Sans être une collectionneuse, j’ai parfois chiné quelques vieux dictionnaires de la langue française que je conserve avec tendresse. Il est amusant d’observer l’évolution des mots au fil des siècles…
Prenons par exemple le mot « femme ». En 1810, elle est « la femme de l’homme ». En 1880, elle est « la femelle, la compagne de l’homme » mais elle est également décrite : « la femme a communément une chair tendre et molle, des formes arrondies, le contour des membres gracieux, les hanches fort larges, les cuisses grosses et les extrémités petites » ! En 1922, elle reste la « compagne de l’homme » mais devient plus généralement l’« ensemble des personnes de sexe féminin », définition confirmée de nos jours par « Etre humain du sexe féminin, par opposition à homme ». Finie la chair tendre et molle…
Et l’adultère ? Sur mes dictionnaires de 1880 et de 1922, les définitions sont identiques : « Qui viole la foi conjugale ». Mais en 1810, bien qu’on y trouve la même définition que précédemment, il y est ajouté une petite précision qui va faire bondir les féministes : « Qui viole la foi conjugale, en parlant des femmes ». Sans commentaire.
Quand nous convolons en 2008, nous nous marions. Tout au long du 19ème siècle et une partie du 20ème, convoler signifiait que l’on se remariait. Si c’était la première fois, on se mariait, tout simplement.
Aujourd’hui, si on vous traite de conard, vous êtes un imbécile fieffé. Ce qui est une insulte de nos jours avait une signification tout à fait différente il y a 100 ans puisque le conard était « Membre d’une société joyeuse qui célébrait les jours gras à Rouen par toutes sortes de bouffonneries ». D’ailleurs, à cette époque le « conard » n’avait pas de féminin. A présent oui…
En tout cas, avec l’existence d’Internet, il me semble que nous consultons de moins en moins nos bons vieux dicos. Moi y compris. C’est un tort. Les dictionnaires ont un charme émouvant que nous n’allons pas tarder à oublier. Résistons !
Copyright © 2008 Martine Rousset









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