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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 25 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Rebelle

Combien de mots plats et inutiles prononçons-nous dans une seule journée ? Combien de phrases toutes faites et de formules de politesse balançons-nous sans conviction et par simple usage ? Quel malin plaisir prenons-nous à invoquer l’évidence ?

 

Mis à part les indispensables « bonjour », « au revoir », « s’il vous plaît » et « merci », nous y allons volontiers de plusieurs « ça va ? » quotidiens. Imaginez une seconde qu’à votre « ça va ? », on vous réponde « non ». Vous auriez bonne mine… A moins d’être un goujat, vous seriez obligé de demander à votre interlocuteur les raisons de son « non ». C’est un sacré risque !

 

Quant à la pluie et le beau temps, voilà un sujet qui n’intéresse pas grand monde et qui pourtant est sur toutes les bouches. C’est à croire que le simple fait de croiser quelqu’un que l’on connaît, ne serait-ce que de vue, nous transforme illico en station de météorologie ambulante. On commente la température, on compare avec les années précédentes et malgré les 3° C matinaux en ce mois de février, on termine inévitablement par « Eh oui, que voulez-vous, il n’y a plus de saisons ! ».

 

Et quand deux mères de famille se croisent au supermarché ? Que se racontent-elles ?

 

- Bonjour Madame Planchon.

- Oh bonjour Madame Dubois.

- On fait ses courses ?

- Eh oui. Il faut bien alimenter la petite famille.

- Eh oui. Pareil pour moi. Ils ont toujours faim.

- Eh oui. Et ça coûte cher hein ?

- Eh oui. Et ça prend du temps.

- Eh oui. Et on ne sait plus quoi leur faire à manger.

- Eh oui. Et tous les jours c’est pareil.

- Eh oui. Allez, bonne journée Madame Dubois.

- Merci, vous aussi Madame Planchon.

 

C’est étrange comme l’on se sent obligé de dire quelque chose lorsque l’on rencontre quelqu’un. Et même si j’en suis consciente, je suis la première à le faire. Cela me rappelle une réponse que m’a faite un jeune du village, alors qu’il transportait du bois devant sa maison. « Alors, tu travailles ? » lui ai-je demandé gentiment en passant près de lui. Réponse avec un large sourire : « Non, je fais une partie de tennis ». Question bête, réponse idem.

 

Ces questions à réponses évidentes (sauf fantaisie fort bienvenue d’ailleurs en ce qui me concerne) tendraient à simplement démontrer que l’on porte un intérêt à la personne croisée. Mais même si tout ceci part d’un bon sentiment, cela en devient parfois un peu agaçant. Je me souviens que lorsque je faisais les travaux de ma maison, si j’avais un sac de ciment dans les bras, il y avait toujours quelqu’un pour me dire : « Alors, on fait du ciment ? ». Si c’était un pinceau : « Alors, on peint ? ». Et si j’étais blanche de poussière des pieds à la tête : « Alors, on ponce ? ». Eh oui… Je ponce donc je suis…

 

Certes, nous n’allons pas philosopher dès la moindre rencontre mais il est cependant un peu tristounet de connaître à l’avance le contenu d’une conversation que l’on n’a pas encore eue…

 

Eh oui mes bonnes gens…


 

Copyright © 2008 Martine Rousset