Après l’accident, le constat… On appelle ça un constat à l’amiable. Ben, voyons… Comme je l’ai dit ici même hier, nous avons attendu le lendemain pour établir ce constat. Et quand je l’ai dit ici même hier, j’ignorais encore comment cela allait se passer.
Le numéro de téléphone était bon et le lendemain, le gars répond à mon appel. Il me propose un rendez-vous chez lui pour établir le constat. Il s’est calmé car il n’aboie plus. Je me rends donc au domicile du propriétaire du véhicule B. J’ai décidé que je serai le véhicule A parce que j’aime bien les A.
Lorsque j’arrive, sa femme est là également, m’accueillant avec un sourire allègrement forcé. Monsieur commence :
- Bon, je ne sais pas comment on va le remplir si on n’est pas d’accord. Parce que moi, je ne suis pas venu vous heurter en franchissant la ligne blanche discontinue.
Ça commence bien… Je riposte :
- Vous reconnaissez que je tenais ma droite, que je n’ai pas empiété sur votre voie et que je roulais lentement dans ce virage dangereux ?
- Oh oui, tout à fait. Je ne dis pas le contraire.
Je crois à cet instant que j’avance. Puisqu’il reconnaît ce dernier fait, il ne peut nier qu’il a bien dû empiéter sur ma voie pour emboutir ma voiture. « Je tiens le bon bout », me dis-je alors, rassurée.
Mais sa femme en rajoute une couche :
- Mais mon mari n’a pas empiété sur votre voie ! Il est resté sur sa voie !
- Ah ? Vous y étiez ? Je ne vous ai pas vue… Ai-je ironisé alors…
- Non ! Mais je le sais !
Voilà des gens qui cultivent la mauvaise foi en famille… Mal barré tout ça…
Je remplis néanmoins ma colonne « Véhicule A », il remplit sa colonne « Véhicule B » et nous commençons le croquis. C’est moi qui dessine. Pendant ce temps, Madame surveille, les mains sur les hanches et l’œil aiguisé. « C’était pas une ligne continue, c’était une ligne discontinue ! », me crie-t-elle soudain si fort que j'en sursaute, « Faut recommencer ! ». Je déchire et je recommence. Je fulmine aussi… Peut-être Madame veut-elle que je lui fasse un croquis à l’aquarelle ?
Bref, quelques minutes plus tard le croquis avec la ligne discontinue de Madame est fait. Il me reste à y positionner ma Valentine. Je dessine un petit rectangle tout mignon à l’endroit voulu sur la voie de droite en insistant :
- Vous êtes d’accord sur l’emplacement de ma voiture ? C’est bien là ? Bien à droite ?
- Oui, c’est bon.
Je n’en reviens pas… Je lui fais passer le constat et lui dit :
- A vous maintenant. Placez votre véhicule.
J’attends la suite avec impatience. Il va bien être obligé de dessiner sa voiture de façon à ce qu’elle puisse rentrer en collision avec
Quand je vois son rectangle à lui, je crois halluciner : bien aligné sur la voie de droite à un mètre de la mienne !
Suis-je bête… Maintenant, je m’en souviens… Lorsqu’on s’est croisés dans ce virage, son pare-buffle s’est décroché tout seul, a enfoncé ma portière puis s’est remis sagement à sa place. Juste pour m’embêter.
Et voilà comment un type bourré de mauvaise foi qui possède un énorme 4 x 4 qui coûte 25 000 € emboutit une Valentine sans défense. Résultat : je me prends la moitié des torts et je ne peux rien y faire…
J’aime pas les 4 x 4. J’aime pas le printemps quand il pleut dans les virages. J’aime pas les types bourrés de mauvaise foi. Et j’aime pas leur femme non plus.







