Vous n’en avez pas marre de faire agréer l’expression de vos respectueuses salutations à des illustres inconnus ? Les français sont vraiment des accros de la formule de politesse pompeuse… Sentiments distingués, considération distinguée, salutations les plus respectueuses… N’en jetez plus, la cour est pleine !
Il est certain que vous n’allez pas terminer par « Bisous » une lettre destinée à votre inspecteur des impôts mais de là à lui faire agréer l’expression de vos sentiments distingués…
Décomposons la formule.
Veuillez : du verbe « veuilloir », tout le monde le sait…
Agréer : Bien vouloir ou accepter.
Expression : Manifestation d’une pensée.
Sentiment : Disposition ou intention sincère.
Distingué : Qui rend hommage.
Donc, Monsieur l’Inspecteur des Impôts, après vous avoir expliqué en long, en large et en travers, pour la énième fois de surcroît, qu’il est totalement injuste de m’avoir mis des pénalités pour deux jours de retard à mon paiement (et ne me dites pas qu’à ce moment-là, l’encre de votre stylo n’est pas mêlée à quelque animosité), je vous demande d’accepter la manifestation de mon intention sincère à vous rendre hommage. Cela ne fait pas un peu faux jeton non ?…
Elle a également ses pièges. Il est de très mauvais ton qu’un homme prie une dame de recevoir l’expression de ses sentiments distingués. Il parait que la dame pourrait penser qu’on la drague… A cause du mot « sentiments »… En tout cas, celle qui s’imagine qu’on lui fait la cour à la moindre expression de sentiments distingués doit friserla paranoïa. A moins qu’elle ne se pense irrésistible. Peut-être même qu’elle ne lit son courrier qu’une fois maquillée ?
La formule de politesse a aussi sa hiérarchie. On balancera de la considération distinguée à un supérieur, reléguant des salutations respectueuses à un subordonné. Autrement dit, si vous recevez des salutations respectueuses, votre interlocuteur vous considère comme une miette.
Alors, pensons-nous tout ce que nous écrivons ? En tout cas, une chose est certaine, la politesse nous empêche d'écrire ce que nous pensons. Et finalement, c'est peut-être plus raisonnable si on attend de son inspecteur des impôts qu'il oublie nos pénalités de retard.
Il est certain que vous n’allez pas terminer par « Bisous » une lettre destinée à votre inspecteur des impôts mais de là à lui faire agréer l’expression de vos sentiments distingués…
Décomposons la formule.
Veuillez : du verbe « veuilloir », tout le monde le sait…
Sentiment : Disposition ou intention sincère.
Distingué : Qui rend hommage.
Donc, Monsieur l’Inspecteur des Impôts, après vous avoir expliqué en long, en large et en travers, pour la énième fois de surcroît, qu’il est totalement injuste de m’avoir mis des pénalités pour deux jours de retard à mon paiement (et ne me dites pas qu’à ce moment-là, l’encre de votre stylo n’est pas mêlée à quelque animosité), je vous demande d’accepter la manifestation de mon intention sincère à vous rendre hommage. Cela ne fait pas un peu faux jeton non ?…
Elle a également ses pièges. Il est de très mauvais ton qu’un homme prie une dame de recevoir l’expression de ses sentiments distingués. Il parait que la dame pourrait penser qu’on la drague… A cause du mot « sentiments »… En tout cas, celle qui s’imagine qu’on lui fait la cour à la moindre expression de sentiments distingués doit friser
La formule de politesse a aussi sa hiérarchie. On balancera de la considération distinguée à un supérieur, reléguant des salutations respectueuses à un subordonné. Autrement dit, si vous recevez des salutations respectueuses, votre interlocuteur vous considère comme une miette.
Alors, pensons-nous tout ce que nous écrivons ? En tout cas, une chose est certaine, la politesse nous empêche d'écrire ce que nous pensons. Et finalement, c'est peut-être plus raisonnable si on attend de son inspecteur des impôts qu'il oublie nos pénalités de retard.
Copyright © 2008 Martine Rousset








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