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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 20 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Péché capital  =  Transgression consciente et volontaire de la loi de Dieu. 
Là, ça commence très mal. Dieu a dit. Donc, si nous transgressons, il va nous punir. Fâcheux.

Mais à bien y regarder, selon quels critères un péché est-il capital ?
Dieu, d’accord. Plutôt ses représentants, les hommes (les humains).
 Je comprends que tout ce qui est fait en excès peut détruire.  Pour moi le seul péché capital est de faire du mal aux autres, volontairement. Parmi les péchés capitaux il y a les acceptables et ceux à rejeter complètement. 

Les acceptables :
 

La gourmandise, ça n’est pas si grave (sauf sur la balance).
Dans un joli salon de thé, une vitrine pleine de choux, éclairs, religieuses, Paris-Brest, qui peut y résister ? Le seul impératif c’est de n’y pas céder trop souvent. 

La luxure, entre personnes adultes et consentantes, là pas de problème.
C’est le plaisir, donc cela ne peut être contraire à la santé, morale et physique. Il suffit certainement d’éviter les Marquis de Sade et autres sombres excités. 

La paresse,  là encore c’est affaire de goût.
Qui peut dire de quelqu’un qu’il est paresseux ou paresseuse ? Certaines tâches nous rebutent, il est normal qu’on les
laisse pour des jours meilleurs. 

Ceux à rejeter complètement, ceux qui font du mal aux autres :
 

La colère, qui peut rendre ridicule, méchant. C’est une perte de contrôle de soi, partielle ou totale. Qui ne s’est vu, en voiture par exemple, vociférer et vouer aux gémonies
ces crétins qui n’avancent pas. Là on se sent parfaitement ridicule quand on y réfléchit. 

L’orgueil.  Ah l’orgueil !
Quelle puissance, quelle énergie peut pousser un être à se croire supérieur ? Non seulement à se croire supérieur, mais encore à le faire sentir aux autres. Que peut-il se passer dans un cerveau qui pousse à se pavaner tel un paon, faisant la roue, mentalement ? Je ne cherchais pas un exemple, mais ce matin au marché, j’étais tranquillement en train de papoter avec mon marchand de chinois (c’est une expression) quand est arrivée une personne, genre bourgeoise provinciale coincée (je ne pensais pas que ça existait encore),  laquelle sans bonjour s’est adressée au marchand : « Vous me garderez 10 nems, je les prendrai en revenant de la messe » (le tout avec accents circonflexes sur tous les mots). Comme si nous étions des êtres inférieurs. Dans ces cas-là je ne m’énerve pas, je fais un pas de côté, pour occulter la chose offensante et je continue la conversation comme si elle n’existait pas. Après son départ nous nous sommes regardés et nous avons éclaté de rire. Voilà pour moi un exemple type de l’orgueil. 

L’avarice, à part dans Molière, ça n’est pas fréquentable. On doit être tout rabougri, sans communications aucunes avec les autres. Ce doit être bien solitaire comme situation. Avec pour seule consolation sa chère cassette.
 

L’envie, convoitise du bonheur ou des biens des autres. Ce serait, par exemple, l’envie et la colère combinées qui pousseraient à brûler des voitures, à « caillasser » les pompiers qui viennent porter secours à vos voisins ? Non, là il y a aussi la haine.
 

Micorne  (ou doit-on signer Valentin ?)

(Texte : Micorne)


 


NDLB : Micorne vit dans un petit village du sud de la France qui porte un nom de fruit. Je la connais depuis… toujours… et elle compte beaucoup pour moi.