Je ne sais pas si pour vous c'est pareil, mais moi j'aime bien. Cela remplit les vides des silences incongrus. Cela comble les langueurs des riens à entendre. Cela évite le vertige du vide d’entre les mots.
On suspend l’ennui d’une atmosphère trop plate. On s’accroche à quelques paroles superflues et on s’attarde avec délice sur une pensée de passage.
Ce sont ces moments qui permettent à certaines choses ou certaines idées de sortir de leur néant abyssal. Il serait parfois dommage de passer à côté…
Par exemple, avez-vous pensé à vous pencher un jour sur la vie d’un trombone ? Pas à coulisse. Un trombone, du genre rien de plus classique.
Agglutiné à ses semblables par paquets de 100 ou de 1000, il s’accroche parfois à son voisin. Peut-être cherche-t-il à changer le cours de son destin ? Ne pas être seul à relier quelques feuilles ? Certains trombones ont probablement plus de chance que d’autres. Celui qui servira à relier les feuilles griffonnées par un poète aura probablement vie plus riche que celui qui assemblera les feuilles des contribuables sur le bureau d’un fonctionnaire.
Et le trombone de couleur ? Dure vie que celle du trombone noir… Personne n’en veut et on ne l’utilise que lorsque tous les gais jaunes, rouges, bleus ou verts sont déjà en poste au coin d’une pile de pages. Terrible.
Autre sujet fort intéressant qui mérite que l’on s’y arrête un instant : le tapis. Foulé et refoulé par des pieds assassins, a-t-on déjà imaginé ses souffrances une seule seconde ? Couchez-vous sur le tapis du salon et plaquez votre oreille contre lui lorsque quelqu’un passera… Vous l’entendrez exprimer sa douleur par un crissement de ses fibres. Vous entendrez également tous les acariens et toutes les acariennes qui vont danser et chanter sous les chaussons. Insoutenable.
Et le croissant au beurre ? Probablement fier de son statut de croissant au beurre face aux vulgaires croissants ordinaires entassés dans le panier voisin, il brandit noblement ses deux pointes croustillantes. Oui mais… Et si personne n’en veut ? Si par manque de chance, tous les croissants au beurre ont été vendus sauf celui-là ? Le lendemain, tout racorni, tout desséché, le beurre rance et triste, il finira au rabais dans la panière de la honte s’il ne termine pas sa vie dans la gueule d’un chien de passage. Pourvu que ce soit un chien de race (un dobeurreman peut-être ?), le déshonneur sera moindre. Insupportable.
Et l’écran de télévision ! Une horreur que cette vie-là ! Toujours des yeux posés sur lui. Figé et obligé de se plier à l’index zappeur du propriétaire des yeux. Forcé également de renvoyer fidèlement ce que la parabole lui transmet. Pas le droit àla fantaisie. Contraint de suivre la Star Ac ’, toutes les horreurs du monde au journal de 20 heures et les incursions passionnantes dans la France profonde de 13 heures !… Et après, on s’étonne que de temps en temps, il y en ait un qui se suicide par implosion. Intolérable.
Et la chaise ! Hein la chaise ! Vous y avez pensé à la chaise ? Il faut y penser à la chaise ! Vindiou quel calvaire ! Supporter toutes ces paires de fesses ! Parce que la chaise, même si elle accueille une belle paire de fesses, elle s’en fiche, la chaise ! Et la limitation de vitesse qui n’en finit plus de se limiter d’année en année ! Avez-vous pensé à ces moustiques dépressifs qui ne parviennent même plus à se suicider avec efficacité en se jetant sur les pare-brises des voitures ! Le monde est aujourd’hui peuplé de moustiques handicapés ! Vous ne le saviez pas hein ? Et les chaussettes ? Avez-vous songé qu’une chaussette ne pourra jamais rencontrer une tong ? Et… Bon, stop. Je m’emballe. C’est cela quand on est passionné par le sujet…
Par exemple, avez-vous pensé à vous pencher un jour sur la vie d’un trombone ? Pas à coulisse. Un trombone, du genre rien de plus classique.
Autre sujet fort intéressant qui mérite que l’on s’y arrête un instant : le tapis. Foulé et refoulé par des pieds assassins, a-t-on déjà imaginé ses souffrances une seule seconde ? Couchez-vous sur le tapis du salon et plaquez votre oreille contre lui lorsque quelqu’un passera… Vous l’entendrez exprimer sa douleur par un crissement de ses fibres. Vous entendrez également tous les acariens et toutes les acariennes qui vont danser et chanter sous les chaussons. Insoutenable.
Et le croissant au beurre ? Probablement fier de son statut de croissant au beurre face aux vulgaires croissants ordinaires entassés dans le panier voisin, il brandit noblement ses deux pointes croustillantes. Oui mais… Et si personne n’en veut ? Si par manque de chance, tous les croissants au beurre ont été vendus sauf celui-là ? Le lendemain, tout racorni, tout desséché, le beurre rance et triste, il finira au rabais dans la panière de la honte s’il ne termine pas sa vie dans la gueule d’un chien de passage. Pourvu que ce soit un chien de race (un dobeurreman peut-être ?), le déshonneur sera moindre. Insupportable.
Et l’écran de télévision ! Une horreur que cette vie-là ! Toujours des yeux posés sur lui. Figé et obligé de se plier à l’index zappeur du propriétaire des yeux. Forcé également de renvoyer fidèlement ce que la parabole lui transmet. Pas le droit à
Et la chaise ! Hein la chaise ! Vous y avez pensé à la chaise ? Il faut y penser à la chaise ! Vindiou quel calvaire ! Supporter toutes ces paires de fesses ! Parce que la chaise, même si elle accueille une belle paire de fesses, elle s’en fiche, la chaise ! Et la limitation de vitesse qui n’en finit plus de se limiter d’année en année ! Avez-vous pensé à ces moustiques dépressifs qui ne parviennent même plus à se suicider avec efficacité en se jetant sur les pare-brises des voitures ! Le monde est aujourd’hui peuplé de moustiques handicapés ! Vous ne le saviez pas hein ? Et les chaussettes ? Avez-vous songé qu’une chaussette ne pourra jamais rencontrer une tong ? Et… Bon, stop. Je m’emballe. C’est cela quand on est passionné par le sujet…
Ceci dit, comme le disait Pierre Dac à propos de la politique, parler pour ne rien dire et ne rien dire pour parler sont les deux principes majeurs de tous ceux qui feraient mieux de la fermer avant de l'ouvrir. Alors je
Copyright © 2008 Martine Rousset








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