Et soudain, semblant crever la ruelle, surgit un laid gueux noir… Le type boitait. Il n’avait jamais autant boité de sa vie. La douleur était intense et depuis quelques heures était devenue insoutenable. La morsure d’écureuil est cruelle, il l’avait appris à ses dépends…
Quelques jours plus tôt, il s’était enfui de la Confrérie des Adorateurs d’Ecureuils… Par milliers, les empanachés l’avaient poursuivi, mordu, pour finalement rebrousser chemin, pensant probablement que l’infection causée par leurs blessures ferait office… Quand il eut compris le sombre dessein de cette horde d’animaux adulés béatement par une foule de fidèles éthérés, il tenta d’en faire part à Maître J., Grand Ordonnateur de la Confrérie, un mauritanien né à St Maur par hasard. Le gueux lui avait pourtant dit qu’il supputait que les écureuils voulaient s’emparer du Monde en éliminant méthodiquement toute forme humaine, mais Maître J. n’avait rien voulu entendre, trop préoccupé par ses transcendantes méditations.
Le gueux l’avait alors secoué pour tenter de l’en faire sortir… C’est là que Maître J. était tombé, se heurtant violemment la tête pensante contre le coin de la table basse. Tout le monde avait cru à un malaise…
On l’avait enterré en grandes pompes, funèbres à (vos) souhait(s). Sur sa tombe, on avait gravé une plaque : Ici, Maître J. gît.
Mais l’un des écureuils de la Confrérie avait tout croqué de ses yeux malades… Tout entendu… Se sachant en danger, le gueux quitta les lieux…
Il avait erré, revivant douloureusement son combat, seconde par seconde, se méfiant de tout et de tous, bien conscient que parmi les âmes qu’il croisait, certaines, possédées, étaient en mission… Il se souvenait tout particulièrement de cette étrange ballerine en mystérieuse visite à la Confrérie…
Elle avait rencontré le porte-parole des écureuils, également éminent professeur d’éloquence-noisette, pratique verbale marivaudant entre le café noir et la demi-pointe de lait…
Garçon ! Un peu de sucre et l’addition s'il vous plait !
Pause !
Bon, d’accord, à cet instant précis, vous entrevoyez probablement une légère incohérence dans nos propos... Que nenni ! Que nenni du tout. Souffrez ce moment d’égarement comme une brève récréation.
Mais, reprenons.
Donc, nous disions que la danseuse avait rencontré le porte-écureuil, professeur d’élégante-nuisette… Non, ce n’est pas ça… Concentration… Respiration… Relaxation… etc…
Elle avait donc égaré sa nuisette par souci d’élégance… Euh… Non, ce n’est pas ça non plus… C’est la prochaine histoire, ça... (heureux de l’apprendre ou inquiets ?)…
Et puis zut. Relisez quelques lignes plus haut, nous n’allons pas répéter… répéter… répéter… répéter... répéter… répéter… répéter... Encore ? Bon allez, d’accord, encore une fois… Nooooon ! On rigoooooooooole !
Bref. Nous retiendrons simplement que la danseuse était missionnée par la Confrérie des Adorateurs d’Ecureuils afin d’alléger leur emploi du temps surchargé, leur dessein étant l’anéantissement de la gent humaine…
(à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset








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