Alors que j’arrivais il y a quelques jours chez l’une de mes meilleures amies pour un petit café et un grand papotage entre filles, celle-ci, dès qu’elle m’ouvrit la porte, se jeta sur moi en trépignant sur place et en criant : « Martiiiiiine ! Va y’avoir un spidétine à Bastia ! »
Un spidétine ?! Mais c’est quoi ça ? Et qu’est-ce qui lui prend à ma copine d’hurler ainsi, elle qui est habituellement si posée et de surcroît, noble utilisatrice de mots choisis ?
« Mais si, tu sais bien, ces rencontres expresses entre célibataires ! »
« Aaaah ouiiii ! Tu veux dire un « speed dating » ! » Réalisai-je enfin après m’être souvenu que si elle maîtrisait parfaitement l’italien et l’espagnol, en revanche elle ne parlait pas un mot d’anglais.
Le speed dating… J’en avais déjà vaguement entendu parler en effet.
Elle m’expliqua ensuite en long, en large et en travers de quelle façon se déroulaient ces rendez-vous.
Sept minutes pour séduire un inconnu et le séduire. Puis on passe au suivant jusqu’à épuisement du stock. Tout ceci dans une ambiance feutrée et un éclairage tamisé. Super pour estomper les rides et camoufler les boutons.
Sept minutes ! Soit c’est trop long, soit ce n’est pas suffisant…
Parce que sept minutes pour dire avec diplomatie « Bonsoir, je m’appelle Machin-Truc, je suis célibataire mais je compte bien le rester et vous n’avez aucun argument pour me faire changer d’avis…», cela signifie qu’il nous restera 6 minutes 50 pour regarder les mouches voler, s’examiner les ongles et vérifier qu’aucun SMS ne nous soit parvenu sans avoir entendu la sonnerie. Mais si l’interlocuteur nous inspire, sept minutes ne suffiront pas à caser : « Bonsoir, je m’appelle Machin-Truc, j’ai 47, euh… pardon, 37 ans. Où ai-je la tête… Joli cet endroit, n’est-ce pas ? Cela me rappelle un restaurant à Venise que j’avais particulièrement aimé. Ah ! Venise ! Ses ponts… ses gondoles… ses chats… Vous aimez les chats ?... » et de poursuivre par une comparaison détaillée entre le comportement du chat de gouttière et du chat racé, laissant croire que vous avez un matou chez vous alors que vous n’avez que des rats dans la cave de votre maison… Laquelle maison mérite d’ailleurs un bon coup de peinture, ce qui explique l’habile « vous aimez bricoler ? », question subliminale glissée entre le chat Persan et le chat Siamois…
Ceci dit, l’interlocuteur peut également nous laisser parler en regardant les mouches voler, s’examinant les ongles et vérifier ses SMS…
Il faut bien avouer que les femmes célibataires, aussi endurcies soient-elles, restent néanmoins, les talons aiguilles dans les starting-blocks (quitte à y rester coincées…), à l’affût d’un égaré de la ruche et prêtes à en faire leur miel. Pas folles les guêpes ! D’où les guêpières d’ailleurs et le guêpier duquel elles sont parfois obligées de se sortir ensuite…
Oui, je sais, vous allez me faire remarquer « dare-dare » (vous le voyez le jeu de mot désopilant ?) que dans les ruches on trouve des abeilles et non des guêpes… Je vous rappelle que je dis ce que je veux.
Mais revenons à nos moutons.
Ma réaction à la proposition de mon amie de nous y rendre ensemble m’arracha un « non ! » catégorique accompagné d’un vulgaire « mais ça va pas la tête ? » outré, reflet spontané de mon indignation.
Ses arguments tels que « tu trouveras peut-être le prince charmant ! », « on ne sait jamais ! », « qui ne tente rien n’a rien ! », « qu’est-ce que tu risques ? », « t’en n’as pas marre d’être célibataire ? » me laissèrent impassible. Dans l’ordre, mes réponses furent « bof », « bof », « bof », « le ridicule ne tue pas c’est vrai » et « non ».
Et pourtant… Je me trouvais toujours chez elle à l’heure de l’apéritif lorsqu’elle eut soudain la sournoise idée de me dire : « Allez, viens ! Tu pourras même le raconter dans ton blog ! ».
J’en étais à mon second Martini et j’ai dit oui…
Ce à quoi elle s’est exclamée, radieuse : « qu’est-ce qu’on va se marrer ! ».
J’en ris d’avance… Pfff…
Et maintenant, comment vais-je me sortir de ce guêpier ? Parce que moi, au spidétine, ben j’irai pas.
Un spidétine ?! Mais c’est quoi ça ? Et qu’est-ce qui lui prend à ma copine d’hurler ainsi, elle qui est habituellement si posée et de surcroît, noble utilisatrice de mots choisis ?
« Mais si, tu sais bien, ces rencontres expresses entre célibataires ! »
« Aaaah ouiiii ! Tu veux dire un « speed dating » ! » Réalisai-je enfin après m’être souvenu que si elle maîtrisait parfaitement l’italien et l’espagnol, en revanche elle ne parlait pas un mot d’anglais.
Le speed dating… J’en avais déjà vaguement entendu parler en effet.
Elle m’expliqua ensuite en long, en large et en travers de quelle façon se déroulaient ces rendez-vous.
Sept minutes pour séduire un inconnu et le séduire. Puis on passe au suivant jusqu’à épuisement du stock. Tout ceci dans une ambiance feutrée et un éclairage tamisé. Super pour estomper les rides et camoufler les boutons.
Sept minutes ! Soit c’est trop long, soit ce n’est pas suffisant…
Parce que sept minutes pour dire avec diplomatie « Bonsoir, je m’appelle Machin-Truc, je suis célibataire mais je compte bien le rester et vous n’avez aucun argument pour me faire changer d’avis…», cela signifie qu’il nous restera 6 minutes 50 pour regarder les mouches voler, s’examiner les ongles et vérifier qu’aucun SMS ne nous soit parvenu sans avoir entendu la sonnerie. Mais si l’interlocuteur nous inspire, sept minutes ne suffiront pas à caser : « Bonsoir, je m’appelle Machin-Truc, j’ai 47, euh… pardon, 37 ans. Où ai-je la tête… Joli cet endroit, n’est-ce pas ? Cela me rappelle un restaurant à Venise que j’avais particulièrement aimé. Ah ! Venise ! Ses ponts… ses gondoles… ses chats… Vous aimez les chats ?... » et de poursuivre par une comparaison détaillée entre le comportement du chat de gouttière et du chat racé, laissant croire que vous avez un matou chez vous alors que vous n’avez que des rats dans la cave de votre maison… Laquelle maison mérite d’ailleurs un bon coup de peinture, ce qui explique l’habile « vous aimez bricoler ? », question subliminale glissée entre le chat Persan et le chat Siamois…
Ceci dit, l’interlocuteur peut également nous laisser parler en regardant les mouches voler, s’examinant les ongles et vérifier ses SMS…
Il faut bien avouer que les femmes célibataires, aussi endurcies soient-elles, restent néanmoins, les talons aiguilles dans les starting-blocks (quitte à y rester coincées…), à l’affût d’un égaré de la ruche et prêtes à en faire leur miel. Pas folles les guêpes ! D’où les guêpières d’ailleurs et le guêpier duquel elles sont parfois obligées de se sortir ensuite…
Oui, je sais, vous allez me faire remarquer « dare-dare » (vous le voyez le jeu de mot désopilant ?) que dans les ruches on trouve des abeilles et non des guêpes… Je vous rappelle que je dis ce que je veux.
Mais revenons à nos moutons.
Ma réaction à la proposition de mon amie de nous y rendre ensemble m’arracha un « non ! » catégorique accompagné d’un vulgaire « mais ça va pas la tête ? » outré, reflet spontané de mon indignation.
Ses arguments tels que « tu trouveras peut-être le prince charmant ! », « on ne sait jamais ! », « qui ne tente rien n’a rien ! », « qu’est-ce que tu risques ? », « t’en n’as pas marre d’être célibataire ? » me laissèrent impassible. Dans l’ordre, mes réponses furent « bof », « bof », « bof », « le ridicule ne tue pas c’est vrai » et « non ».
Et pourtant… Je me trouvais toujours chez elle à l’heure de l’apéritif lorsqu’elle eut soudain la sournoise idée de me dire : « Allez, viens ! Tu pourras même le raconter dans ton blog ! ».
J’en étais à mon second Martini et j’ai dit oui…
Ce à quoi elle s’est exclamée, radieuse : « qu’est-ce qu’on va se marrer ! ».
J’en ris d’avance… Pfff…
Et maintenant, comment vais-je me sortir de ce guêpier ? Parce que moi, au spidétine, ben j’irai pas.
Quant au Martini, j’arrête.
Publié le 21 septembre 2007
flicorse@ifrance.com
Toutes les 7 minutes, c’est un peut rapide.
Bien sûr, il n’a fallu que six jours à Dieu pour la création du monde et le septième jour , il s’est reposé. Sept minutes devraient suffire pour séduire mais combien de temps cela durera ?
Peut-être que le Speed dating part du principe que, en amour, il n’y a que les commencements qui soient charmants et que l’on trouve du plaisir à recommencer souvent…
Faut-il aimer n’importe qui, n’importe quoi, n’importe comment, pourvu qu’on aime ? comme le conseillait Alexandre Dumas fils. L’amour n’est-il pas l’espace et le temps rendu sensible au cœur, pour citer Proust. Mais celle qui a le mieux « indéfinit » l’amour, c’est Mlle de Scudery : « L’amour est un je-ne-sais-quoi, qui vient je-ne-sais-où, et qui finit je-ne-sais-quand ».
Au fait, c'est un rabbin américain qui, en 1998, a inventé ces rencontres rapides pour limiter les mariages mixtes et les célibats dans sa communauté religieuse... C'est une marque déposée en France... Je laisse tirer les conclusions qui ne peuvent être que politiques.
Bien sûr, il n’a fallu que six jours à Dieu pour la création du monde et le septième jour , il s’est reposé. Sept minutes devraient suffire pour séduire mais combien de temps cela durera ?
Peut-être que le Speed dating part du principe que, en amour, il n’y a que les commencements qui soient charmants et que l’on trouve du plaisir à recommencer souvent…
Faut-il aimer n’importe qui, n’importe quoi, n’importe comment, pourvu qu’on aime ? comme le conseillait Alexandre Dumas fils. L’amour n’est-il pas l’espace et le temps rendu sensible au cœur, pour citer Proust. Mais celle qui a le mieux « indéfinit » l’amour, c’est Mlle de Scudery : « L’amour est un je-ne-sais-quoi, qui vient je-ne-sais-où, et qui finit je-ne-sais-quand ».
Au fait, c'est un rabbin américain qui, en 1998, a inventé ces rencontres rapides pour limiter les mariages mixtes et les célibats dans sa communauté religieuse... C'est une marque déposée en France... Je laisse tirer les conclusions qui ne peuvent être que politiques.








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