- Je te préviens Brigitte, ma mère vient dîner ce soir mais tu peux être certaine qu’elle va nous casser les pieds. Elle voudrait tellement me voir casé… Et puis, ma mère est envahissante… Déclara Pierre en soupirant.
- Tant que ça ?
- Oh oui, elle n’a qu’un fils et elle ne vit que pour lui. Toujours aux petits soins, toujours inquiète… Pas facile à vivre, crois-moi.
- Cela doit te changer depuis que l’on partage cet appartement !
- Plutôt oui. Tu sais qu’une nuit, alors que je me suis levé pour aller boire un verre d’eau, quand je suis retourné me coucher, mon lit était fait… Alors, si elle sait que notre co-location a abouti à une aventure sentimentale, elle ne va plus nous lâcher.
- Chut ! La voilà. J ’entends des bruits de talons sur le pallier.
A peine Brigitte eut-elle terminé sa phrase que la sonnerie de la porte retentit. Pierre n'eut pas le temps d'ouvrir la porte que sa mère, un grand sac à la main, se jeta sur lui avec effusion.
- Oh mon chéri ! Tu n'as pas mauvaise mine ! J'avais si peur que tu ne t'en sortes pas sans moi ! Tiens, je t'ai apporté plein de choses que tu aimes. De la confiture de figues aux noix, une barquette de mes fameuses tomates farcies dont tu raffoles...
Elle se tut et se détacha brusquement de Pierre dès qu’elle aperçut Brigitte. Elle la détailla de la tête aux pieds. La jeune femme, un peu mal à l’aise, s’approcha d’elle et lui serra la main en souriant.
- Bonjour Mademoiselle, lui dit la mère, vous êtes très jolie.
- Merci Madame. Rentrez donc dans le salon. Installez-vous pendant que Pierre vous servira un verre de Porto. Je vais chercher les amuse-gueules, j’arrive.
Les laissant seuls, elle disparut dans la cuisine.
La mère baissa la voix et chuchota à son fils :
- Elle est bien cette petite. Dis-moi la vérité mon chéri… Elle et toi ?
- Ah non Maman , tu ne vas pas commencer ! Il n’y a rien entre nous. Nous partageons juste le loyer, c’est tout.
Elle n’eut pas le temps de répondre car Brigitte revenait, un plateau chargé de toasts, d’olives et de chips dans les mains.
- Quel magnifique plateau ! S’exclama la mère.
- Je l’aime beaucoup en effet. Un souvenir de voyage.
Le repas se déroula ensuite dansla suspicion. La mère observa les jeunes gens et mangea du bout des dents tout en étant à l’affût du moindre signe de connivence entre eux.
Quand il rentra après l’avoir raccompagnée à la gare, Pierre s’affala sur le canapé en soufflant de soulagement.
- Bon, ça, c'est fait. Pas trop éprouvant Brigitte ?
- Mais non, ne t'inquiète pas. Elle t'aime, c'est tout. Dis, tu n'aurais pas vu le plateau ? Je ne le trouve plus...
Pierre fronça les sourcils. Non, il ne l’avait pas vu… Sa mère ? Cela ne pouvait être qu’elle. Il ne savait pas pourquoi mais il était persuadé qu’elle avait subtilisé le plateau. Que pouvait-elle donc manigancer ?
Le lendemain, après avoir cherché en vain le plateau dans toute la maison, il décida de lui téléphoner :
- Maman , n’aurais-tu pas, sans t’en rendre compte, par inadvertance, pris le plateau de Brigitte dans ton sac en partant ?
Tout en ricanant, elle riposta du tac au tac :
- Si Brigitte avait passé la nuit dans son lit, elle y aurait trouvé son plateau…
- Maman ! S’écria-t-il offusqué. Tu te mêles de ce qui ne te regarde pas ! A présent, cela suffit. J’arrive. Nous devons avoir une conversation tous les deux.
- Tu viens quand ?
- Je prends le prochain train. A tout à l'heure.
Et il raccrocha, tremblant de colère.
Imperturbable, sa mère se contenta de téléphoner à la SNCF :
- Bonjour Monsieur. Pourriez-vous me dire à quelle heure arrive le train de mon fils ?
- Oh mon chéri ! Tu n'as pas mauvaise mine ! J'avais si peur que tu ne t'en sortes pas sans moi ! Tiens, je t'ai apporté plein de choses que tu aimes. De la confiture de figues aux noix, une barquette de mes fameuses tomates farcies dont tu raffoles...
Elle se tut et se détacha brusquement de Pierre dès qu’elle aperçut Brigitte. Elle la détailla de la tête aux pieds. La jeune femme, un peu mal à l’aise, s’approcha d’elle et lui serra la main en souriant.
Les laissant seuls, elle disparut dans la cuisine.
Le repas se déroula ensuite dans
- Bon, ça, c'est fait. Pas trop éprouvant Brigitte ?
- Mais non, ne t'inquiète pas. Elle t'aime, c'est tout. Dis, tu n'aurais pas vu le plateau ? Je ne le trouve plus...
Pierre fronça les sourcils. Non, il ne l’avait pas vu… Sa mère ? Cela ne pouvait être qu’elle. Il ne savait pas pourquoi mais il était persuadé qu’elle avait subtilisé le plateau. Que pouvait-elle donc manigancer ?
Le lendemain, après avoir cherché en vain le plateau dans toute la maison, il décida de lui téléphoner :
- Je prends le prochain train. A tout à l'heure.
Et il raccrocha, tremblant de colère.
- Bonjour Monsieur. Pourriez-vous me dire à quelle heure arrive le train de mon fils ?
Elle ne comprit pas ce que lui répondit l’employé apparemment agacé, mais elle aurait probablement le temps de préparer une tarte au citron, le dessert préféré de Pierre…
Copyright © 2008 Martine Rousset









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