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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 14 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset

-   !!!

Oh pardon… Cela m’a échappé… Je recommence : 

- Roger !!! 

 - Mais que faites-vous là Ramsès ? Chez moi !

- Je vous dérange ?

- Je regardais un match de foot…

- Pardon ?

- Ah ben forcément, vous ne connaissez pas… Mais par où êtes-vous rentré ?

Ramsès regarda autour de lui, la mine plutôt embarrassée.

- Je n’en sais rien. Je dormais et je rêvais que je possédais une zappeuse comme la vôtre. Et voilà, je suis là. C’est votre zappeuse qui a fait cela, je suppose ?

Roger baissa les yeux sur sa télécommande avec perplexité. Bizarre tout ça…

- Où sommes-nous ? Questionna Ramsès, inquiet.

- Chez moi.

- C’est votre palais ! Faites-le moi donc visiter !

- Euh… La porte, là, à gauche, c’est la chambre et… c’est à peu près tout…

Ramsès se dirigea vers la porte que lui indiquait Roger et entra prudemment dans la pièce.

- Votre chambre funéraire n’est pas terminée j’imagine ?

- Funéraire ! Mais c’est « ma » chambre ! C’est là que je dors !

- Vous êtes un homme étrange Roger… Et vos épouses, où sont-elles logées ? S’enquit-il en le rejoignant dans le salon.

Roger fut piqué au vif par la question du pharaon. Ses épouses ? Pas l’ombre d’une courbe féminine, pas même en projet… Rien en vue. Que du passé… Il en avait honte.

- Elles sont… malades. Voilà. Elles sont malades et comme elles sont contagieuses, elles sont isolées dans un autre palais. Toutes les douze.

« Je m’en sors bien », pensa-t-il avec satisfaction.

- Une petite bière ?

- De quoi s’agit-il ?

- D’un breuvage d’homme, affirma-t-il tout en lui décapsulant une canette avant de la lui tendre.

Le pharaon sentit la petite bouteille en fronçant les sourcils.

- Goûtez !

Ramsès la porta avec méfiance à ses lèvres. Son visage s’illumina aussitôt.

- Excellent !

- Je savais que vous aimeriez.

A cet instant, Ramsès aperçut la télévision qui lui avait échappé jusqu’à présent. Il eut un mouvement de recul.

- Comment avez-vous fait pour mettre ces gens là dedans ?

- Euh… La zappeuse… On appuie sur un bouton de la zappeuse et ils apparaissent.

- Mais pourquoi courent-ils ainsi ? C’est une bataille ?

- Un peu oui. Vous avez deux armées, chacune portant une couleur différente de l’autre.

- Quel est l’enjeu ?

- Le « truc » rond que vous voyez là, c’est un ballon. Et les « trucs » carrés que vous avez de chaque côté, ce sont les cages des buts. Chaque armée a pour objectif de mettre le ballon dans la cage de l’autre.

Ramsès était fasciné.

- Et lorsque l’une des armées a gagné, que se passe-t-il ?

- Euh… Rien… Elle a gagné, c’est tout.

- Mais que gagne-t-elle ? Le territoire de l’autre ? Les soldats de l’autre armée deviennent-ils ses esclaves ?

- Ben non…

- A quoi cela sert-il alors ?

- Ben… A rien…

- Et pourquoi y a-t-il tant de gens parmi le public ?

- Ben… Pour savoir qui va gagner…

 

Ramsès tourna les yeux vers Roger et lui lança un regard d’incompréhension.

Roger éteignit la télévision en soupirant et attrapa deux canettes de bière.

- On s’en jette une autre derrière la cravate ?

- ?

- On se boit une bière ?

- Volontiers.

 

Le lendemain matin, lorsque Ramsès se réveilla, sa tête était douloureuse. Il observa un instant sa coiffe ornée d’un serpent posée près de lui. « Je crois bien qu’elle est trop lourde…» Se persuada-t-il.

 

Dans la soirée, il allait beaucoup mieux. Il ordonna alors à l’un de ses domestiques :

- Pataquès ! Amène-moi de quoi m’en jeter une derrière la cravate !

 

Sacré Roger.

 

Copyright © 2008 Martine Rousset