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- Roger !!!
- Mais que faites-vous là Ramsès ? Chez moi !
- Je vous dérange ?
- Je regardais un match de foot…
- Pardon ?
- Ah ben forcément, vous ne connaissez pas… Mais par où êtes-vous rentré ?
Ramsès regarda autour de lui, la mine plutôt embarrassée.
- Je n’en sais rien. Je dormais et je rêvais que je possédais une zappeuse comme
Roger baissa les yeux sur sa télécommande avec perplexité. Bizarre tout ça…
- Où sommes-nous ? Questionna Ramsès, inquiet.
- Chez moi.
- C’est votre palais ! Faites-le moi donc visiter !
- Euh… La porte, là, à gauche, c’est la chambre et… c’est à peu près tout…
Ramsès se dirigea vers la porte que lui indiquait Roger et entra prudemment dans la pièce.
- Votre chambre funéraire n’est pas terminée j’imagine ?
- Funéraire ! Mais c’est « ma » chambre ! C’est là que je dors !
- Vous êtes un homme étrange Roger… Et vos épouses, où sont-elles logées ? S’enquit-il en le rejoignant dans le salon.
Roger fut piqué au vif par la question du pharaon. Ses épouses ? Pas l’ombre d’une courbe féminine, pas même en projet… Rien en vue. Que du passé… Il en avait honte.
- Elles sont… malades. Voilà. Elles sont malades et comme elles sont contagieuses, elles sont isolées dans un autre palais. Toutes les douze.
« Je m’en sors bien », pensa-t-il avec satisfaction.
- Une petite bière ?
- De quoi s’agit-il ?
- D’un breuvage d’homme, affirma-t-il tout en lui décapsulant une canette avant de la lui tendre.
Le pharaon sentit la petite bouteille en fronçant les sourcils.
- Goûtez !
Ramsès la porta avec méfiance à ses lèvres. Son visage s’illumina aussitôt.
- Excellent !
- Je savais que vous aimeriez.
A cet instant, Ramsès aperçut la télévision qui lui avait échappé jusqu’à présent. Il eut un mouvement de recul.
- Comment avez-vous fait pour mettre ces gens là dedans ?
- Euh… La zappeuse… On appuie sur un bouton de la zappeuse et ils apparaissent.
- Mais pourquoi courent-ils ainsi ? C’est une bataille ?
- Un peu oui. Vous avez deux armées, chacune portant une couleur différente de l’autre.
- Quel est l’enjeu ?
- Le « truc » rond que vous voyez là, c’est un ballon. Et les « trucs » carrés que vous avez de chaque côté, ce sont les cages des buts. Chaque armée a pour objectif de mettre le ballon dans la cage de l’autre.
Ramsès était fasciné.
- Et lorsque l’une des armées a gagné, que se passe-t-il ?
- Euh… Rien… Elle a gagné, c’est tout.
- Mais que gagne-t-elle ? Le territoire de l’autre ? Les soldats de l’autre armée deviennent-ils ses esclaves ?
- Ben non…
- A quoi cela sert-il alors ?
- Ben… A rien…
- Et pourquoi y a-t-il tant de gens parmi le public ?
- Ben… Pour savoir qui va gagner…
Ramsès tourna les yeux vers Roger et lui lança un regard d’incompréhension.
Roger éteignit la télévision en soupirant et attrapa deux canettes de bière.
- On s’en jette une autre derrière la cravate ?
- ?
- On se boit une bière ?
- Volontiers.
Le lendemain matin, lorsque Ramsès se réveilla, sa tête était douloureuse. Il observa un instant sa coiffe ornée d’un serpent posée près de lui. « Je crois bien qu’elle est trop lourde…» Se persuada-t-il.
Dans la soirée, il allait beaucoup mieux. Il ordonna alors à l’un de ses domestiques :
- Pataquès ! Amène-moi de quoi m’en jeter une derrière la cravate !
Sacré Roger.
Copyright © 2008 Martine Rousset








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