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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
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Publié le 13 novembre 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Maussade
Ton cœur réchauffé par notre nous se serait-il arrêté parce que trop surpris ? Coup du sort ? Coût du sort ? Une fortune…

Tu étais mon inopiné et mon peut-être. Je conjuguais notre nous au présent et notre demain au peut-être futur. Tu seras au moins parti avec le désir de notre ailleurs et une petite étincelle que notre histoire avait rallumé en toi.

Notre histoire nous captivait l’un et l’autre parce qu’elle était profonde et sincère. Changer le plomb en or, toi l’alchimiste, tu en avais au moins la formule. Nous apercevions déjà quelques paillettes. Nous avons cru en la pépite mais peut-être était-elle trop grosse et trop belle ?

Je pense que tu voudrais que je sois heureuse et que je continue ma quête. Je vais le faire avec du « toi » dans mon âme. Comme un filtre, je garde des choses de toi qui sont des merveilles. Notre rencontre fut un luxe que jamais je n’aurais imaginé me permettre. Je te disais que j’avais des doutes sur le destin. Je n’en ai plus.
Quand je pense qu’il existait un être capable d'autant de richesse et qu’il m’a fallut une demi-vie pour le rencontrer, je me dis que cela n’arrivera plus. J’étais exigeante, je le serai bien davantage maintenant que je t’ai trouvé. Tu étais probablement mon double et je dois me faire une raison : il n’en existe qu’un pour t’avoir attendu si longtemps.

Nous avons été fous de nous. Ce fut un bonheur inouï. Je cherche à comprendre pourquoi ce fut si bref. Tu disais qu’il y avait une raison à chaque chose, alors je cherche la raison à celle-là.

En attendant, je souris à la pensée de ce que nous avons gagné. Je pleure à la pensée de ce qui nous a échappé.
J’ai voulu te voir après que ta vie s’en soit allée. Ce n’était pas toi. J’ai touché ton corps, j’ai embrassé ton visage, ce n’était pas toi. J’ai pris ta main, ce n’était plus celle qui tenait la mienne. J’ai arraché quelques-uns de mes cheveux et les ai cachés contre toi. Ne te moque pas… Quand on est vraiment malheureux, on fait n’importe quoi.

J’ai terminé mon livre avec notre histoire. En serais-tu fier ? Je l’espère. Probablement ému en tout cas.

Puisque c’est ainsi, dors en paix. Tu es au bout de ta seule certitude. Je ne crois pas que tu me voies ni que tu m’entendes. Si c’était le cas, je le saurais déjà.
 

Nous ne savions pas où nous allions et nous n’y sommes pas allés.