iBLOG précédent iBLOG suivant



Ma photo
Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
Trafic
Noter ce blog :
1 5
2 connectés
50844 visiteurs
Tribune libre
Renifleur : Je nifle et renifle la bécasse...
tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
Martine : What else ? Devine !
Georges C. : What else ?
Mon calendrier
Contactez-moi
Mail :
MSN :
Agrégateurs RSS
bloglines
google
netvibes
newsburst
newsgator
pluck
yahoo
Publié le 22 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Rebelle
Une goutte d’eau vient de faire déborder mon vase. Juste une goutte de pas grand-chose qui m’agace. Pourquoi affirme-t-on des choses sans savoir ? Hein ?Pourquoi ? 

Eh bien, quand j’entends des insulaires affirmer que l’origine de leur patronyme vient des Etrusques puisque le cousin Machin-Truc-Chouette a remonté la généalogie de la famille jusque-là, que tous les porteurs d’un même patronyme sont issus du même village et que le cousin Machin-Truc-Chouette, il s’y connaît, moi la pinzuta, voici ce que je leur réponds.
 

Les patronymes en Corse se sont fixés pour la plupart des villages dans le courant du 18ème (soit près de quatre siècles après la France continentale et l’Italie), exception faite cependant des familles importantes telles que celles des notables locaux et des familles anoblies.  Pour certaines petites communes ils n'y apparaîtront même que dans le premier quart du 19ème siècle. Les villes portuaires d’Ajaccio, Bastia et Calvi sont des cas particuliers que je mettrai de côté.
 

Le patronyme permet d'identifier un individu par rapport au clan familial auquel il est rattaché. La terminaison « i » de la plupart de nos patronymes tend à le démontrer et on peut dire d'un Franceschi qu'il fait partie « du clan de Francesco », ce dernier étant l'ancêtre éponyme. Quant à ce fameux ancêtre éponyme, il est celui qui est à l'origine d'une famille, celui qui fut l'autorité de cette famille, autrement dit celui à partir duquel a été créé un clan, soit parce qu'il a bâti la maison familiale (n'oublions pas que le 16ème siècle fut une période de reconstruction après les ravages des guerres), soit parce qu'il est l'ancêtre « étranger » qui s'est installé le premier en un lieu dont il n'était pas natif. Il est donc possible que deux frères soient à l'origine de deux patronymes différents. Bien évidemment, l'ancêtre éponyme, n'est pas le créateur conscient d'un patronyme et nous ne verrons bien souvent son prénom se transformer en nom que très longtemps après son décès. 
 
Mais l'ancêtre éponyme n'a pas nécessairement transmis un patronyme issu de son prénom. Il peut s'agir d'un nom de lieu, d'un surnom, ou encore d'un nom de métier. D'autre part, l'origine d'un nom peut également être collective, autrement dit un patronyme peut avoir été créé par exemple en faisant référence aux idées politiques d'un groupe d'individu ou à une profession commune à toute une famille. Même si l’on trouve des patronymes issus d’un nom de lieu, d’un surnom ou d’un métier, ceux issus d’un prénom sont cependant les plus fréquents.

Jusqu'au début du 17ème siècle, on a souvent attribué aux nouveau-nés des prénoms « païens » parfois à l'origine de patronymes. Puis, à la suite du Concile de Trente, les prénoms chrétiens les ont remplacé progressivement. De ces prénoms, sont nés la plupart des patronymes actuels : Giovanni, Giuseppi, Mattei, Antoni, Battesti, Natali, Pietri, Paoli, Franceschi, etc. D'autres ont pu naître également de prénoms composés ou de variantes de prénoms. Même si le prénom s'est transformé en nom, il a quand même été transmis comme le veut la tradition. Ainsi, il n'est pas rare de trouver au 19ème siècle des Natalino Natalini, des Paolo Paoli ou des Pietrino Pietrini dont le prénom est finalement installé dans la famille depuis plus longtemps que le patronyme n'y est fixé...
 
Lorsqu'un patronyme est le nom d'une commune, il s'agit la plupart du temps d'une famille originaire d'un village dont elle porte le nom et qui s'est installée dans un autre. De nombreuses familles bastiaises sont dans ce cas : Rogliano, Sisco, Ogliastro, Oletta, Luri, Olmeta, Belgodere (village abandonné à proximité de Bastia), etc...   
De nombreux autres patronymes voient leur origine dans le nom d'un hameau. Dans certains cas, si une commune comprenait plusieurs hameaux, les habitants de chacun d'entre eux en prenaient le nom (à moins que ce ne soit le hameau qui ait pris le nom de ses habitants...). On différenciait ainsi chaque famille en fonction de son hameau de résidence. Ce qui ne veut pas dire que toutes les personnes portant un même patronyme étaient forcément proches parents...  
Les patronymes issus de métiers sont faciles à identifier. On trouve ainsi des Sartori, Muratori ou Ferrali dont on devine aisément la signification. Mais là encore, l'ancêtre éponyme n'est pas forcément un seul individu. Il peut s'agir en effet d'un clan entier, soit de toute une famille exerçant une même profession. Si les patronymes se transmettent traditionnellement de père en fils, on peut observer malgré tout quelques exceptions qui risquent fortement d'embrouiller le chercheur : les changements de patronymes...  
Tout d'abord, on trouve en Corse, et ce jusqu'au début du 19ème siècle, des changements de patronymes au fil des actes. Il s'agit parfois d'hésitation dans la fixation d'un patronyme d'une famille étrangère à une commune : une famille sera parfois identifiée par son véritable patronyme et parfois par celui de sa commune d'origine, et ce jusqu'à ce que l'usage finisse par trancher.  
On trouve également le cas des individus mâles qui transmettent le patronyme de leur mère. Dans ce cas, plusieurs possibilités s'offrent à nous : soit le père de cet individu est décédé très jeune et le patronyme de sa mère s'est substitué tout naturellement, par usage, à celui de son époux (on peut penser qu'après son veuvage, elle soit retournée vivre avec ses enfants dans son propre clan familial), soit le père était étranger au village et a perdu son patronyme -si toutefois il en avait un- en s'intégrant au clan familial de son épouse.  
On observe également le cas d'individus qui ont suffisamment marqué la mémoire d'un village pour que leur patronyme s'étende aux cousins, beaux-frères ou neveux.

Enfin, il existe des changements brutaux de patronymes dans des familles ayant pourtant déjà le leur. Il s'agit bien souvent d'une façon de différencier plusieurs branches d'une même famille devenue trop nombreuse et dont les individus deviennent donc difficilement identifiables, en créant de nouveaux patronymes au sein même de cette famille. Ou simplement de la propre volonté d'une branche d'une famille de se différencier du reste du clan. Ainsi, on trouve des individus qui ajoutent à leur nom celui de leur mère, créant ainsi des noms composés.
 

Alors que l’on arrête de dire que tous les porteurs d’un même patronyme ont tous le même berceau, c’est parfois vrai mais souvent une affirmation sans fondement. Quant au cousin Machin-Etrusque-Chouette, qu’il vienne me voir, je lui dirai comment je m’appelle.

Copyright © 2008 Martine Rousset