J’ai deux mots à vous dire à propos du mot... « mot ».
Trois lettres seulement et pourtant à lui seul il porte la terre entière…
Omniprésence du mot même lorsqu’il n’est pas prononcé. Il est alors un geste. Le mot « geste ».
Tout au long de notre vie, nous cherchons nos mots. A moins que ce ne soit les mots qui nous cherchent ? Ne naissons-nous pas sans mots et sans même soupçonner leur existence ? Les mots viennent ensuite. Peu à peu, ils s’insinuent. Nous balbutions des mots étrangers pour les apprivoiser. Assaillis de mots, il nous faut les apprendre pour les dispenser et pour les penser. Les uns après les autres. Mot à mot et mot pour mot.
Les mots nous nourrissent et nous les mangeons même parfois en nous taisant. Ne rien dire. Manger ses mots. Mais dans ce cas, faut-il mâcher ses mots ?
Les mots sont quelquefois des musiques lorsqu’ils s’enchaînent. Certains mots retentissent avec légèreté. Ils tintinnabulent. D’autres résonnent pesamment. Lugubrement.
De deux mots, on en invente un troisième. Accroche-cœur. Porte-parole. Ces fameux mots si difficiles à mettre au pluriel et qui nous brandissent effrontément un ou deux « s » dont on ne sait que faire. Mot composé. Plume décomposée à l’idée de les multiplier.
Ces mots avec lesquels nous jouons en les déjouant. Mot d’elle. Mot cas. Mot leste. Mot laid. Mot luxe. Jeu de mots.
Le petit mot doux qui fait le joli cœur ; le gros mot rustre qui fait le gros dos.
Les mots bleus que l’on dit en chanson avec les yeux ; les mots que l’on a, les poings serrés.
Le mot de passe déguisé en mot-clef. Ou l’inverse.
Les mots que l’on croise et que l’on flèche parfois comme pour ne pas les perdre.
Le mot que l’on prend au pied de la lettre.
Le mot que l’on se donne d’un clin d’œil complice.
Le mot que l’on ne souffle pas et qui reste un secret.
Le mot plus haut que l’autre :
MOT
MOT
Et puis… le mot de la fin.
Publié le 14 septembre 2007
Au bas mot, entre deux mots faut-il choisir le moindre, celui qui n’en dit pas long et qui reste sur la réserve ? Vaut-il mieux ne pas en souffler mot même si ce mot est sur le bout de la langue.
Dans le polar, on a choisi les attaques à mots armés, refusant cependant de répondre à un mot d’ordre. Si l’on pratique le mot à mot, ce n’est pas pour que les mots défilent en rangs serrés dans des casernes. On ne se paie pas de mots. On ne se donne pas le mot, préférant les voler dans la rue ou dans quelque bouge. Il s’agit de mots courants, usuels ou populaires et, parmi eux, certains refusent d’entrer dans le dictionnaire. Ils n’ont pas tous été premiers de classe mais , finalement, le plus important est d’avoir le dernier mot. Et comme je n’ai pas dit mon dernier, sachez qu’il y a parfois des mots laissés que l’on répète, autant qu’ils soient des mots pour rire.
... Ces quelques lignes pour venir jouer avec les mots de Martine Rousset. C’est un jeu de mots croisés avec un seul mot : « Mot ». Il peut se jouer à plusieurs, sans limite du nombre… Marie Cardinal a écrit un roman « Les mots pour le dire » dans lequel viennent finalement s’exprimer les mots du silence.
mots de côté
sans qu'on le voie
pour retrouver
mes traces"
Henri Meschonnic, Voyageurs de la voix, Verdier, 1985, page 50.
"La poésie n’est pas plus dans les mots que dans le coucher de soleil ou l’épanouissement splendide de l’aurore – pas plus que dans la tristesse que dans la joie. Elle est dans ce que deviennent les mots atteignant l’âme humaine, quand ils ont transformé le coucher du soleil ou l’aurore, la tristesse ou la joie. Elle est dans cette transmutation opérée sur les choses par la vertu des mots et les réactions qu’ils ont les uns sur les autres dans leurs arrangements – se répercutant dans l’esprit et sur la sensibilité."
Pierre Reverdy, « Cette émotion appelée poésie », in Essais, Gallimard, Collection Poésie, 2003, page 108.
@ + luntanu
Anghjula
Publié le 19 septembre 2007
origine des mots à l'origine
origine de l'échange
mots des origines
la voix par-dessus les mots
quelle voix derrière les mots
mots privés d'échos
.../...
Indices de présence, poèùe d'Angèle Paoli
recueil Noir Ecrin, Poèsie cap-corsaire
Editions A fior di carta (2007)
site http://terresdefemmes.blogs.com
"Une ballade insulaire mi soleil, mi mélancolique"








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