J’ai passé de nombreuses années le nez dans les entrailles de
Sordide…
Les abandons d’enfants, victimes de l’adultère, de l’inceste, du viol ou de la misère étaient fort nombreux. Ces petits bouts d’chou appelés trovatelli étaient parfois abandonnés de telle façon qu’on les retrouve rapidement mais pas tous… A Corté, en 1814, le maire apprend par deux militaires en garnison dans la commune, que d’après les pleurs qu’ils ont entendus, un enfant vivant se trouverait dans l’un des tombeaux de l’église d’un ancien couvent… Ainsi fut sauvée la petite Marie Geronima, « d’un âge très tendre qu’on a jugé de dix à douze jours, laquelle était enveloppée dans un vieux linge et une petite veste de toile, couverte d’un morceau de drap ou sac de laine corse, la tête dans un vieux bonnet ou coiffe de soie noire, tout déchiré, bandée d’une vieille toile d’indienne à la bouche tellement serrée que le visage en était devenu livide »…
Perspicacité
En mars 1842, dans un petit village de Castagniccia, Antonio Paolo déclare que Maria Giovanna, son épouse avec laquelle il a contracté mariage en décembre
Mais pour cette histoire, le plus savoureux est peut-être ce qui s’est passé le jour où j’ai découvert cet acte. J’étais à la mairie de ce petit village et je me suis octroyée dans l’après-midi une pause à l’extérieur. J’y ai trouvé près de l’église deux messieurs qui furent très vite intrigués par la présence d’une inconnue sur la place de l’église. Je leur ai expliqué pourquoi j’étais là et je me suis amusée à leur raconter l’anecdote que je venais de découvrir. L’un d’eux, immédiatement, m’a demandé le nom de famille de l’épouse. Près de 160 ans après les faits, je pouvais le dire. Je l’ai donc fait. Sa réponse fut instantanée : « Ben, ça ne m’étonne pas ! ».
Homonymie
Dans les années 1850 à Corté, le gendarme Tapie déclare la naissance de son fils, Bernard...
Troublant
Une dame me demanda un jour de faire une recherche sur son arrière grand-père, patron pêcheur, qui, selon la mémoire familiale, aurait péri dans un naufrage aux alentours de 1880 lors d’une tempête dans le port de Bastia. Grâce aux journaux de l’époque, il fut possible de retrouver la trace du naufrage, le récit du drame et de connaître également le nom du bateau, éléments qu’elle ignorait totalement. Le bateau s’appelait « Le Frédéric ». C’était justement le prénom qu’elle avait donné à son fils unique…
Il y aurait tant à raconter… Des bribes d’histoires, des histoires entières, certaines totalement incroyables. Plongez-vous par exemple un jour dans les archives des journaux de la Corse, en quelques pages, vous aurez changé de siècle. Et si vous êtes vraiment très (mais vraiment très…) patient, amusez-vous à consulter des documents bien plus anciens rédigés par des prêtres ou des notaires. Vous rencontrerez des Corses ayant vécu au 16ème siècle et qui portaient de bien jolis prénoms tels que Riucello, Pompilio, Bertuccino, Manoritta, Trolio, Garello, Deodato, Dariodante, Napulione, Vecchiaccio, Guidone, Fraticello, Zergone, Cagnone, Carneviva, Gallimoro, Reginenso, Mannone, Marmazotto, Retale, Facendino, Nigrone, Capanone, Andriuculo, Salomone, Rondinello pour les hommes ; et Altalabella, Biancafiore, Sposa, Caspiola, Zampina pour les femmes. Et quelques surnoms, toutes époques confondues : Forzuculu, Bella Moglie, Porco Grasso, Angelica del Zambo, Il curto, Tittone, Mezzo Prete, Bocca di Broccio, Culunudo. Pour Culunudo, il faut dire qu'il était attribué à une femme, accusée en 1784 d'être "maquerelle publique"...
Bon, je vous laisse tranquilles avec mes « vieilleries », lesquelles bien souvent n'intéressent que moi... Mais c'est mon blog. Et je dis ce que je veux. Voilà.








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