Là, je sens que je vais soulever une polémique. Je vous préviens, au terme de cet article, dès que le point final sera enfoncé, je pars en courant…
En secondant mon Roudoudou dans la lecture imposée d’un livre pendant les vacances par son professeur de français, une multitude de souvenirs m’ont assaillie.
Je me suis rappelée, alors que j’étais lycéenne, mon air perplexe lorsque j’ai dû lire Molière, mes bâillements lorsque j’ai lu Maupassant, mon ennui en découvrant Balzac… Tous ces auteurs écrivaient des choses qui me semblaient totalement désuètes. Que m’est-il resté de cette époque ? Hormis une sensation d’injustice à me faire ingurgiter ce que des auteurs avaient écrit il y a bien longtemps, à me contrarier mes vacances avec des textes dont je ne comprenais pas la plupart des mots, il ne m’en est strictement rien resté en dehors de ceux que j’ai relu beaucoup plus tard et que j’ai eu l’impression de découvrir… Du coup, j’étais persuadée que seuls les auteurs morts avaient quelconque intérêt.
Fort agacée par ce programme de français qui ne captait pas une miette de mon intérêt d’adolescente, j’ai profité d’un devoir exigé par ma prof de terminale pour m’organiser une petite vengeance… Le sujet : Fiche de lecture sur un ouvrage libre. Ah ouais ? Vous avez dit « libre » ? J’ai donc inventé un bouquin qui n’existe pas avec un auteur qui existe encore moins. Je ne me souviens que du titre : « L’ombre du chat ». J’ai raconté une histoire en campant des personnages et j’ai créé une vie à l’auteur. C’était une épreuve orale. Quand j’ai eu terminé mon petit exposé, la prof m’a juste dit en m’octroyant une excellente note : « Je ne connais pas du tout mais vous m’avez donné envie de le lire. Je vais me le procurer. Quelle édition ? ». J’ai répondu avec aplomb : « Flammarion », le seul qui me soit venu à l’esprit. C’était la fin de l’année scolaire et je n’ai pratiquement plus eu l’occasion de la croiser… Cherche-t-elle toujours « L’ombre du chat » ?
D’accord, toutes ces vieilleries font partie du patrimoine de la littérature française et ont vocation à donner quelques bases aux d’jeunz. Mais… doit-on s’acharner à utiliser un tourne-disque en permanence quand on dispose d’un matériel moderne aujourd’hui ? Pourtant j’entends ça et là des profs qui sortent des sentiers battus et qui font également étudier à leurs élèves un livre pour lequel ils ont eu un coup de cœur. Un livre dont le vocabulaire n’est pas dépassé. Un livre avec des idées actuelles. Un livre pour lequel s’éveillerait l’intérêt des d’jeunz à tel point qu’ils s’en souviendraient plus tard ? Si, si, ça existe.
En ce qui concerne le livre que mon Roudoudou doit lire pendant les vacances, il s’agit de « La controverse de Valladolid » du contemporain Jean-Claude Carrière. Je l’ai lu et je comprends son intérêt pédagogique à vouloir rapprocher les d’jeunz de seconde de
Extrait :
« Comment puis-je prêcher ? demande Las Casas. Comment puis-je parler de douceur et de charité ? Et de l’amour qu’a Dieu pour tous les hommes ? Comment évoquer la mansuétude de
Hein Roudoudou ? Peux-tu lui répondre ?
Cloc cloc cloc cloc…
C’est le bruit de mes talons aiguilles qui détalent. Mais je suis déjà loin...
Copyright © 2008 Martine Rousset








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