Mais pourquoi donc tant de gens s’escriment-ils à s’intéresser à ce qui se passe chez les autres ? Si encore il s’agissait d’un intérêt bienveillant pour ses congénères… Mais que nenni.
L’ennui pourrait en être la cause si la curiosité ne s’en mêlait pas elle aussi. Mais pourquoi donc ?
Plus on cherche la discrétion plus on génère les questions. Il est suspect d’être discret… Celui qui tend à l’être a forcément quelque chose à cacher. Oui mais quoi ? Alors les gens cherchent et sans indice, ils extrapolent. L’absence d’indice en devient un. Il est impossible que rien ne se passe dans la vie d’un individu. Im-pos-si-ble. Donc on cherche et on suppose.
Serait-il nécessaire de savoir ce qui se passe chez les autres pour savoir si l’on est heureux soi-même ? Besoin de comparaison des autres par rapport à soi ? Terrible angoisse d’imaginer que l’autre puisse être heureux sans savoir comment. Ah ? Il n’est pas heureux ? Ouf, j’ai mieux réussi que lui. Il est heureux ? Il ne lui faut pas grand-chose. Il a davantage que moi ? Oui mais comment l’a-t-il obtenu. Il a plus grand que moi ? Oui mais c’est laid. Il est beau garçon ? Ce doit être un homme léger. Il ne converse pas avec ses voisins ? C’est un asocial.
Les autres seraient un miroir dans lequel chacun se regarde avec la crainte d’y voir une réussite que l’on n’a pas été capable d’obtenir soi-même. Nos questions ont parfois des réponses à chercher ailleurs que dans nos propres vies. Elles se nichent aussi dans la vie des autres. Il me semble que personne n’échappe à ce besoin d’observer le quidam mais quand il s’agit d’une observation qui détourne la vérité au désavantage de « l’observé », cela devient sournois.
Il est étrange de s’apercevoir que plus on cherche à être discret, plus on se fait remarquer… Ceci dit, pendant que les uns perdent leur temps à s’interroger sur la vie des autres, ces derniers autres font peut-être quelque chose de leur vie…
Copyright © 2008 Martine Rousset








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