Ce questionnaire a été publié par L’Express et je me suis amusée à retenir quelques personnalités de mondes différents parmi les dizaines de questionnaires mis en ligne sur leur site…
A titre indicatif, il semble que certains n’aient pas répondu à toutes les questions.
Nous avons donc un littéraire, un sportif, une comédienne, une brune, une blonde, un comique et un prêtre.
Et que préfère Monica Bellucci chez un homme ? Qu’il la surprenne. Classique. Et Arielle Dombasle ?... Hé hé…
Vous noterez également que l’Abbé Pierre et Bernard Laporte ont une notion du bleu bien différente…
Le bonheur parfait, selon vous ?
Jean d’Ormesson : Le quoi ?
Anémone : N'avoir aucune obligation. Faire ce que je veux. Et si possible, rien...
Monica Bellucci : Avoir le temps pour les gens que j'aime.
Raymond Devos : C'est un grand nombre constant de petits bonheurs.
Bernard Laporte : Se lever le matin avec l'envie de vivre et de relever des défis.
Où et à quel moment de votre vie avez-vous été le plus heureux ?
Jean d’Ormesson : En Italie, un certain printemps.
Monica Bellucci : Le moment le plus heureux de ma vie a été aussi, pour moi, le plus triste : c'est le jour où je suis partie, à 19 ans, de chez mes parents, en Ombrie, pour aller vivre à Milan. C'était une rupture avec ma famille tout en étant la conquête de mon indépendance.
Raymond Devos : Le jour où, sur scène, j'ai compris que j'étais accepté et aimé du public.
Arielle Dombasle : Maintenant, tout de suite.
L’Abbé Pierre : Au début de ma vie de novice dans l'ordre de saint François.
Bernard Laporte : En 1990, à la naissance de mes enfants, Baptiste et Marine, des jumeaux.
Votre dernier fou rire ?
Jean d’Ormesson : Hier soir.
Anémone : Pendant le Festival de Cannes de 2003, lors d'une interview. J'étais secouée comme une baleine.
Monica Bellucci : Hier soir, chez des amis.
Michel Galabru : J'en ai tellement que je ne m'en souviens plus.
Raymond Devos : Quand j'ai constaté que mon petit lapin avait un bec-de-lièvre !
Arielle Dombasle : Sur la scène, à l'Opéra-Comique, hier soir.
L’Abbé Pierre : Ça peut paraître impossible, mais je n'ai pas le souvenir d'avoir jamais eu un fou rire. Même pas dans mon enfance.
Bernard Laporte : Il n'y a pas longtemps, au cap d'Agde, avec Jo Maso, le manager de l'équipe de France, qui, avant d'être l'un des patrons du rugby français, était un très grand joueur. Très beau à regarder, plein de classe. On l'appelait « gueule d'amour ».
Et la dernière fois que vous avez pleuré ?
Jean d’Ormesson : Est-ce que je pleure ?
Anémone : En regardant l'état du monde...
Monica Bellucci : Il me suffit de regarder la télé en ce moment...
Michel Galabru : Quand mon chien Cookie est mort.
Raymond Devos : Devant la télé, qui montrait les images de la détresse des enfants du tiers-monde.
Arielle Dombasle : Hier aussi.
L’Abbé Pierre : Je pleure très peu.
Bernard Laporte : Le 21 septembre dernier, à l'inauguration du stade de Gaillac, qui porte désormais mon nom. C'est là, en effet, que j'ai fait mes premières armes dans le rugby.
Le principal trait de votre caractère ?
Jean d’Ormesson : Le plus souvent, je fais ce que je veux...
Anémone : La ténacité.
Monica Bellucci : Ma manière d’aller vers les autres.
Michel Galabru : Je suis un velléitaire.
Raymond Devos : Hyperactif.
Arielle Dombasle : La gaieté.
L’Abbé Pierre : L'indiscipline.
Bernard Laporte : Je suis un passionné.
Et le trait de votre caractère dont vous êtes le moins fier ?
Jean d’Ormesson : ... Mais parfois la politesse m'en empêche.
Anémone : Le papillonnage.
Michel Galabru : Une espèce de lâcheté. Entendons-nous bien: je n'ai pas été lâche pendant la guerre ; je me suis porté volontaire, je n'ai pas eu peur de prendre des risques. Mais ma lâcheté morale, ça, oui !
Raymond Devos : Une certaine lâcheté.
Arielle Dombasle : La démesure.
Bernard Laporte : Mais je suis aussi trop excessif... On me présente d'ailleurs comme un coléreux. Mais, si je pousse des gueulantes, je ne me fâche jamais vraiment.
La qualité que vous préférez chez une femme ?
Jean d’Ormesson : La tendresse.
Anémone : La fiabilité.
Monica Bellucci : La complicité avec les autres femmes.
Michel Galabru : La gentillesse. La vraie gentillesse, c'est agréable. C'est comme la politesse : une marque de considération pour l'autre.
Raymond Devos : D'être féminine.
Arielle Dombasle : La grâce.
L’Abbé Pierre : L'énergie jointe à la bonté.
Bernard Laporte : Qu'elle ait de la prestance, mais aussi du caractère. Du charme, mais aussi du charisme.
Et chez un homme ?
Jean d’Ormesson : Le courage.
Anémone : La séduction.
Monica Bellucci : Qu'il me surprenne.
Michel Galabru : J'aime les vrais gentils.
Raymond Devos : Le courage.
Arielle Dombasle : La pénétration.
L’Abbé Pierre : La bonté jointe à l'énergie.
Bernard Laporte : Sa sincérité.
Que possédez-vous de plus cher ?
Jean d’Ormesson : L'indulgence de ceux que j'aime.
Monica Bellucci : Ma famille et mes amis.
Michel Galabru : Mes enfants : Jean, mon fils aîné, qui est auteur dramatique ; Philippe, mon second, un garçon très gentil qui passe son temps à pêcher à la ligne. Et Emmanuelle, ma dernière, très aimable elle aussi, très charmante.
Raymond Devos : La vie.
Arielle Dombasle : Le souvenir de ma divine grand-mère.
L’Abbé Pierre : Rien ! Sinon cette image que j'ai peinte en 1936 au couvent, rajoutant l'arc-en-ciel aux paroles de saint François dans sa gloire à Dieu.
Bernard Laporte : Mes proches, qui sont mon bol d'oxygène.
La figure historique que vous admirez le plus ?
Jean d’Ormesson : Alexandre le Grand.
Anémone : Ninon de Lenclos.
Michel Galabru : Talleyrand.
Raymond Devos : Molière.
Arielle Dombasle : Célimène, le personnage de Molière.
L’Abbé Pierre : Saint François d'Assise.
Bernard Laporte : Guillaume le Conquérant.
Votre héros aujourd'hui ?
Jean d’Ormesson : Le pape.
Anémone : Les écolos.
Monica Bellucci : Le réalisateur Michael Moore.
Michel Galabru : Il n'y en a pas tellement, hein ? J'ai eu de Gaulle, mais c'est fini.
Raymond Devos : Nicolas Hulot.
Arielle Dombasle : Mon mari.
L’Abbé Pierre : Guy Gilbert, le prêtre des loubards, et le père Pedro, avec les Compagnons de la nuit.
Bernard Laporte : Ceux qui sauvent des vies. Les chirurgiens ou les pompiers.
Vos auteurs favoris ?
Jean d’Ormesson : Saint-Simon, Chateaubriand, Proust.
Anémone : Balzac. Je viens de relire le Lys dans la vallée, j'en suis encore sur le cul.
Monica Bellucci : Alberto Moravia, Italo Calvino, Luigi Pirandello. Et Céline.
Michel Galabru : Sacha Guitry.
Raymond Devos : Marcel Aymé, Gaston Bachelard, Michel Serres.
Arielle Dombasle : Chateaubriand, Joseph de Maistre, Saint-Simon, Fitzgerald. Et ma grand-mère, Man'ha Garreau-Dombasle.
L’Abbé Pierre : Je ne lis jamais un livre du début à la fin. Je picore, c'est un défaut.
Bernard Laporte : Je ne lis jamais.
Votre compositeur préféré ?
Jean d’Ormesson : Mozart.
Anémone : Mozart.
Monica Bellucci : Verdi, Beethoven, Mozart et Lauryn Hill.
Michel Galabru : Mozart.
Raymond Devos : Tchaïkovski, Bach, Mozart.Arielle Dombasle : Couperin, Bach, Händel, Fauré, Sting, Goldman.
L’Abbé Pierre : Chagrin de ma vie, je suis complètement nul en musique.
Votre plus grande peur ?
Jean d’Ormesson : Je n'ai pas peur. Sauf parfois sur la route.
Anémone : L'été 2003, pendant la canicule. J'ai cru que tout se déglinguait, que la planète allait disparaître. J'ai eu physiquement peur. A en chier dans mes baskets !
Monica Bellucci : D’avoir peur.
Raymond Devos : Celle du vide.
Arielle Dombasle : L'oubli.
L’Abbé Pierre : Me revient une parole de scout : « Nous n'avons qu'une peur au monde, c'est offenser Dieu. »
Votre boisson préférée ?
Jean d’Ormesson : L'eau.
Anémone : L'eau de la montagne. Et ensuite, tout de suite après, le vin.
Monica Bellucci : Le vin blanc frais.
Michel Galabru : Ça, c'est une question délicate. Peut-être le cidre...
Raymond Devos : Le sancerre rouge.
Arielle Dombasle : Le thé lapsang souchong.
L’Abbé Pierre : Le Schweppes.
Bernard Laporte : Le vin. Je ne suis pas très connaisseur, mais, vraiment, je suis amateur.
La chanson que vous sifflez sous votre douche ?
Jean d’Ormesson : Je ne siffle pas.
Anémone : Je ne prends pas de douche. Et je ne siffle pas. Mais j'aime beaucoup la bande-son du Guépard.
Michel Galabru : Je siffle beaucoup de conneries !
Raymond Devos : Chantons sous la pluie.
Arielle Dombasle : Auprès de ma blonde.
Bernard Laporte : Un vieux truc de Mike Brant : Rien qu'une larme.
Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique ?
Jean d’Ormesson : J'ai un petit bouton sous la fesse droite...
Anémone : Je ne me regarde jamais dans la glace. Et, grâce au ciel, je suis très myope. Cela dit, un petit morceau de menton en plus, ça ne me ferait pas de mal...
Monica Bellucci : Rien, parce que j'ai une vraie affection pour mes défauts.
Michel Galabru : Je diminuerais mon nez. Puis je tirerais sur mon cou et sur les fanons. Là, et seulement là, ça commencerait à aller !
Raymond Devos : Tout sauf ma tête, pour que l'on puisse me reconnaître.
Arielle Dombasle : Le deuxième souffle.
L’Abbé Pierre : N'avoir plus cette légère scoliose qui, toute ma vie, a sûrement limité ma force physique.
Bernard Laporte : J'aurais aimé être plus costaud et plus puissant. J'envie les troisièmes lignes. Mais on ne se refait pas, hein ?...
Vos peintres préférés ?
Anémone : La Tour et Chardin. Uccello et Giotto. Manet et Degas.
Monica Bellucci : Schiele, Tamara de Lempicka, Van Gogh, Matisse, Picasso, Modigliani.
Raymond Devos : Renoir, Monet, Rembrandt.
Arielle Dombasle : Memling, Cranach, Waterhouse, Freud.L’Abbé Pierre : Giotto.
Votre film culte ?
Anémone : Le Guépard, de Visconti.
Michel Galabru : Un carnet de bal, de Julien Duvivier.
Raymond Devos : Les Enfants du paradis, de Marcel Carné, Jour de fête, de Jacques Tati. Ainsi que tous les Chaplin et les Buster Keaton.
Arielle Dombasle : Péché mortel, Ben Hur, Autant en emporte le vent, Gladiator, La Jetée.
Bernard Laporte : Je suis très en colère contre le cinéma d'aujourd'hui. Où sont les nouveaux Fernandel, les Pagnol, les de Funès ? Eux savaient parler de la vraie vie, des gens simples. Pourquoi est-ce que j'irais au cinéma actuellement ? Pour me prendre la tête ?
Que détestez-vous par-dessus tout ?
Anémone : Le mensonge.
Monica Bellucci : La violence.
Michel Galabru : La haine.
Raymond Devos : Etre dérangé…
Arielle Dombasle : La grossièreté et le fait d'humilier les faibles.
L’Abbé Pierre : La suffisance.
Bernard Laporte : Les jaloux et les aigris.
Votre livre de chevet, si vous en avez un ?
Monica Bellucci : La Vie de Tina Modotti, de Patricia Albers.
Michel Galabru : Une biographie de Diderot. Je m'intéresse beaucoup à Diderot.
Raymond Devos : Toutes les « rêveries » de Gaston Bachelard.
Arielle Dombasle : Les Derniers Jours de Charles Baudelaire, par BHL.
L’Abbé Pierre : Jésus, le maître de Nazareth, d'Alexandre Men : un livre très important qui a été écrit par un pope orthodoxe persécuté et tué à la hache sous le KGB. Ce livre a été tiré à 4 millions d'exemplaires et fait des commentaires sur les Evangiles.
La couleur que vous aimez ?
Monica Bellucci : Le noir.
Raymond Devos : Le rouge.
Arielle Dombasle : La transparence.
L’Abbé Pierre : Le bleu. Mais pas le bleu du drapeau français, qui, lui, est presque noir. C'est laid. Il faudrait choisir un vrai bleu.
Bernard Laporte : Le bleu. Le bleu de France, qui est aussi celui de la mer. J'aimerais que la vie soit comme la mer, qu'on n'en voie jamais la fin.
Votre fleur préférée ?
Monica Bellucci : La rose.
Raymond Devos : Celle dont le parfum me trouble.
Arielle Dombasle : Le dahlia, la pivoine, la rose de jardin.
L’Abbé Pierre : Le myosotis, qui était la fleur préférée de ma mère. Nous aimions lui en offrir.
Bernard Laporte : En tout cas, pas la rose ! C'est l'emblème de l'équipe d'Angleterre...
Quel talent auriez-vous voulu avoir ?
Monica Bellucci : Savoir peindre et sculpter.
Raymond Devos : Celui de ceux qui en ont !
Arielle Dombasle : Le don d'ubiquité.
L’Abbé Pierre : Aimer inlassablement.
Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie ?
Anémone : A rigoler et à ne rien foutre. Dans cette société qui valorise le travail, ça a d'ailleurs été un dur combat.
Monica Bellucci : Avoir la vie que j'ai choisie.
Raymond Devos : Ce pour quoi j'étais fait…
Arielle Dombasle : Les promenades.
L’Abbé Pierre : Ce n'est pas à moi d'en juger.
Votre occupation préférée ?
Jean d’Ormesson : Ne rien faire.
Anémone : Ne rien foutre. Je ne m'en lasse pas.
Monica Bellucci : Téléphoner avec mon portable, quand je suis en voyage.
Michel Galabru : Zapper devant la télévision !
Raymond Devos : Découvrir et apprendre.
Arielle Dombasle : L'amour.
L’Abbé Pierre : Je ne peux pas en avoir d'autre que le travail qui m'appelle chaque jour.
Les fautes pour lesquelles vous avez le plus d'indulgence ?
Jean d’Ormesson : Toutes.
Monica Bellucci : Le total manque de confiance en soi, car je sais que ça vient de loin.
Michel Galabru : Le sexe. Si c'est une faute.
Raymond Devos : Les pieux mensonges.
Arielle Dombasle : La gourmandise.
L’Abbé Pierre : Toutes celles qui sont à peine conscientes.
Votre plus grand regret ?
Jean d’Ormesson : N'avoir pas écrit les Mémoires d'outre-tombe.
Anémone : Avoir dû subir l'école toute ma jeunesse au lieu de faire de la danse et de la musique. Je hais l'Education Nationale !
Michel Galabru : Ne pas être devenu auteur dramatique. Mais je n'ai pas essayé non plus, hein ? Je vous disais bien que j'étais velléitaire.
Raymond Devos : Ne pas avoir poursuivi mes études.
Arielle Dombasle : Le silence des morts.
L’Abbé Pierre : Avoir vécu jusqu'à 90 ans.
Bernard Laporte : Savoir qu'un jour tout s'arrête.
Votre devise ?
Jean d’Ormesson : « Ce qui les faisait vivre, c'était l'amour de la vie. » (Flaubert)
Anémone : Je n'en ai qu'une : « Je m'en fous ! »
Monica Bellucci : Demain est un autre jour.
Michel Galabru : Tenir le coup. A mon âge, vous savez, on est un peu comme une vieille voiture d'occasion : on s'en va de tous les côtés. Je suis en première ligne, maintenant. Alors oui : « Tenir le coup ».
Raymond Devos : Qui prête à rire n'est pas sûr d'être remboursé.
Arielle Dombasle : Ne te connais pas toi-même !
L’Abbé Pierre : Celle de mon père: « Fais ce que tu dois, advienne que pourra. »
Bernard Laporte : La vie est trop courte pour se la compliquer.
Etat présent de votre esprit ?
Jean d’Ormesson : Un peu de lassitude.
Anémone : Je suis mieux qu'avant.
Monica Bellucci : Bon.
Raymond Devos : Ça va, merci.
Arielle Dombasle : Enchantée.
Bernard Laporte : Il faut gagner !
Comment aimeriez-vous mourir ?
Jean d’Ormesson : Jeune. Mais c'est raté !
Anémone : Sans avoir peur.
Monica Bellucci : Dans mon sommeil.
Michel Galabru : Dans la nuit...
Raymond Devos : Par distraction.
Arielle Dombasle : Dans un soupir.
L’Abbé Pierre : Ce qui me fera mourir m'indiffère complètement. Mais je souhaite me voir mourir.
Bernard Laporte : Sans souffrir.








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