L’argot et ses expressions plus qu’imagées, souvent drôles et parfois poétiques, font de toute évidence partie du patrimoine de la langue française.
Alors, sans faire de sociolinguistique (surtout pas !), laissons-nous juste aller à ventiler notre flemme et allons jaspiner et rouscailler bigorne.
Déjà, première chose. Sachez que nous ne naissons pas mais que nos mères sortent leur côtelette… Et alors que nous serons encore à l’état de têtards dans nos berceaux, nous n’aurons pas faim mais nous ne penserons qu’à grailler jusqu’à nous en faire péter la sous-ventrière...
Les adolescents paresseux à la peau trop courte que nous deviendrons plus tard tomberont alors amoureux pour la première fois. N’est-il pas joli à cette occasion de recevoir son premier coup de soleil ?
Et, ainsi va la vie, nous boirons quelques verres de trop… C’est là que nous chausserons nos premières pompes à bascule et prendrons notre lit en marche. Qui ne s’est pas un peu trop graissé le toboggan à cet âge ?
Je ne vous préciserai pas ce que signifie « se mettre à cinq contre un », « se tirer sur l’élastique » ou « agacer le sous-préfet », je vous laisse imaginer…
On dira des grands qu’il fait froid dans leur ombre, des petits qu’ils sont des loin-du-ciel, des maigres qu’ils sont gras comme un balai et des gros qu’ils centkilosent.
Une fois adultes, certains hommes à la calvitie naissante verront finalement leur crâne servir de skating à mouches. Ne faites pas cette tronche de faire-part messieurs ! Pour les femmes, ce n’est pas mieux puisque après avoir fièrement mis leurs fruits sur l’étagère (ou leurs pamplemousses en devanture), leurs lolos tomberont en mou de veau, en oreilles d’épagneul ou en pelotes à épingles. Réjouissant hein ?
Et nous auteurs, que sommes-nous dans tout ça ? Des gratte-papiers, des graffignoux, des fafioteurs, des chieurs d’encre, des brodeurs, des brodancheurs, des barbouilleurs de papier ou des babillardeurs…
Tout ça rien que pour nous ! Voilà de quoi nous mettre les doigts de pied en bouquet de violettes n’est-ce pas ? Quant à savoir si cela nous permettra de baigner dans le beurre, d’être cousus de guinées ou d’être dorés sur tranche, ma foi…
Et puis un jour, on perd le goût du pain… On casse sa pipe et on enfile notre paletot de sapin. Paix à notre âme.
Allez, je me suis suffisamment mis les boyaux en spirale et j’ai assez montré les tabourets de ma gargote. Il est temps que je graisse mes bottes et que je me tire les pattes.
Mais je ne décanillerai pas sans vous serrer la pogne.
A la revoyure !








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