iBLOG précédent iBLOG suivant



Ma photo
Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2 connectés
41293 visiteurs
Tribune libre
Rencard : : Place Foch à Ajaccio les 4, 5 et 6 juillet. Salon du polar et sortie de "Noirs de Corse - Piccule Fictions"...
Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
Owlette : Zab c'est une ode a ton ode qu'il faut faire. L'amour est a chaque ligne. Merci!
Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
503 : Plus que quelques jours pour la souscription...
Roger : ou je tringle ou je me flingue...
483 : Allez faites un effort
1 policier : Je suis pas commissaire comme Flippi mais si Hugues se nomme Capet, il pourrait être le père d'Adrienne... mais on me demmandera pas mon avis...
Juge Epart : Voilà un procés exemplaire qui se profile à l'horizon. Tous suscpects. Sauf bien sur Filippi.
Tripoli : Trois monopolis
PolieTique : Insecte parasite du veau et du mouton de Panurge
Polisson : pratique l'érotisme
Erotisme : Luxure polie
Crocodile : Si Ben a raison, c'est Dali qu'a tort...
Mulot : rat Duchamp
463 : N'attendez plus. Souscrivez maintenant
451 : La souscription pour Noirs de Corse Piccule fictions a besoin de vous
Babar : Je ne suis pas Tarzan pour sauter d'un arbre dans un trou de souris... j'attends un parachute ou l'automne.
Souricette : Babar c pas confortable une feuille viens me rejoindre avant l'automne!
Cancan : Candide? Qu'en dis-tu? Et qu'en dira le qu'en dira-t-on? Qu'en dit le candidat? Qu'en dis-je, moi-même? Il faudrait être candide pour y croire.
Mon calendrier
Contactez-moi
Mail :
MSN :
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Publié le 11 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Cerise en fut si troublée qu’elle en oublia instantanément le numéro de la table à laquelle elle devait s’installer. Elle retourna s’en enquérir sur la liste des joueurs affichée dans la salle et en profita pour repérer le nom du jeune homme.
Stupéfaite, elle marmonna pour elle seule :
- Helmut Schön ! Non seulement il est champion d’Europe mais en plus il est beau ! 
Puis les parties débutèrent, déclenchant une concentration extrême chez les participants. Hormis quelques toussotements discrets, on n’entendit plus que le cliquetis des pendules sur lesquelles chacun appuyait après avoir joué son coup. Helmut, la tête dans les mains et les doigts rassemblés en œillères afin d’éviter toute évasion intempestive de son esprit, parcourait l’échiquier des yeux à une allure vertigineuse, anticipant à la fois sur son jeu et sur celui de son adversaire.

Quant à Cerise, une dizaine de tables plus loin, elle s’était elle aussi isolée mentalement afin de disputer au mieux une partie qui s’avérait difficile contre un jeune chinois d’envergure.
Elle perdit sa partie après deux heures trente d’un combat acharné. Elle serra la main de l’asiatique, le gratifia d’un sourire poli puis se leva en silence. Elle s’arrêta discrètement près d’Helmut qui jouait toujours afin d’évaluer sa partie. Il était sur le point de gagner. Le roi blanc serait fichu dans quelques coups. Son adversaire préféra abandonner. Helmut poussa un soupir de soulagement et les yeux rougis de fatigue, il s’adossa à sa chaise. Il s’accorda alors un instant de décontraction, les mains croisées derrière son cou, avant d’aller livrer le résultat du match.

Cerise stagna près de lui à chercher son regard mais ne le trouva pas. Ses yeux restèrent suspendus à ce vide reposant dont il avait à présent besoin.
- Je suis transparente pour ce garçon, soupira-t-elle tristement. Pourtant je ne passe pas inaperçue… Plutôt imposante la fille ! Une autre fois peut-être… Ou peut-être pas…

Dès cet instant elle espéra qu’elle jouerait un jour contre lui. A peine rentrée chez elle, elle se mit à étudier assidûment la tactique du jeune homme et s’imprégna de toutes les parties importantes qu’il avait jouées. Une main poussant les pièces du jeu et l’autre plongée dans un immense paquet de chips, elle reconstituait sur son grand échiquier de bois, des heures entières, les positions parfois rocambolesques du jeune champion. Rocambolesques mais souvent gagnantes. Cerise était admirative.
 


(à suivre)

 

Copyright © 2008 Martine Rousset