J’ai fait un cauchemar cette nuit. Une histoire sordide de voiture récalcitrante…
Il est tard et tous les chats sont gris. Je presse le pas dans la nuit glaciale en direction de ma voiture garée un peu plus loin. Un loup hurle (ça, c’est pour l’ambiance).
De mes doigts gelés, je cherche les clefs au fond de ma poche quand une voix surgit soudain de nulle part :
- Veuillez prononcer votre code secret.
Je recule prudemment d’un pas.
- Veuillez prononcer votre code secret, répète la voix.
Je réalise, saisie, que la voix provient de ma voiture. Je me pince. Aïe. Je ne rêve pas. Ben si ! Ben non, dans mon rêve, je ne rêve pas.
Je demande timidement :
- Quel code secret ?
- Veuillez parler dans le rétroviseur.
J’obtempère et je demande à nouveau en apercevant en louchant mon nez en gros plan dans la glace :
- Quel code secret ?
- Veuillez prononcer le code secret qui déclenchera le mécanisme d’ouverture de votre portière.
Il est presque minuit et les hurlements d’un deuxième loup rejoignent le premier. La rue est déserte.
J’approche à nouveau ma bouche du rétroviseur :
- Où je le trouve le code secret ?
- Ne parlez pas si près du rétroviseur, la buée brouille la réception du microphone. La distance entre votre bouche et la glace doit être de 17 cm.
J’ai un iceberg dans le dos et un pain de glace dans chaque chaussure. Je grelotte. Je voudrais dormir. J’évalue approximativement les 17 cm requis et je m’adresse à la voix :
- Vous m’entendez là ?
- Ne criez pas, votre voix ne doit pas dépasser 60 décibels.
Je fulmine mais je veux rentrer dans ma voiture. Je prends une longue inspiration et tout en baissant ma voix d’un ton, je réitère :
- Où je le trouve le code secret ?
- Si vous avez oublié votre code secret, veuillez alors approcher votre œil gauche du clignotant arrière droit, un capteur vous identifiera.
Je contourne ma voiture et accroupie sur la chaussée, j’obéis.
- Ceci est votre œil droit. Le gauche est celui qui, actuellement, est à côté de l’autre. Pour plus d’information, veuillez prononcer distinctement les mots « Info œil ».
J’ai si froid que la présence d’un ours blanc sous un porche ne me surprend pas. Une meute entière de loups s’est mise à hurler.
(à suivre)








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