Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Rencard : : Place Foch à Ajaccio les 4, 5 et 6 juillet. Salon du polar et sortie de "Noirs de Corse - Piccule Fictions"...
Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
Owlette : Zab c'est une ode a ton ode qu'il faut faire. L'amour est a chaque ligne. Merci!
Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
503 : Plus que quelques jours pour la souscription...
Roger : ou je tringle ou je me flingue...
483 : Allez faites un effort
1 policier : Je suis pas commissaire comme Flippi mais si Hugues se nomme Capet, il pourrait être le père d'Adrienne... mais on me demmandera pas mon avis...
Juge Epart : Voilà un procés exemplaire qui se profile à l'horizon. Tous suscpects. Sauf bien sur Filippi.
Tripoli : Trois monopolis
PolieTique : Insecte parasite du veau et du mouton de Panurge
Polisson : pratique l'érotisme
Erotisme : Luxure polie
Crocodile : Si Ben a raison, c'est Dali qu'a tort...
Mulot : rat Duchamp
463 : N'attendez plus. Souscrivez maintenant
451 : La souscription pour Noirs de Corse Piccule fictions a besoin de vous
Babar : Je ne suis pas Tarzan pour sauter d'un arbre dans un trou de souris... j'attends un parachute ou l'automne.
Souricette : Babar c pas confortable une feuille viens me rejoindre avant l'automne!
Cancan : Candide? Qu'en dis-tu? Et qu'en dira le qu'en dira-t-on? Qu'en dit le candidat? Qu'en dis-je, moi-même? Il faudrait être candide pour y croire.
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Publié le 29 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Au secours !
Quand nous recevons ces spams rédigés en anglais qui veulent nous vendre la petite pilule bleue miraculeuse (fabriquée on ne sait où ni comment d’ailleurs…) sans savoir qui nous sommes et de quoi les destinataires masculins sont capables, nous les virons immédiatement sans prendre la peine de les lire. Pourtant, les arguments que certains mettent en avant sont très étonnants et méritent, il me semble, un petit détour… Oh pas grand-chose… Juste 22 cm… N’acceptez pas moins de 22 cm. Dansez serré contre elle et laissez-lui sentir votre énorme virilité frotter contre elle. Vous recherchez de meilleures performances au lit ? Remplissez votre chambre avec passion une bonne fois pour toutes !
22 centimètres dans votre pantalon feront de vous la 8ème merveille du monde pour les femmes. Pourquoi être une minuscule saucisse cocktail quand on peut être une puissante saucisse Viennoise ?
Ne la faites pas seulement gémir, faites que ses cris soient si puissants qu’ils réveillent les voisins. Les femmes veulent que les hommes les prennent avec force et avec un outil monstrueux.
Elle vous appellera « Macho ». Vous la voulez ? Prenez-la !
Savez-vous que les femmes viennent plus facilement si leur partenaire a une grosse « censuré » ? Votre fusée est faite pour les faire décoller.
Soyez l’homme que vous avez toujours voulu être ! Soyez sa machine à plaisir !
Quand vous êtes jeune et trop stressé Quand vous êtes âgé et pas assez énervé « Je ne cite pas la marque » vous donne confiance en toute occasion, à chaque fois.
Soufflez-la avec votre arme gigantesque ! Dites adieu à l’amour ennuyeux en cliquant là.
Okay. Je l’admets. Je suis juste ici pour parler d’émois sexuels. Un centimètre mène à un autre et 22 cm mènent à l’ultime plaisir des femmes. L’énorme virilité qui se manifeste durant un slow, la performance, l’outil monstrueux, le macho, la fusée, la machine, l’arme gigantesque… Ne sont-ce pas là des arguments de choc ? Et tout ça dans une petite pilule…
Et le bisou ? C’est en option ?
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 28 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Il décida de prendre une douche bien chaude pour se détendre. Il essaya le slip rouge et ne le trouva finalement pas si mal que ça. Il s’habilla pendant que son épouse était au jardin puis il la héla par la fenêtre : - Aglaé ! On vient de m’appeler au boulot. Ils ont un problème avec un dossier. Il faut que j’y aille. Juste un aller-retour, cela va être vite fait. - Oh ! Ils nous cassent les pieds ! Tu devrais demander une augmentation puisque tu sembles indispensable même pendant tes congés ! S’indigna-t-elle. - Je file. Plus tôt je pars, plus tôt je rentre. Une demi-heure plus tard, il était assis sur l’une des hautes chaises au comptoir du Café des Alouettes devant un Martini Gin. Il trouvait ce moment délicieux. “Tonight I'm gonna have myself a real good time, I feel alive and the world turning inside out” chantait Freddy Mercury en sourdine. René l’écoutait un sourire aux lèvres. L’endroit était calme et inspirait la détente. Il venait de payer son verre et hésitait à en commander un second quand la sonnerie du téléphone portable posé sur le comptoir retentit. - Allo chéri ? - Oui… - Je me disais que… Enfin… Si nous partions en voyage en amoureux ?… Venise ? Marrakech ? Cela te dirait ? - Va pour Marrakech. Occupe-toi de tout par Internet. Ne lésine pas sur les étoiles de l’hôtel. - Je paye avec la carte bleue ? - Bien sûr… Fais-le maintenant. Arrange-toi pour que l’on parte cette semaine. - Oh mon amour… C’est formidable… - A tout à l’heure. - Tu as une voix bizarre ! - Mais non. Il raccrocha et reposa le téléphone au même endroit. Près de lui, deux types buvaient bière sur bière. Ils parlaient de plus en plus fort et riaient haut. René tapa doucement sur l’épaule du plus proche. Il se retourna, l’œil un peu vitreux. - Il est à vous ce téléphone ? Demanda René en lui montrant le portable en question. - Oui pourquoi ? - Comme ça… J’ai le même et je ne savais pas si c’était le mien… Le gars lui fit un large sourire et récupéra le téléphone qu’il rangea dans la poche de son blouson. René jubilait. - Cela vous arrive souvent de faire des blagues pareilles ? La jeune femme qui s’adressait à lui était charmante. Ravissante même. Une petite brunette aux cheveux courts, à peine maquillée et vêtue d’un tailleur chic et probablement de marque. - Je vous ai vu faire, poursuivit-elle, vous rendez-vous compte des conséquences ? - Evidemment. Sinon, je ne l’aurais pas fait. Il a l’air triste. Je l’ai entendu tout à l’heure dire à son ami qu’il venait de se disputer avec sa compagne… Un voyage leur fera le plus grand bien ! Si il en a la possibilité, il me remerciera ! Elle éclata de rire. - Si vous le dites… Je vous offre un verre ? - Euh… Non… Bon, d’accord… Alors la même chose… - Je m’appelle Barbara. Et vous ? A six heures du matin, René se réveilla en sursaut, assommé par une terrible migraine. Barbara dormait profondément près de lui. Il regarda l’heure sur la tête de lit de la chambre d’hôtel et blêmit ! Il songea à la scène qu’allait lui faire Aglaé. Il allait composer. Il bondit hors du lit et s’habilla en un temps record. A six heures trente-cinq, un peu nauséeux, il ouvrait tout doucement la porte de chez lui. Aglaé l’attendait, les bras croisés, vissée toute droite sur un fauteuil. - Tu as vu l’heure ? Lui demanda-t-elle en le toisant des pieds à la tête. - Je vais t’expliquer… - Vas-y explique. - Nous avons eu de gros problèmes avec ce fameux dossier. Il a fallut tout recalculer, tout reprendre… Un enfer. - Un enfer ? Mon pauvre Superman… - Enfin, maintenant, c’est fait. J’en suis débarrassé. René restait planté au milieu de la pièce, les mains dans les poches de sa veste ouverte. - Tu aurais pu au moins me prévenir ! - Oui… C’est vrai… Mais je n’ai pas vu l’heure tant nous étions occupés à travailler et quand j’ai réalisé, j’ai eu peur de te réveiller. - Quelle touchante attention mon Superman ! - Superman ? Mais pourquoi m’appelles-tu Superman ? L’interrogea-t-il alors que la douleur cognait dans son crâne. - A cause du slip par-dessus ton pantalon… A chacun sa méthode de relaxation. FIN
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 27 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
- Ninou ! Je pars faire du shopping ! A tout à l’heure ! René se redressa vivement et s’arracha à son Sudoku : - Encore ! - J’ai besoin de me détendre, objecta Aglaé en faisant irruption dans le salon, toute pomponnée et prête à dépenser. René se souvint que la dernière fois que son épouse avait fait du shopping en guise de relaxation, elle avait en effet nettement abusé de la carte bleue conjugale… Il était en vacances pour un mois entier et pour une fois, il avait décidé de ne faire ni bricolage, ni mécanique. Rien. Un mois de repos total. Il soupira mais il choisit de l’accompagner par prudence : « Vas-y mon vieux, un homme averti en vaut deux… ». - Je viens avec toi. Déclara-t-il en jetant son livre de Sudoku Force 3 sur la table basse. Elle fit la moue mais n’osa rien dire. Elle partit poser son sac à main à côté du téléphone sur le guéridon dans l’entrée et s’adossa à la porte : - Ok. Alors dépêche-toi, je t’attends. En allant chercher sa veste dans la penderie, il passa devant la photographie de leur mariage qui trônait près du téléphone. Ses yeux s’y arrêtèrent un bref instant. Aglaé surprit son regard. - Nous étions beaux hein ? Il sourit mais ne répondit pas. - Elle était belle ma robe hein ? - Blanche… On se demande pourquoi d’ailleurs… Tu n’étais pas une première main… A moins que cela ne soit pour aller avec la couleur de la gazinière et du lave-linge ? Ironisa-t-il. Aglaé haussa les épaules, agacée. C’était ça l’humour de René… Elle en avait l’habitude à présent. Sans autre motivation que d’être un frein aux dépenses de son épouse, il la suivit –ou plutôt, il se laissa traîner- en ville, là où les vitrines des boutiques sont faites pour happer les femmes et épuiser les hommes. Au bout de deux heures, Aglaé n’avait encore rien dépensé. Elle essayait, elle hésitait puis promettait au vendeur de revenir après avoir réfléchi. René, bien que satisfait de ne pas encore avoir vu la carte de crédit sortir du sac à main de son épouse, n’en pouvait déjà plus. Pour patienter, il observait les gens en flânant dans les allées du magasin. Un type d’une quarantaine d’années surgit soudain entre deux présentoirs de robes et bouscula René qu’il n’avait pas vu. - Oh pardon ! - Il n’y a pas de mal ! Répondit gentiment René. - Je cherche ma femme ! Je l’ai perdue dans un rayon ! - Laissez-la faire… Moi non plus, je ne sais pas où est la mienne… Répliqua René qui venait de réaliser qu’il avait également perdu la sienne de vue depuis déjà de longues minutes. - Oui mais il faut que l’on s’en aille ! Nous avons rendez-vous. - Elle est comment votre femme ? - Grande, blonde, mince, les yeux verts, une minijupe, plutôt jolie… et la vôtre ? Je l’ai peut-être aperçue… René se mit à rire : - Eh bien, laissez tomber la mienne… Nous allons plutôt chercher la vôtre hein ? L’homme pouffa de rire. - C’est pas gentil pour votre femme ! - Elle ne m’entend pas… - Ah ! Voilà la mienne ! Bonne journée ! Lança-t-il avant de disparaître avec une superbe créature dont la jupe était si courte que René se mit à rêver. - Tu en penses quoi ? Il sursauta et tourna la tête vers la voix. Aglaé arborait fièrement une robe marron qui lui cachait pudiquement les genoux. La transition était rude… Elle tournoyait sur elle-même et faisait des effets d’ourlets virevoltants, le regard interrogateur. - Fais comme tu veux, lui suggéra-t-il en apercevant le prix modéré sur l’étiquette qui pendait sur sa hanche. Ils rentrèrent en fin d’après-midi dans leur petit pavillon de banlieue. Aglaé défit ses quelques paquets et René retourna à son Sudoku, soulagé de s’en tirer à bon compte. - Ninou chéri ! Regarde ce que je t’ai acheté pendant que tu ne me voyais pas ? Une surprise… Annonça-t-elle radieuse en brandissant un boxer rouge à bout de bras. - Rouge ! S’exclama son mari. - Ça change non ? J’aime bien. Il opina vaguement de la tête, lui glissa un timide « merci » déconcerté et se remit à son jeu de chiffres. Il ne parvenait plus à se concentrer. Il se sentait fatigué, vidé. Il ressentait soudain l’envie de prendre l’air, tout seul. Dans un bar, n’importe où. Qu’importe. Juste prendre l’air. Cependant, elle n’allait pas le comprendre, lui poser des tonnes de questions, il le savait… (à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 26 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique
Dans mon article d’hier, je faisais remarquer que les Albert Simon en puissance que nous sommes concluaient bien souvent leurs échanges météorologiques par un « Eh oui, que voulez-vous, il n’y a plus de saisons ! ». A ce propos, je voudrais juste vous faire partager quelques lignes fort intéressantes écrites il y a trois cents ans par un certain Teodoro Luiggi, notaire à Belgodere en Balagne et dont les registres (appelés ceppi) sont conservés aux Archives Départementales de la Haute-Corse. Teodoro Luiggi était né aux alentours de 1660. En 1684, il est nommé notaire par le gouverneur de la Corse mais son activité n’est pas des plus florissantes. En 1688, il part à Gênes étudier la chirurgie et rentre en Corse pour y exercer comme chirurgien dès 1691 (trois ans d’études… Argh…). En 1694, il reprend son ceppu et enregistre à nouveau les actes de la communauté. En 1700, on apprend que malgré une suspension d’autorisation d’exercer le notariat et la chirurgie, Teodoro poursuit ses activités. Le temps probablement de quelques procédures, il est finalement banni de Corse en 1704 puis profitant d’une amnistie générale des bandits corses ( !) trois ans plus tard, il reprend sa charge notariale en 1707 à Belgodere et ce, jusqu’à sa mort en 1723. Hormis leurs registres dans lesquels ils consignaient chronologiquement les minutes, les notaires tenaient également un répertoire alphabétique (pandetta) des commanditaires des actes. Il arrivait souvent que le notaire se laisse aller à quelques écritures personnelles sur les pages mêmes des registres ou des répertoires. C’est ce que fit Teodoro. Il y inscrivit les prénoms et les dates de naissance de ses enfants mais nota également sur l’une des pages : « Impara le virtu che sarà quel che ti farà salir sino alle stelle ». Apprend les vertus, ce sera ce qui te fera monter jusqu’aux étoiles... Et enfin, et c’est là l’objet de cet article, il décrivit le temps qu’il faisait chaque année en Balagne et ce, de 1691 à 1708 ! Même si son intérêt sembla porter plutôt sur l’influence du climat sur les récoltes, il n’empêche que nous avons ainsi des indications sur la météo d’il y a trois cents ans ! En 1691, il écrit (je vous fais grâce du texte original en italien…) : « L’année 1691, il plut tout le mois de mars et il ne plut plus jusqu’au 6 mai. Ce fut une demie année en céréales, ensuite l’été fut si chaud que l’on n’avait jamais vu un tel été, et il ne plut pas jusqu’au 1er septembre. (…)» En 1692 : « L’an 1692, il y eut tant de pluie au mois de février qu’une bonne partie des céréales tombèrent dans les champs. Le mois de mars fut froid et sec jusqu’au 19. » En 1693 : « Il plut au moment des Quatre Temps de septembre puis il ne plut plus jusqu’au 6 décembre, ensuite il ne plut plus pendant tout l’hiver mais il y eut de fortes tempêtes de neige qui durèrent plus de 8 jours au village même, à tel point que les semences étaient bien miséreuses ». En 1694 : Il plut au mois de mars et les céréales, bien que pauvres, firent une grande poussée ; il ne plut plus qu’une ou deux fois au mois de mai. (…) Les temps furent bons jusqu’aux fêtes du Saint Noël. En 1695 : L’année commença avec de grandes neiges qui durèrent jusqu’au mois de mars et ce mois fut très hivernal. Le 10 avril il y eut une tempête de neige et il fit durant ce mois un cruel temps d’hiver. (…) Beaucoup d’olives apparurent sur les arbres mais en raison du temps estival durant octobre et novembre, elles tombèrent presque toutes et ce fut une mauvaise année en huile. Les céréales furent belles à leur apparition mais parce qu’il n’y eut pas d’hiver ce ne fut pas une bonne année. En 1696 : Il plut tellement aux mois de mars et avril que la récolte en fut mauvaise ; il plut sans discontinuer durant la semaine sainte. Il plut durant le mois de septembre et de temps en temps durant les semailles. Il y eut de la pluie et de la neige durant tout l’hiver. (…) En 1697 : (…) Il plut durant les Quatre Temps de septembre puis l’été revint et l’on sema jusqu’en janvier ; il neigea et un quart des olives gelèrent. En 1698 : L’eau fut rare en février et mars. Ce fut un hiver cruel et les oliviers pâtirent (…). L’été fut une saison irrégulière et il n’y eut presque pas d’été. Durant le mois d’août on ne mangea presque pas de figues en raison du froid et presque la moitié du temps était nuageux et pluvieux. L’hiver se passa très bien et on ne porta presque jamais de manteaux. En 1699 : Durant les mois de janvier et février, on eut de beaux temps. Le 3 mars il fit une grosse tempête de neige de la montagne jusqu’à la marine. Le 16 il fit une autre tempête de neige, aussi importante, et c’était vraiment l’hiver. Les céréales dans les champs étaient bonnes mais parce que le printemps fut hivernal, l’année des céréales fut une demie année. L’été fut aussi mauvais et il y eut peu de vin. Il plut en septembre et les semailles furent assez bonnes. En 1700 : (…) Il ne neigea jamais cette année-là. (…) En 1701 : L’année débuta avec une grande fertilité de céréales, de bonnes saisons, un été très chaud et un hiver très doux où l’on ne porta jamais de manteau. (…) En 1702 : L’hiver fut comme ci-dessus (doux). (…) Il ne plut pas du mois de mars à la mi-mai et quand la pluie tomba du ciel ce fut de la neige, avec un grand gel, qui sécha la plus grande partie des vignes. (…) le mois de juin débuta avec des vents et des pluies. En 1703 : Ce fut l’été durant les mois d’octobre et novembre et les olives de Belgodere tombèrent durant l’hiver (…) Ce fut une des pires années en blé et orge en raison de la sècheresse. En 1704 : La sècheresse continua et se poursuivit durant l’été et jusqu’au mois d’octobre où l’on ne pouvait ni semer ni moudre par l’absence d’eau. (…) En 1705 : Il y eut des grandes pluies avec des gelées au mois de mars. (…) En raison de l’été chaud et sec de 1704 qui avait duré jusqu’à la mi-octobre, il n’y eut pas d’herbe et il mourut à Belgodere 24 juments, sans compter les vaches et les ânes. (…) En 1706 : L’année fut médiocre. En 1707 : Au mois d’octobre il y eut tant d’eau que les fleuves emportèrent quelques ponts dans l’île. L’hiver qui suivit fut doux. En 1708 : Le jour du carnaval du mois de mars, il y eut de la neige qui dura 3 jours sur la place de Belgodere et qui gela les céréales tardives. Il plut sans arrêt durant le mois de juin (…). Tout cela devrait nous amener à méditer sur notre « Eh oui, que voulez-vous, il n’y a plus de saisons ! »… NDLB : Un article entier est consacré à Teodoro Luiggi dans le n° 21 de mai 2002 du journal A Cronica de l’association Petre Scritte (Regards : Les observations de Teodoro Luiggi de Belgodere par Jean-Christophe Liccia, pages 21 à 25). Pour les curieux (ou les sceptiques), les originaux des répertoires annotés de la main de Teodoro sont conservés aux Archives Départementales de la Haute-Corse et portent les cotes 3 E 571 et 3 E 574. Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 25 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Rebelle
Combien de mots plats et inutiles prononçons-nous dans une seule journée ? Combien de phrases toutes faites et de formules de politesse balançons-nous sans conviction et par simple usage ? Quel malin plaisir prenons-nous à invoquer l’évidence ? Mis à part les indispensables « bonjour », « au revoir », « s’il vous plaît » et « merci », nous y allons volontiers de plusieurs « ça va ? » quotidiens. Imaginez une seconde qu’à votre « ça va ? », on vous réponde « non ». Vous auriez bonne mine… A moins d’être un goujat, vous seriez obligé de demander à votre interlocuteur les raisons de son « non ». C’est un sacré risque ! Quant à la pluie et le beau temps, voilà un sujet qui n’intéresse pas grand monde et qui pourtant est sur toutes les bouches. C’est à croire que le simple fait de croiser quelqu’un que l’on connaît, ne serait-ce que de vue, nous transforme illico en station de météorologie ambulante. On commente la température, on compare avec les années précédentes et malgré les 3° C matinaux en ce mois de février, on termine inévitablement par « Eh oui, que voulez-vous, il n’y a plus de saisons ! ». Et quand deux mères de famille se croisent au supermarché ? Que se racontent-elles ? - Bonjour Madame Planchon. - Oh bonjour Madame Dubois. - On fait ses courses ? - Eh oui. Il faut bien alimenter la petite famille. - Eh oui. Pareil pour moi. Ils ont toujours faim. - Eh oui. Et ça coûte cher hein ? - Eh oui. Et ça prend du temps. - Eh oui. Et on ne sait plus quoi leur faire à manger. - Eh oui. Et tous les jours c’est pareil. - Eh oui. Allez, bonne journée Madame Dubois. - Merci, vous aussi Madame Planchon. C’est étrange comme l’on se sent obligé de dire quelque chose lorsque l’on rencontre quelqu’un. Et même si j’en suis consciente, je suis la première à le faire. Cela me rappelle une réponse que m’a faite un jeune du village, alors qu’il transportait du bois devant sa maison. « Alors, tu travailles ? » lui ai-je demandé gentiment en passant près de lui. Réponse avec un large sourire : « Non, je fais une partie de tennis ». Question bête, réponse idem. Ces questions à réponses évidentes (sauf fantaisie fort bienvenue d’ailleurs en ce qui me concerne) tendraient à simplement démontrer que l’on porte un intérêt à la personne croisée. Mais même si tout ceci part d’un bon sentiment, cela en devient parfois un peu agaçant. Je me souviens que lorsque je faisais les travaux de ma maison, si j’avais un sac de ciment dans les bras, il y avait toujours quelqu’un pour me dire : « Alors, on fait du ciment ? ». Si c’était un pinceau : « Alors, on peint ? ». Et si j’étais blanche de poussière des pieds à la tête : « Alors, on ponce ? ». Eh oui… Je ponce donc je suis… Certes, nous n’allons pas philosopher dès la moindre rencontre mais il est cependant un peu tristounet de connaître à l’avance le contenu d’une conversation que l’on n’a pas encore eue… Eh oui mes bonnes gens…
Copyright © 2008 Martine Rousset
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