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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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tassuad : tes photos top !!!
tassuad : tes photos top !!!
bravo : quel talent tassuad !!!
Rencart : On espére qu'elle va retrouver A paddulela à Moriani le 11
tassuad : quelle équipe ou quelle équipée?
Ausecours : vite il faut enlever tous les panneaux avant que Martine revienne!
Owlette : attention de ne pas trop te pencher c'est haut!
Georges C. : Même à Grevin, il n'est pas de marbre
Miso : Ppoint ? Y a le point basta, aussi !
Très sain : Saint Tr(e guéri
Saint Tre : Trop bon, le Desproges. Merci Martine.
Musa : On parle de toi dans musanostra, rencontre 4
Un pote : Toutes les taxes font chier tout le monde... même celle d'habitafion.
abbé froid : paix à son âme
abbé froid : paix à son âme
abbé froid : paix à son âme
l'abbé zef : à ne pas confondre avec le pet de nonne
L'Abbé Bêt : Qui monte, qui monte, qui monte...
L'abbé Gay : Je fais du vélocypède avec l'Abbé Quille.
RENCARD : Le 12 septembre chez TOURISTRA (ex CNRO) à TAGLIO ISOLACCIO avec Ugo Pandolfi et Olivier Collard. Emmenez vos maillots, on sera au bord de la piscine.
con pote : une bonne pomme
Chicon : con bon comme la romaine et chiant qui fait des salades.
Abscons : unconpris vaut mieux quer tu l'auuras.
Vieux con : Ce con plisse avec l'âge
con sultan : possède un harem de concubines.
Bas con : manque de cul haut au con bas.
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con tenté : drague incertaine
Conchita : Guenon idiote espagnole
Con cave : con honnête voûté
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Publié le 21 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique

Moi, c’est Youki et j’ai trois ans. Youki, épagneul bretonnant par ma mère. Mon père reste un mystère. Probablement un frisé aux oreilles dressées vu mes bouclettes et mon oreille droite. La gauche, c’est celle de ma mère. Tombante et frémissante. J’ai également hérité de ma mère l’art de l’arrêt. Mes arrêts sur les mouches sont une pure merveille et d’une efficacité absolue. Aucune ne me résiste. J’observe d’ailleurs le même don chez mon humain quand une humaine traverse son champ de vision. Serions-nous cousins ? Enfin, mes humains sont des gens sympas, un peu encombrants mais sympas.

 

Le matin, c’est mon humaine qui me réveille. Elle m’extrait du canapé avec douceur en me disant invariablement « Qu’est-ce que tu fais là ? Si ton père te voyait ! Descend tout de suite ! ». Mon père ! Comment connaîtrait-elle mon père ? Je sais très bien qu’elle cherche simplement à me faire peur. Or, cela me laisse de marbre. Mais je descends. Il est hors de question que je contrarie celle qui est rattachée aux mains qui ouvrent mes boîtes de Canigou. Je descends, je m’étire, je fais quelques pas et je me recouche sur le tapis du salon jusqu’à ce que mon humain claironne « Allez Youki ! Au pissou ! ». J’ignore ce qu’est le « pissou » pour un humain mais il est en tout cas un sésame qui m’ouvre la porte d’entrée. J’adore ce moment où les odeurs de la nuit sont encore suspendues aux lauriers roses et aux enjoliveurs des voitures de la résidence. Parfois je croise Nounouche, la petite cocker golden prétentieuse du second, promenant son humaine au bout d’une laisse. Elle n’a pas l’air de vouloir avancer car Nounouche la tire de toutes ses forces, les oreilles balayant le sol et laissant derrière elle deux traînées sur le gravier du parking. Si je dis que Nounouche est prétentieuse, c’est que lorsque je l’approche pour renifler les nouveautés du jour, elle me montre systématiquement les crocs en me tançant d’un regard biaiseur. Je préfère Pèpète la caniche blanche. Elle, au moins, elle ne dit rien vu qu’elle promène son pouic coincé entre ses dents.

Je fais ensuite ma tournée d’odeurs et lève la patte sur chacune d’entre elles. J’aime bien quand ça sent le moi. Ça me rassure.

 

Lorsque j’entends siffler, je dois rentrer. Et même si je traînerais bien encore dans le quartier, j’obtempère. La seule fois où j’ai ignoré le sifflement de mon humain, cela m’a valut la honte de ma vie. Je l’ai entendu arriver derrière moi mais j’ai gardé la truffe collée au pied du réverbère, genre décontracté. Ulysse, le berger allemand du bâtiment D23 promenait son humain en laisse à deux pas de moi et je le faisais bisquer en lui montrant bien que je pouvais renifler à loisir, sans laisse et sans humain à traîner. Et là, vous savez ce qu’il a dit mon humain, juste devant l’autre qui, évidemment, me regardait à ce moment-là ? Il a dit : « Espèce de bâtard, tu vas rentrer ? » Espèce de bâtard… Le mot qui fâche… Le mot qui fait rire les Rintintin à pedigree… Moi l’épagneul bretonnant de l’oreille gauche… Je suis rentré mais une fois à la maison, je lui ai planqué sa basket droite sous le buffet de la cuisine et je suis allé me coucher l’air détaché dans mon panier. Voilà. Fallait pas m’appeler « bâtard » devant le Ulysse des Monts Fleuris de Jouvence, champion de beauté du Périgord. Quelle truffe.

 

S’ensuit une longue journée de farniente pendant laquelle mes humains partent au « sois-sage-on-va-gagner-ta-gamelle-et-ne-grimpe-pas-sur-le-canapé ». Je passe alors du fauteuil au canapé puis du lit au fauteuil et je recommence. Quand j’entends le cliquetis de la clef dans la serrure, je détale vers mon panier où je fais semblant de dormir. C’est l’heure où il est hors de question de contrarier qui que ce soit vu que mon repas arrivera dans le quart d’heure qui suivra. Je leur montre d’ailleurs avec effusion que je suis ravi de les voir, poussant le vice jusqu’à aller chercher leurs chaussons l’un après l’autre. Juste après le « pissou » qui ouvre la porte d’entrée et mon inspection d’odeurs autour de l’immeuble, je rentre au premier sifflet. Ma gamelle est là et elle m’attend. Ça creuse, le reniflage.

 

Un chien de passage invité chez les humains du dernier étage m’a dit un jour qu’il vivait à la campagne, rongeait des os et poursuivait du gibier.  Il y en a qui n’ont vraiment pas de chance. Une vie sans canapé, comment est-ce possible ? Et puis d’abord, c’est quoi du « gibier » ? Et la « campagne » ? Pour l’os, je sais, mon pouic en a la forme…


Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 20 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Dans mon article du 3 janvier dernier, « Quoi de neuf pour 2008 ? », j’avais effleuré le projet lancé par Handi 20 de mobiliser les auteurs de Corsica Polar dans le but d’éditer un recueil de nouvelles « polars ». Ce projet devant aboutir sur une récolte de fonds destinés à l’acquisition de matériel adapté aux personnes handicapées.
 

Depuis, ce projet prend forme et se précise. Les uns et les autres s’investissent à « donf les manettes » et le résultat, alors que le projet n’est lancé que depuis décembre, en est déjà à un stade bien avancé. Comme quoi, quand on veut, on peut. L’appel lancé par Fabrice Albertini, président d'Handi 20 a été entendu puisque 21 auteurs se sont engagés à offrir un peu de leur univers noir :


Fabrice Albertini, Pierre-Paul Battesti, Denis Blémont-Cerli, Jérôme Camilly, Jean -Paul Ceccaldi, Marie-Hélène Ferrari, Claude Ferrieux, Michel Jacquet, Okuba Kentaro, Elisabeth Milleliri, Jacques Mondoloni, Jean-Pierre Orsi, Ugo Pandolfi, Jean-Pierre Petit, Danièle Piani, Jean-Michel Raffalli, Martine Rousset,  Jean-Pierre Santini, Arlette Shleifer, Jeanne Tomasini et Jean-Louis Vassallucci. Ajoutons à cette liste un 22ème auteur : un certain Guy de Maupassant…
 

La plupart ont déjà remis leurs textes. Il ne reste à ceux qui ne l’ont pas encore fait que deux semaines pour préméditer leur crime. Ça, c’était juste pour leur mettre la pression… Facile de mettre la pression quand sa propre nouvelle attend sagement dans les colonnes de son blog depuis déjà longtemps…
 


Quant au titre, ce sera vraisemblablement : « Noirs de Corse – Piccule Fictions ».

 

Le tout devrait paraître en juillet prochain. Les souscriptions sont d'ores et déjà ouvertes.

 

Et en pensant tendrement à toutes les Zab du monde (cf.  Lettre à une amie), je croise les doigts pour que Noirs de Corse  soient 21  bonnes raisons d’être comme tout le monde.

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 19 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

Videz nos sacs et vous saurez qui nous sommes. Chacune d’entre nous possède un sac, cette « chose » dans laquelle nous transportons notre vie. A chacune le sien. Petit ou grand, à dos ou à main, je crois bien que celui qui y plonge son nez sait à qui il a affaire.

 

Attention, ne croyez surtout pas que notre sac contient de l’inutile. Pas du tout… Le mien est très fonctionnel par exemple. Tout est utile. Pas nécessairement utilisé mais utile… Là, je vous entends marmonner, curieux et presque agacés : « Elle va nous le dire ce qu’elle a dans son sac au lieu de philosopher dans le vide ? ». Eh bien oui, je vais vous le dire.

 

Je passe sur les classiques du style carte bancaire, carte Vitale, papiers d’identité en tout genre, agenda et porte-monnaie qui sont le tronc commun de tous les sacs. Le mien, hormis ces classiques incontournables, renferme des accessoires dont pour rien au monde je ne pourrais me séparer.

Tout d’abord, mon appareil photo numérique. Par bonheur, il ne s’agit plus de ces appareils photographiques sur pied desquels sortait un petit oiseau mais d’un appareil de taille raisonnable. Bien évidemment, je transporte également deux piles de rechange (en plus des deux insérées) et son cordon ombilical des fois qu’une urgence m’oblige à retoucher une photo sur un ordinateur de passage avant d’être rentrée à la maison (cela n’est jamais arrivé mais on ne sait jamais).

Ensuite, on y trouve non pas un carnet de notes mais deux. Le second ne servira que lorsque le premier sera entièrement noirci d’idées vagabondes surgissant sans prévenir.

Après cela, vous avez la bobine de fil et l’aiguille (au cas où toujours et encore), les clefs importantes (bien que l’importance de certaines d’entre elles m’ait totalement échappé aujourd’hui et que j’ignore complètement quelle serrure elles peuvent bien ouvrir…), deux stylos (on double toujours les stylos en supposant que l’un peut être défaillant), une clé USB (mon deuxième cerveau) et enfin, symbole des symboles féminins, une lime à ongle.

 

Je me suis toujours demandé comment les hommes pouvaient vivre sans sac à main. Comment font-ils donc ? Mais oui, suis-je bête, ils se servent dans celui de leur moitié. Et en plus ils rouspètent… Quant à ceux sans moitié, peut-être possèdent-ils un « baise-en-ville » ? Mais alors, que peuvent-ils bien y mettre ?

  

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 18 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

Deux regards se croisent, s’intéressent. Une émotion court alors sur un fil imperceptible, s’étirant en fines gouttelettes étonnées. Attirance de quatre yeux le temps d’une fraction de seconde pendant laquelle le monde n’existe plus. Juste les yeux de l’autre dans lesquels chacun décèle un je-ne-sais-quoi, un quelque chose, un peut-être. Regard fugace inoubliable parce qu’intense. Trouble indicible. Mise à nu de chacun. Puis le monde se redessine tout autour d’eux et existe à nouveau. L’instant est passé et seul son souvenir leur appartient.

 

Un regard de détresse qui vous accroche. Lorsque les yeux resteront baissés, il sera trop tard. L’abandon aura absorbé l’énergie chétive qu’il restait à l’appel. Cette âme au regard perdu sera encore là mais elle aura renoncé.

 

Regard inquisiteur parfois gênant, qui cherche et qui creuse l’autre. Regard acéré qui entaille et dérange. Regard interrogateur et affamé qui attend d’être rassasié. Les yeux chargés de questions hèlent l’autre, figés et arrondis par l’expectative de laquelle ils veulent s’échapper.  Regard amusé et plissé, sans rien attendre sinon de l’être souvent. Regard haineux qui, par son intensité, croit détruire ou effacer l’autre. Regard vissant. Regard fuyant qui s’échappe sans affronter, sans transmettre. Par crainte ou par mépris.

 

Regard virgule, regard apostrophe, regard exclamation, regard interrogation, regard suspension. Regards ponctuant qui en disent long sans un mot. Regards que nous tentons de décrire en vain. Regards dont l’incommensurabilité échappe à la plume.

  

 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 17 janvier 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre

Quand je regarde par la fenêtre de mon blog et que je soulève le ravissant petit rideau « bonne femme » que j’y ai accroché, je vois passer des têtes que je connais. Certains laissent des traces de leur passage en semant quelques lignes de commentaires ou quelques mots dans la tribune libre. Même si je ne réponds pas souvent aux commentaires (je ne peux pas tout faire ! Il faut bien que je ramène quelques noisettes à la maison aussi…), je ne suis jamais bien loin et combien de fois me suis-je tordue de rire en me disant que le mosquito delirium en avait piqué quelques autres…

 

Je peux mettre un nom sur une vingtaine de visiteurs mais… les autres ? Qui sont-ce ? Qui êtes-vous ? Vous les silencieux… J’admets cependant que de laisser un commentaire sur le mosquito delirium n’est pas d’une évidence absolue… C’est donc peut-être un peu aussi de ma faute…

 

Ce blog, c’est une pièce supplémentaire de ma maison. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas besoin d’y faire le ménage. L’aspirateur ne sert à rien puisque les « h » s’aspirent tout seuls. C’est ouvert la nuit comme le jour et l’air y est rafraîchi quotidiennement. De plus, on y entre comme dans un moulin. Et c’est joli un moulin.

 

Je me rends bien compte qu’il y a de plus en plus de visiteurs et je reconnais que parfois, cela m’intimide un peu… Une petite voix intérieure me dit d’y écrire comme si il n’y avait que moi. C’est exactement ce que je continue à faire mais une fois l’article en ligne, je réalise que des paires d’yeux inconnus le parcourent et qui plus est, dans l’ombre. Et là, je rosis…


Mais pourquoi les silencieux sont-ils silencieux ? Juste pour me faire rosir ? 

 
Copyright © 2008 Martine Rousset


 

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