle avait oublié… Sacrée Amédée. Ceci dit, elle a eu du cran car moi, je n’aurais jamais osé.
Mon Roudoudou a eu lui aussi son moment de solitude très récemment. L’adolescent qu’il est n’aime pas, bien évidemment, se faire remarquer. Et il faut reconnaître qu’il a quelque peu raté sa première sortie de l’internat le vendredi après la rentrée… Je l’attendais devant le lycée et je le voyais arriver en même temps qu’un bruit strident et intermittent parvenait à mes oreilles. Je l’ai vu lancer son sac à terre, se baisser précipitamment, l’ouvrir et fouiller fébrilement dans l’intimité de ses vêtements. Le tout sous le regard intrigué d’une dizaine de jeunes filles assises sur le mur tout près de lui et qui n'en perdaient pas une miette. Quand soudain, il extirpa son réveil pour l’éteindre avec soulagement… Les adolescentes éclatèrent toutes de rire et lui, ne reprit une couleur normale qu’une fois dans la voiture.
Et enfin, je terminerai par une mésaventure arrivée il y a bien longtemps à l’une de mes amies. Elle fréquentait à l’époque celui qui devint plus tard son mari et avait été invitée à déjeuner par sa belle-famille réunie au complet pour l’occasion. Belle-mère, belles-sœurs, beaux-frères, quelques cousins… Elle, plutôt timide, restait silencieuse. L’ambiance était un peu tendue et on parlait de tout et de rien. Au dessert, mon amie n’avait toujours pas osé desserrer les dents. Alors qu’ils discutaient de leurs enfants respectifs, une de ses futures belles-sœurs exprima alors ses regrets de ne pas encore avoir d’enfants malgré plusieurs années de mariage. C’est là que mon amie ouvrit la bouche pour la première fois et pleine de bonne volonté voulut lui suggérer l’insémination artificielle mais un terrible lapsus s’en mêla et la seule phrase qu’elle prononça alors ce jour-là glaça la tablée :
« Pourquoi n’essayez-vous pas la sodomisation artificielle ? ».
Mauvais départ…
Publié le 09 octobre 2007
Je sortais d’un bureau de Tabac ( Hélas !) , lorsqu’une dame traversa. Des hommes se retournaient sur son passage et j’ai vu le spectacle qui s’offrait à eux. Sur son arrière, sa robe était coincée au dessus de la partie la plus charnue de sa personne.
J’ai hésité un moment et puis, au risque de me damner, je l’ai rattrapée car personne ( d’autres dames comprises) ne l’avertissait. Arrivé à sa hauteur, je lui ai dit : « Vous devriez baisser le rideau derrière vous, bien que le spectacle soit réussi… » L’allusion n’a pas été saisie immédiatement par la beauté callipyge et j’ai donc ajouté : « Votre robe est restée relevée derrière » La dame a rapidement corrigé l’accident vestimentaire en me gratifiant d’un beau sourire entre ses joues rosies…
O femme ! Etrange objet de joie et de supplice !… s’exclamait Alfred de Musset.
Raconter une blague en société offre de merveilleux moments de solitude.J'en prends le risque car je ne vous verrai pas grimacer au lieu de rire... J'ai une blague à vous raconter:
C'est un solitaire qui rentre dans une quincaillerie et qui dit :
- J'voudrais la trompette rouge et puis l'accordéon.
Le vendeur lui répond :
- Oui, l'extincteur, vous pouvez l'emporter tout de suite mais pour le radiateur, faudra attendre qu'on le démonte.
Est-ce qu'un solitaire connaît de grands moments de solitude?
Ah! Ce n'est pas la même chose lorsqu'il n'y a qu'un grand moment qui dure et cela n'empêche pas d'avoir de grands moments de solitude dont Martine nous a raconté quelques exemples. Je veux bien vous croire.
Et si la solitude, ça n'existait pas? Je vous écoute...
Il fallait être Gilbert B. pour chanter cela. Bien sûr que la solitude existe avec petits et grands moments... Les chanteurs ont forcément connu des grands moments de solitude en faisant un couac suivi de l'oubli du texte ou ne serait-ce que par une panne du playback devant une salle à moitié vide... Et puis, l'oubli qui suit une période de succès est un grand moment de solitude qui dure.
Après tout, vous aimeriez être seuls parfois?
Certain aiment la solitude. Je prends pour exemple Jules Renard qui a dit : " J'aime la solitude, même quand je suis seul". J'ajouterai pour ma part: Pourvu que cela ne dure pas trop longtemps...
Mon truc est d'assumer mes moments de grande solitude. Vous pouvez faire comme moi. On en meurt pas. Bien au contraire...
Pour finir, je vais m'offrir un grand moment de solitude en relisant mon commentaire... je clique sur "valider" pour le savourer pleinement. Vite les fautes d'orthographe...
Ciao! Ciao!
Publié le 09 octobre 2007
Quant à aimer être seule... Oh que oui ! Moi et moi. Nous nous entendons très bien d'ailleurs, depuis que nous nous sommes réconciliées...
Serais-je un peu anachorète ? C'est grave docteur ?
"On est plus heureux dans la solitude que dans le monde. Cela ne viendrait-il pas de ce que dans la solitude on pense aux choses, et que dans le monde on est forcé de penser aux hommes ? (Chamfort. Pas Alain, Sébastien...)








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