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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 31 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

- Dis Maman, c’est loin le Paradis ?

- Assez oui, ma fille…

- Comme Bastia-Casamozza ?

- On ne sait pas en fait, personne n’en est jamais revenu.

- Mais ils y vont comment les gens ?

- Euh… J’en sais rien. Avec des anges sûrement.

- Ça existe un ange ? T’en as déjà vu en vrai ?

- En vrai non. Ça doit bien exister pour emmener les gens au Paradis.

- Et Dieu, c’est le patron hein ?

- Tout à fait ma chérie.

- C’était qui la mère de Dieu ? Tu la connais ?

- C’est la Vierge Marie mais je ne la connais pas personnellement.

- Faut faire quoi pour aller au Paradis ?

- Il faut être sage et bon…

- Ça compte les bêtises à l’école ?

- Pourquoi toutes ces questions ?

- Je veux une console de jeu pour mon anniversaire. Tu crois qu’il sera d’accord Dieu ?

- Eh bien, il faudrait lui demander…

- Et toi ? T’en penses quoi ?

- Si il a su que tu avais enfermé Julie pendant deux heures dans les toilettes parce qu’elle ne voulait pas jouer à la marelle, que tu avais dégonflé les pneus de la voiture de ton institutrice parce que tu avais eu un zéro en dictée et que tu avais mis les petits pois dans les poches de la veste du surveillant à la cantine…

- Tu sais bien que j’aime pas les petits pois ! Il m’obligeait à les manger.

- Oui mais n’empêche que si Dieu sait tout cela, tu n’auras pas de console de jeu !

- Maman ?

- Oui ! Quoi encore ?

- Je voudrais aller à l’église. C’est moins loin que le Paradis.

- Ah ! Enfin une bonne parole ma fille ! D’accord. Je dois aller l’épicerie à côté de l’église, je t’y laisserai quelques minutes le temps de faire quelques courses.

 

Comme convenu, la mère laissa sa fille entrer dans l’église et se rendit dans le petit commerce à deux pas de l’édifice.

 

La petite pénétra dans l’allée entre les bancs et aperçut une petite statue de la Vierge dans l’une des chapelles latérales. Elle jeta un regard circulaire, ne vit personne et en un éclair, courut s’emparer de la statue. Elle la cacha sous son manteau et attendit sa mère, l’air angélique, assise sur les marches de l’église.

 

- Ça y’est ? Tu as prié ?

- Oui Maman.

- C’est bien ma fille. Je suis fière de toi.

- Je l’aurai ma console ?

- Ecris donc une lettre à Dieu et demande lui toi-même ! Tu verras si il t’as entendue.

 

La petite fille rentra chez elle, s’enferma dans sa chambre, sortit la statuette et la cacha sous son matelas. Puis, elle arracha une feuille à son cahier de calcul et écrivit :

 

« Monsieur Dieu, Je vous préviens que j’ai votre mère. Si vous voulez la revoir, envoyez-moi ma console. »



Copyright © 2008 Martine Rousset