- La Faucheuse c’est donc vous… Fâcheuse faucheuse… Si moi je tue un homme, je suis un assassin… Vous, vous tuez l’humanité et on vous craint… Génocide légitime…
- Ne plaisantez pas Loup. De plus, je suis venue vous chercher.
Il sentit son sang se glacer et fut pris d’un vertige soudain.
- Pourquoi moi ? Balbutia-t-il.
- Pourquoi pas vous ?
Loup avait peur. Les bruits du monde glissaient à présent sur lui sans l’atteindre. Il savait désormais qu’il était le seul à connaître ce sinistre instant. Seul, face à l’inexorabilité d’une issue que cette apparition lui rappelait cruellement. Il était encore un être vivant mais il était enclin à devenir un être mourant.
- Disparaissez ! Cria-t-il soudain.
- Non.
- Je n’ai pas trente ans ! Laissez-moi une chance au moins !
- Non.
- N’y a-t-il pas une solution pour vous échapper ?
- Non.
Chaque « non » était un clou.
Il pensa alors à Emma dont les avances lui faisaient si peur. Elle ne le reverrait plus. Ses mots d’amour resteraient suspendus dans le néant. Il n’avait pas répondu à son message de rendez-vous, néanmoins, il lui semblait bien qu’il l’aimait. Mais il n’en était pas certain. Il ne le saurait jamais. Jamais. « Jamais » est un mot sans écho. « Jamais » est un mot qui ne rebondit pas quand l’espoir s’est éteint. Pourtant, il avait rédigé un message pour lui répondre : « Ok ». Deux lettres restées enfouies dans la mémoire de son téléphone. Il glissa une main dans la poche de sa veste et sentit le rectangle dur dépositaire d’une voyelle et d’une consonne. Il passa son pouce sur le clavier. Il le connaissait par cœur…
Lorsque Emma reçut le message, Loup revenait déjà sur ses pas pour se diriger vers le lieu de leur rendez-vous. Il souriait de son audace, s’étonnant d’avoir osé.
Il y avait une solution et elle s’appelait le destin. Ce destin qui ne le fit pas franchir cette avenue qui portait en elle son ultime seconde. Le fourgon passa normalement et le chauffeur n’eut pas à tenter d’éviter en vain ce jeune homme qui traversait distraitement. Le regard bleu glacial s’était détourné de Loup et considérait une autre âme, ailleurs, on ne sait où. Loup l’avait oublié, effacé. Il ne le sut pas mais son audace le sauva. Pour un temps en tout cas.
Chaque « non » était un clou.
Il pensa alors à Emma dont les avances lui faisaient si peur. Elle ne le reverrait plus. Ses mots d’amour resteraient suspendus dans le néant. Il n’avait pas répondu à son message de rendez-vous, néanmoins, il lui semblait bien qu’il l’aimait. Mais il n’en était pas certain. Il ne le saurait jamais. Jamais. « Jamais » est un mot sans écho. « Jamais » est un mot qui ne rebondit pas quand l’espoir s’est éteint. Pourtant, il avait rédigé un message pour lui répondre : « Ok ». Deux lettres restées enfouies dans la mémoire de son téléphone. Il glissa une main dans la poche de sa veste et sentit le rectangle dur dépositaire d’une voyelle et d’une consonne. Il passa son pouce sur le clavier. Il le connaissait par cœur…
Lorsque Emma reçut le message, Loup revenait déjà sur ses pas pour se diriger vers le lieu de leur rendez-vous. Il souriait de son audace, s’étonnant d’avoir osé.
Il y avait une solution et elle s’appelait le destin. Ce destin qui ne le fit pas franchir cette avenue qui portait en elle son ultime seconde. Le fourgon passa normalement et le chauffeur n’eut pas à tenter d’éviter en vain ce jeune homme qui traversait distraitement. Le regard bleu glacial s’était détourné de Loup et considérait une autre âme, ailleurs, on ne sait où. Loup l’avait oublié, effacé. Il ne le sut pas mais son audace le sauva. Pour un temps en tout cas.
FIN
Copyright © 2008 Martine Rousset









> Lire le commentaire