Valentin, quinqua en pleine forme, décida un jour de faire un pèlerinage. Pas celui de Compostelle, non, celui des sept péchés capitaux !
Sa vie lui semblait un peu monotone, il fallait réagir. C’était la période des vacances et il prépara son sac à dos. Couchage, victuailles, un pull et quelques préservatifs. On ne sait jamais !
Youki, son épagneul, suivait les préparatifs avec inquiétude. « Que va-t-il encore inventer ? Ces humains… Ils font souvent des choses bizarres ! »
Quelques jours plus tard, un matin très tôt, Valentin siffla Youki. « Ouah ! Mais il fait encore nuit ! », « Dehors ! Allez oust ! », et ils se lancèrent sur le chemin. Le pauvre Youki, bien obligé de suivre, traînait la patte en regrettant la chaleur de son panier.
Deux heures plus tard, ils se trouvèrent dans un petit village : « Gourmandise ».
Une délicieuse odeur s’échappait de la boutique du boulanger. Alléchés, ils firent étape pour déguster croissants chauds et brioches. Quel régal ! Youki pensa que, peut-être, ce pèlerinage n’était pas une si mauvaise idée.
Restaurés, ils reprirent
A midi, ils parvinrent à « Orgueil ».
La bourgade paraissait importante. Valentin rectifia sa tenue et Youki dut se résoudre à subir un énergique brossage. Ils traversèrent la ville tête et truffe hautes. Pique-nique à la sortie du village et petite sieste à l’ombre d’un grand chêne dans une jolie clairière nommée « Paresse » par les autochtones.
« Comme il fait bon, pas besoin d’aller plus loin », pensa Youki. Mais Valentin le secoua, « Hop ! En route ! ». Cahin-caha, ils s’aventurèrent sur une route montante tout en lacets. L’effort ne fut pas du goût de Youki. Il s’arrêta et posa son derrière sur le côté de la route, refusant d’aller plus loin. Valentin, imperturbable, continua à grimper mais au bout d’un moment, il siffla. Youki fit la sourde oreille. Valentin commença à s’impatienter, à s’énerver, « Ici ! ». En vain. Campé sur son arrière-train, Youki ne bougeait pas. La colère de Valentin monta, il rebroussa chemin et s’approcha du chien, en rage, rouge écarlate : « Sale bête ! ». Il le rabroua vertement. « Allez, fainéant, en avant ». Bon gré, mal gré, vexé, Youki suivit.
Le soir, ils atteignirent « Luxure » où se déroulait une fête locale avec bal, flonflons et manèges. Sur le parquet du bal en plein air, Valentin remarqua une jolie blonde qui dansait à ravir. Sa jupe très courte découvrait des jambes fuselées. Il était sous le charme. Mais très vite, il déchanta : elle était accompagnée. Dépité et jaloux de la voir dans les bras d’un autre, il chercha Youki des yeux et… surprise… sans faire de manière, il s’occupait activement d’une caniche royale superbe… et pas besoin de préservatifs ! Youki, lui, pensait « Les préservatifs, c’est pour Valentin. Et encore ! Si il en trouve l’occasion ! ».
L’envie ne manquait pas à Valentin mais il était bredouille. Déçu, il décida de prendre le chemin du retour. Plus de pèlerinage. Justement, un autocar arrivait. « Chic, se dit Youki, je suis un peu las… ». Mais non, Valentin, près de ses sous, voulait rentrer comme ils étaient venus sans frais supplémentaires. Youki trouva son maître bien mesquin. « Quel avare » soupira-t-il. Puis le souvenir de Lady, la caniche, lui revint et ainsi dopé, il précéda Valentin qui, à son tour, lambinait et ruminait sa déception.
A chacun son pèlerinage.
(Texte : Owlette)
NDLB : Owlette, c'est ma Maman. Vous avez déjà dû l'apercevoir ici...








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