Quand une copine m’a proposé un loto avec quelques-uns de ses amis, j’ai un peu hésité. Un loto ? Bof. Et puis, après m’être souvenu qu’un ours devait parfois sortir de sa tanière, j’ai accepté.
Quelques jours plus tard, ma copine m’a prévenue que, renseignements pris, il ne s’agissait pas d’un loto public mais d’un petit loto entre potes chez l’un d’entre eux. Ok.
Enfin, elle me contacte une troisième fois, très embarrassée, pour me dire que les lots étaient un peu spéciaux… inhabituels… En fait, il s’agissait d’un loto sexy… C’est quoi un loto sexy ? On y gagne quoi ? Brad ? Antonio ? George ? « Mais non, me répond-elle, ce sont des lots rigolos. Allez, viens, on va rire ! »
Je ne le sens pas d’autant plus que je ne connais pas ces gens. Je dis non. Elle insiste. Je dis encore non. Elle me supplie. Je dis oui.
Le soir arrive. J’avais dit oui donc j’y vais. Ils sont une quinzaine, plutôt sympas. Une dame a même emmené son bouledogue français. Il répond au nom de « Sarko » et porte un petit manteau où est écrit « FBI » sur le dos… Dans un coin de la pièce, un amoncellement de « lots » soigneusement emballés : des longs, des petits carrés, des ronds, des rectangulaires, des très gros.
Très rapidement, on nous distribue des cartons et des jetons roses. C’est parti. Le premier qui remplit une ligne sur son carton gagne un lot. Les numéros tombent les uns après les autres. Il ne me manque que le 30. Aïe. Numéro suivant : le 30. Horreur. Je ne bouge pas mais mon voisin jette un œil sur mon carton. J’y suis (au secours !). On me demande de choisir un lot au hasard. Quinze paires d’yeux narquois m’observent. Je prends l’air dégagé et je choisis un paquet carré et plat. Il faut se méfier des paquets carrés et plats… Quand je l’ouvre et que je découvre une sorte de serre-tête en forme de diadème et décoré de plumes roses, je n’aperçois pas immédiatement la « chose » fixée au bout d’une tige et qui le surmonte. Quand je l’entrevois, je blêmis… Un zizi… On me provoque : je dois mettre le diadème. Je suis verte mais je ne me dégonfle pas. Et toute la soirée, à chaque fois que je bougerai la tête, la « chose » se balancera un peu comme les têtes de chiens sur les plages arrière des voitures. Je crois que si le ridicule tuait, cela aurait été là ma dernière soirée…
S’ensuivent d’autres lots gagnés par les autres sous l’œil imperturbable de Sarko plutôt concentré sur les petits gâteaux posés sur la table basse. Le sens de la plupart des lots m’échappe. Un préservatif géant. Un tablier équipé d’un décapsuleur accroché au bout de… (devinez). Un tee-shirt avec une paire de seins en plastique. Une poupée gonflable (cadeau spécial monsieur. Je n’en avais jamais vu et je peux vous dire que malgré ses couettes à
La vie n’est pas un long fleuve tranquille.









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