Une porte doit être ouverte ou fermée. Et s’il n’y en a pas, c’est encore mieux.
Je garde à ma porte d'entrée son rôle de Cerbère de surprises et à une ou deux autres portes de la maison, le respect de l'intimité. Ailleurs, il n'y a pas de porte. Aucune. Ah si. La tanière de mon Roudoudou en possède une. Elle nous permet de faire paravent le temps d’un orage…
Les portes sont des réductrices d'espace et provoquent une gêne lorsqu'elles sont fermées. L'absence de porte libère. Les sons volent, se mélangent, s'interpellent. Les regards se croisent sans encombre (enfin, si il y a quelqu’un… Forcément…). Sans frein, sans écran, sans entrave. L'absence de porte, c'est offrir à la pièce voisine d'être finalement une continuité, d'être un tout plutôt qu'un chacun. C'est ne pas être égoïste dans un espace. Rien de pratique à cela (surtout en hiver quand l'air glacial circule sans encombre dans toute la maison…), juste une façon de voir les choses sans que les yeux ne s'arrêtent sur la frustration d'une fermeture.
Une maison sans portes est une galerie à parcourir. Les portes dessinent un isoloir autour de nous. Isolés deux fois, voire davantage. Une première fois par une porte d'entrée et les suivantes par les autres portes. Pourquoi tous ces autres isolements inutiles ? Les fenêtres s'ouvrent sur l'extérieur. Les portes s'ouvrent et se ferment à l'intérieur. Celui qui a franchi la porte d'entrée l'a fait parce qu'il a été le bienvenu, pourquoi ne serait-il accueilli que jusqu'à la première porte fermée ?
Comptez vos portes. Combien d’entre elles ont réellement une utilisation ? Et pour celles que vous fermez résolument, avez-vous songé que plutôt d’actionner la poignée avec le coude (ou avec les dents pour les plus intrépides) lorsque vous avez les mains occupées (au moment de l’apéro par exemple, avec votre plateau chargé de coupelles d’olives noires, de cacahuètes et de chips au bacon), il serait plus judicieux de les faire disparaître ?
Cela relève de la psychanalyse, d’accord… Je dois être un peu « toc toc ». Tant pis. En tout cas, chez moi, je n’ai pas de portes et… ça caille !
Copyright © 2008 Martine Rousset








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