Humeur du jour ? « Au secours », « en colère », « maussade », « rebelle » et « tendre ». Un mélange de tout cela, pour vous Madame Ingrid Bétancourt.
Quand certains se perdent dans les protocoles et les salamalecs auxquels je faisais allusion hier, se questionnant sur une piètre révérence que l’on doit faire ou ne pas faire, d'autres, comme vous Madame, attendez quelque part dans l’impuissance face au mépris des hommes qui vous retiennent. La révolte s’endort, hélas, emportant avec elle vos dernières forces.
Je pense à vous Madame qui êtes otage depuis plus de six années. Aucune âme ne mérite d'être la caution d'une autre. Où devrait s'arrêter la liberté ? Nous le savons tous mais certains d'entre nous l'oublient parfois.
J'ai lu les passages de la lettre que vous avez écrite à votre famille. J'en ai été profondément bouleversée. A chaque ligne, j'ai souffert avec vous. A chaque mot, j'ai aimé avec vous. A chaque paragraphe, j'ai osé espérer avec vous. L'espoir a des tiroirs que nous ouvrons mais que d'autres, parfois, referment à notre place. Ceux qui détiennent dans leurs mains des vies qui ne leur appartiennent pas.
Beaucoup s'agitent pour vous. Des battements d'ailes contre la tempête dont chacun est un mot d’humanité... Dans l’espoir qu’ils ne seront pas vains.
Vous ne saurez pas que je pense à vous, Madame, mais il me semblait important de le dire. Pour ne pas avoir honte. Les silences rongent. J’ai été la 560 972ème à signer la pétition de votre maman. Cela ne me donne même pas bonne conscience. Je suis libre et vous ne l’êtes pas. Je pense à vous, Madame, et à tous ceux qui, comme vous, vivent la mort à chaque seconde sans n’y rien pouvoir faire qu’attendre.
Quand certains se perdent dans les protocoles et les salamalecs auxquels je faisais allusion hier, se questionnant sur une piètre révérence que l’on doit faire ou ne pas faire, d'autres, comme vous Madame, attendez quelque part dans l’impuissance face au mépris des hommes qui vous retiennent. La révolte s’endort, hélas, emportant avec elle vos dernières forces.
Je pense à vous Madame qui êtes otage depuis plus de six années. Aucune âme ne mérite d'être la caution d'une autre. Où devrait s'arrêter la liberté ? Nous le savons tous mais certains d'entre nous l'oublient parfois.
J'ai lu les passages de la lettre que vous avez écrite à votre famille. J'en ai été profondément bouleversée. A chaque ligne, j'ai souffert avec vous. A chaque mot, j'ai aimé avec vous. A chaque paragraphe, j'ai osé espérer avec vous. L'espoir a des tiroirs que nous ouvrons mais que d'autres, parfois, referment à notre place. Ceux qui détiennent dans leurs mains des vies qui ne leur appartiennent pas.
Vous ne saurez pas que je pense à vous, Madame, mais il me semblait important de le dire. Pour ne pas avoir honte. Les silences rongent.
« Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car, ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer, au moins, libre de désirs. » (Ingrid Bétancourt)
Copyright © 2008 Martine Rousset








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