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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, quand ça lui chante, à 7 heures 53, plus tôt ou plus tard, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ourse, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
Nina : Elle est dvenue clodo! vous le saviez,mais ou est-elle?
tassuad : ce jour là j'étais à Santa Reparata di Balagna dans la salle communale où un orchestre jouait , j'ai sorti mon harmo et je fus accepté illico
Le Doc : Va être épuisée la danseuse,elle est en transe depuis le 24 mai!
Cigale : Ben ca lui chante pas souvent à 7H53
Nostalgie : Pourquoi nous priver de tous ces jolis textes nous sommes orphelins de ce blog. Tristes aussi. Amitiès
TASSUAD : AVEC DE LA CHANTILLY MAISON
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Acrostiche : Nous souhaitons ta présence.Se souvenir c'est bien mais lire c'est mieux REVIENS
Acrostiche : Rine que de temps en temps.Etpour nous faire plaisir.Viens nous distraire.Inven tes,tu sais si bien le faire.Emportes nous dans tes contes.
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Roger Nina : Nous restons sur le tapis? Ben zut alors!
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tassuad : je l'ai vu en concert il y a longtemps un bonheur !!!
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Publié le Lundi 19 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

Quand Claude descendit de sa feuille de laurier rose sur la plate-bande gazonnée en face de la boulangerie, il était déjà onze heures et quart. Il lui restait donc un peu moins de trois heures pour se faufiler entre les brins de gazon, franchir ensuite la distance qui le séparait de la chaussée, traverser l’avenue à deux voies, escalader le trottoir et enfin atteindre le rosier de la plate-bande d’en face pour y retrouver Dominique.

 

Il risquait ainsi sa vie à trop aimer. Il le savait. La brutalité d’une semelle, la cruauté d’un enfant, la menace d’un pneu… Les dangers étaient multiples pour un gastéropode amoureux décidé à parcourir vingt mètres pour retrouver l’amour.

 

Dominique l’attendait placidement au pied du rosier et guettait son élu avec confiance, se souvenant que la semaine précédente c’était son tour de rejoindre Claude et qu’il ne lui était rien arrivé de fâcheux.

 

Claude s’arrêta au bord de la chaussée détrempée. Il avait plu toute la nuit et le temps lui sembla idéal. Les pieds des passants canonnaient tout autour de lui comme des obus ratant leur cible, l’éclaboussant au passage de quelques éclats de flaques boueuses. Quand il atteignit la route, le flux incessant des voitures avait considérablement baissé. Les gens déjeunaient et avaient délaissé leurs pneus dévastateurs le temps du repas. Claude devait en profiter. Il échappa de justesse à un bus puis, quelques minutes plus tard, à une bicyclette. Il ne traînait pas. Toute son énergie était concentrée en une seule ligne droite, celle qui le séparait de Dominique. Il rétracta ses tentacules à deux reprises, persuadé qu’il se trouvait sur la trajectoire des pneus qui fonçaient vers lui. Mais non. A chaque fois, il avait senti le déplacement d’air provoqué par le véhicule mais aucun choc.

 

Il était presque quatorze heures lorsqu’il parvint tout près du bord du trottoir qui le mènerait à Dominique. Il pouvait déjà apercevoir le rosier sur lequel ils s’étaient donnés rendez-vous. Il n’avait plus qu’à franchir la dernière ligne droite. Il était épuisé.

 

- Oh ! Maman ! Regarde l’escargot ! Le pauvre, il va se faire écraser ! S’écria Elodie en se penchant sur l’escargot, la main enfouie dans celle de sa mère.

La mère et la fille s’apprêtaient à traverser l’avenue, reprenant en sens inverse le chemin parcouru par Claude.

- Maman ! Je peux le prendre et le poser de l’autre côté, à l’abri, quand on aura traversé ?

La mère soupira mais accepta. L’enfant se baissa et attrapa délicatement le gastéropode entre son pouce et son index.

 

C’est ainsi qu’un quart d’heure avant son rendez-vous avec Dominique, Claude, en quelques secondes, se retrouva à nouveau sur sa feuille de laurier.

 



Copyright © 2008 Martine Rousset