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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Publié le 19 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
-    Récapitulons : le frigo est plein, le congélateur aussi. Tu n’auras qu’à sortir un des sacs (j’ai écrit sur chacun ce qu’il contient) et le passer au micro-ondes. Même toi, tu dois arriver à faire ça. J’ai congelé des baguettes. Je te préviens tout de même qu’il faudra que tu ailles en racheter à la boulangerie avant mon retour. Tu ne tiendras pas un mois avec ça. Tu verras, ce n’est pas très compliqué : tu rentres, tu dis bonjour, tu demandes : « Une baguette, madame, s’il vous plaît », tu payes (c’est un euro dix), tu dis au revoir et tu t’en vas…

Valentin essayait de retenir au passage quelques mots parmi ce flot ininterrompu dont le submergeait son épouse si attentionnée. Des valises encombraient l’entrée. Depuis trente ans qu’ils étaient mariés, c’était la première fois qu’il allait devoir se débrouiller seul. La santé chancelante de sa belle-mère requerrait une présence filiale et immédiate et le SMS reçu le matin même (Ariv toudsuit !) était la cause de tant d’agitation dans ce foyer d’ordinaire si calme. 

Valentin n’avait vraiment pas à se plaindre. Il avait épousé la femme parfaite. Les rares fois où ils avaient été invités, principalement dans la famille, il n’avait pu s’empêcher de faire des comparaisons entre ces intérieurs certes propres et bien tenus et le sien. Ceux-là, malgré toute la bonne volonté de la maîtresse de maison, sentaient l’artifice, le rangement effectué dans la nécessité, le coup de balai donné vite fait avant l’arrivée des convives, les carreaux frottés de la veille. Chez lui, c’était bien différent. Aucun objet ne quittait jamais sa juste place, tout ce qui pouvait réfléchir la lumière étincelait, du premier janvier au trente et un décembre, et un subtil parfum d’encaustique, de fleurs et d’encens flottait sur l’ensemble des pièces de la maison comme la matérialisation olfactive du bonheur conjugal. L’embonpoint dont jouissait Valentin témoignait des qualités de cordon-bleu de cette épouse aimante. Ce n’est pas dans cette maison que l’on risquait de trouver dans son assiette une de ces abominations estampillées « nouvelle cuisine » qui agresse l’œil et laisse l’estomac vide. De la bonne vieille cuisine familiale, transmise de mère en fille depuis des temps immémoriaux, qui commence par titiller l’odorat, dilate les narines et ferme un instant les paupières, éblouit ensuite la vue par les nuances infinies des couleurs, exalte la sensualité des textures avant d’exploser en saveurs lorsque arrive enfin la jouissance de l’ingestion. Valentin ne connaissait pas de plaisir plus grand. Madame Valentin n’avait d’ailleurs jamais voulu avoir d’enfant : « ça salit ! ».

Lorsque la porte fut refermée, Valentin mit un moment à retrouver ses esprits. Le calme en retombant l’avait presque assommé. D’ailleurs, il se sentait fatigué après une journée si agitée qui annonçait tant de bouleversements dans le cours bien réglé de sa vie quotidienne. Il n’avait pas faim et prit la décision d’aller se coucher sur le champ. 

Le lendemain, il se réveilla un peu plus tard que d’habitude. Il ressentait cette impression étrange mais pas étrangère, celle de « déjà vu ». En y réfléchissant, il parvint à la définir plus nettement. C’était celle qu’il ressentait, enfant, le premier jour des vacances. Il avait la chance de ne pas avoir d’horaires de travail imposés ; il travaillait chez lui. En effet, depuis deux ans, il était grassement payé par une riche excentrique qui se piquait de littérature. Elle n’avait aucun talent mais suffisamment de lucidité toutefois pour avoir choisi de prendre un nègre. Il avait écrit pour elle un recueil de nouvelles qui avait remporté un joli succès d’estime au point que dans la foulée elle lui avait commandé un roman policier et était allée s’installer aux Bahamas. Il avait presque terminé ce second ouvrage (une sanglante histoire d’appareil électroménager ensorcelé et serial killer à qui il avait donné un titre  anglais pour faire américain : Mixer damned). Il aurait vécu dans la plus grande tranquillité si son employeuse ne s’était mis dans la tête de créer un blog à l’usage quasi exclusif des chats castrés. Il devait donc chaque jour, à huit heures pile, envoyer sur la toile virtuelle un texte abracadabrant où il lui fallait essayer de caser tant bien que mal et en catimini, des bigoudis, okapi et autres mots farfelus, mais…il faut bien vivre ! 

Son labeur quotidien terminé, il alluma la télévision. Après avoir fait défiler les cent cinquante-deux chaînes auxquelles lui donnait droit son abonnement mensuel, il fit comme d’habitude et laissa au hasard le soin de choisir pour lui le canal qui lui fournirait le fond sonore de sa journée. C’était une chaîne spécialisée dans les programmes culinaires. Une émission était en train de commencer et déroulait son générique. En temps normal, il aurait tout de suite détourné les yeux et aurait quitté la pièce, mais ce jour-là, le titre éveilla sa curiosité. Sur fond de laboratoire, se détachait en écriture cursive : Chef, la recette ! Comme il ne savait pas exactement où le sort avait guidé son doigt, il crut tout d’abord qu’il s’agissait d’un reportage sur le recouvrement de l’impôt révolutionnaire chez un restaurateur côtier. Mais dès les premières images il se rendit compte de sa méprise. D’une part l’accent du chef ne laissait planer aucun doute sur ses origines extra insulaires et d’autre part les produits étalés devant lui étaient totalement exotiques : foie gras, endives, rougets du Cap… D’abord indifférent, il se surprit peu à peu à s’intéresser à ce qu’il découvrait être un vrai spectacle de magie. Il resta stupéfait par la rapidité et la précision avec laquelle le cuisinier découpait en tranches fines et régulières oignons et carottes, enfilait alternativement viande, tomates et poivrons sur une brochette sans se transpercer la main, ressortait du four, triomphant mais modeste, un soufflet qui ne retombait pas ! Tout cela tenait de la malle des Indes et de la femme sciée en deux. Du grand art ! Lui qui n’avait jamais touché à une casserole voulut absolument entrer dans cet univers extraordinaire. Il prit des notes et se rendit aussitôt chez le boucher, l’épicier, le légumier de son village, comme un homme qui après toute une vie insipide, décide d’accomplir enfin ce pourquoi il est venu au monde. 

Il se jeta à corps perdu dans la réalisation de ses recettes au point qu’il en oublia de déjeuner. Malheureusement, malgré toute la foi et l’acharnement qu’il avait mis dans la confection de ses plats, ceux-ci se révélèrent immangeables.  Il alla se coucher le ventre vide, au bord des larmes. 

Il se réveilla le lendemain avec un enthousiasme renouvelé. Cela était devenu un véritable défi que son honneur le contraignait à relever. Il passa la matinée à noter de nouvelles recettes puis repartit chez ses fournisseurs. Ce jour-là, le résultat parut nettement plus satisfaisant. Il ne profita cependant pas de son œuvre car au moment où il s’apprêtait à la déguster, le téléphone retentit impérieusement. Sa femme lui conta par le menu son voyage, les dernières nouvelles de sa famille, lui décrit dans les plus infimes détails la prochaine opération de sa mère, si bien qu’une heure et demie plus tard, il préféra s’abstenir, pour ne pas être déçu, de toucher à ce repas froid. Il est des plats qui gagnent à être réchauffés ; ce n’était pas le cas de ceux-ci. 

Sisyphe moderne, il se remit à l’ouvrage le jour suivant. Le soir venu, tout semblait parfait. Cela faisait trois jours à présent qu’il n’avait rien mangé. Ce fut donc avec la plus grande satisfaction qu’il contempla la table dressée comme pour un soir de réveillon et il s’agissait bien d’ailleurs d’un véritable festin. Tout était parfait : le fumet qui se dégageait des plats argentés et qui envahissait toute la maison annonçait le spectacle d’une nature morte qu’aucun Chardin, aucun Fantin-Latour n’aurait su reproduire. Hélas, au moment de son triomphe, Valentin fut frappé de ce fiasco du cuisinier, de cet état bien connu de toutes les maîtresses de maison qui ont passé leur journée à cuisiner pour les autres : il était incapable d’avaler une bouchée ! 

Cette nuit-là, son sommeil fut aussi agité que s’il avait trop dîné. Il fit un rêve étrange. Il arpentait un long couloir désert qui le menait vers une vive lumière dorée. A mesure qu’il avançait, la chaleur devenait de plus en plus intense. Il déboucha enfin dans une pièce étroite dont un des murs était constitué d’une grande vitre. De l’autre côté, un visage énorme le contemplait. Il reconnut alors celui du Chef de son émission préférée. Aucun son ne lui parvenait de l’extérieur, mais il entendit tout de même une voix prononcer, goguenarde : « Il est à poiiiint, il est à poiiiint ». En se retournant, il s’aperçut alors que la quasi-totalité de l’espace de la pièce était occupé par le corps d’un énorme chapon dont la broche, à chaque tour, émettait ce grincement qu’il avait pris pour des paroles. Il ne fut pas étonné de voir la volaille tourner la tête vers lui : c’était sa belle-mère. « L’opération s’est très bien passée », lui annonça-t-elle en souriant. Et elle continua de tourner. Le sol se déroba sous lui et il se sentit tomber dans un gouffre profond comme un gosier. Il se retrouva dans son lit, suant et gémissant. Son cœur battait à faire éclater ses veines et une affreuse migraine lui cisaillait le crâne. Il se sentait très faible, fiévreux, mais il se leva tout de même et retourna dans sa cuisine. Il savait à présent qu’il ne pourrait plus échapper à son destin. Il cuisina toute la journée et une grande partie de la nuit. Il ne voulait surtout pas s’endormir, permettre que des cauchemars affreux prennent à nouveau possession de son âme torturée. Combien de jours dura son calvaire ? On ne le sut jamais. Sa femme le retrouva complètement sec au milieu de la cuisine dévastée. Le téléviseur était allumé et une musique guillerette annonçait : Chef, la recette ! 

L’adjudant-chef Burnemauve, de la Gendarmerie Nationale, fut dépêché sur les lieux. Il prit les mesures habituelles avec un double décamètre à roulette, dressa un croquis millimétré fixant la position de la victime, inspecta scientifiquement la poubelle, interrogea les voisins et les commerçants du quartier. Mais cette affaire était des plus simples.  Cette maison qui débordait de nourriture, les témoignages qui tous concordaient pour avérer la débauche de nourriture dans laquelle s’était laissé entraîner le pauvre Valentin ces dernières semaines, tout indiquait sans l’ombre d’un soupçon qu’il était mort d’indigestion. 

Tandis qu’il rejoignait la gendarmerie au volant de son véhicule de service, l’adjudant-chef se disait que l’adage populaire était, quoi qu’on en dise en ce siècle volontiers frondeur, d’une véracité éternelle. Contrairement à la majeure partie des délits auxquels il était confronté chaque jour, la gourmandise, elle, est toujours punie.
 

(Texte : Omar MOLLAT)


 




NDLB : L’auteur de ce texte vit à plus de 8 000 Kms de la France et est un fidèle lecteur de ce lieu. Nous nous connaissons depuis longtemps mais jusqu’à aujourd’hui, il était resté silencieux sur le blog. Je suis ravie que ce défi l’ait inspiré. Omar (tu permets que je t’appelle Omar ?), reviens quand tu veux ! Mixer damned… Pff… PS : elle coûte cher chez la baguette chez toi !

Publié le 18 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Valentin est du matin et du soir aussi
Dans les lupanars, il passe ses nuits.
Le sexe toujours dur pour la luxure
Toujours prêt à de sexuelles aventures.
 
Tous les péchés bénins ou capitaux
Il les a pratiqués, dans sa jeunesse, très tôt,
En commençant par celui de la paresse
Qui rime tendrement avec les caresses,
Mais aussi avec le galbe d’une fesse,
Un fantasme que volontiers il confesse.
 

Mais il n’a pas que le sexe gourmand,
Son poids lui donne quelque tourment,
Sans qu’il ne repousse la moindre friandise,
Pour satisfaire sa grande gourmandise,
Il n’hésite pas à mentir par orgueil
A vous mettre le doigt jusque dans l’œil.
 
Il lui arrive souvent d’être sujet à l’envie.
Il veut tout, tout de suite et pour la vie.
Il n’hésitera pas à être le mauvais œil,
Si vous ne portez pas plus que lui le deuil.
Gardez-vous de sa méchante colère !
Ménagez devant lui vos arrières !
 
Il ne vous donnera pas un sou pour acheter.
Il ne sait que prendre et, s’il le faut, voler.
Il a tous les péchés et tous les vices
Et même, ô seigneur, celui de l’avarice.
Valentin est du soir et des petits matins
Il est vicieux, colérique, envieux et radin.
 
De tous les péchés capitaux proposés
Je préfère encore choisir et si je l’osais…
Je serais orgueilleux, gourmand et paresseux

Mais avant tout, je préfère caresser les cieux !

(Texte : Le Mat)






NDLB : Cf. la note concernant son binôme dans "Valentinade" du 15 février.
Publié le 17 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Le jour déclinait doucement. Valentin frémissait d'impatience ; toute la journée il n'avait pu s'empêcher de penser à ce dîner qui s'annonçait fort prometteur. Le clocher d'une église voisine l'informa de l'imminence de cette soirée tant désirée. Pendant que le tintement des cloches s'atténuait doucement, Valentin se remémora les circonstances somme toute assez banales de cette rencontre : ce premier rendez-vous autour d'un café tiédasse dans le bar voisin situé à quelques mètres de son domicile. Valentin se dit que l'on vivait une époque décidément formidable, il suffisait de faire acte d'allégeance au dieu Internet pour satisfaire ses instincts les plus libidineux sur des sites de rencontre absolument improbables. Et, une fois de plus, la magie informatique avait fonctionné ; la belle était assise devant lui et commentait avec une ferveur peu commune ce qui semblait être l'événement littéraire de la rentrée : les Mystères d'âmes de l'énigmatique Martine Rousset. Après le troisième café, il avait été convenu de se retrouver en fin de semaine au domicile de Valentin pour un dîner en tête-à-tête annonciateur de délices plus substantiels. Soudain, la sonnerie de l'entrée arracha Valentin à sa rêverie. Dès la porte ouverte, Valentin fut assailli par les effluves d'un parfum bon marché qui lui donnèrent à penser que la magie d'Internet avait trouvé ses limites. Mais la promesse des réjouissances qui l'attendaient emporta ses réticences. Les quelques coupes de champagne précédant le repas concocté par ce traiteur chinois hors pair ayant eu l'excellente idée de s'installer de l'autre côté de la rue, suffirent à installer un climat propice empreint d'une sensualité sans équivoque. Une énième coupe de champagne propulsa les deux aventuriers du Net dans la chambre à coucher. Au milieu des vêtements épars, une voix féminine empreinte de déception s'éleva doucement : « Ce n'est rien, Jean-Paul, ce sont des choses qui arrivent ». Et Jean-Paul lui répondit d'une voix éteinte : « Je ne comprends pas, ça doit être le champagne, ça ne m'est jamais arrivé... ». Quant à Valentin, en spermatozoïde dépité et néanmoins optimiste, il se consola en se disant que demain était un autre jour...

(Texte : Diogène)



NDLB : Diogène sévit sous un pseudo. C'est son choix et je le respecte. Vous pourrez me torturer, me faire du chantage ou tenter de me soudoyer (faites une offre quand même...), je ne dirai rien !
Publié le 16 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset

Valentin, quinqua en pleine forme, décida un jour de faire un pèlerinage. Pas celui de Compostelle, non, celui des sept péchés capitaux !

 

Sa vie lui semblait un peu monotone, il fallait réagir. C’était la période des vacances et il prépara son sac à dos. Couchage, victuailles, un pull et quelques préservatifs. On ne sait jamais !

Youki, son épagneul, suivait les préparatifs avec inquiétude. « Que va-t-il encore inventer ? Ces humains… Ils font souvent des choses bizarres ! »

 

Quelques jours plus tard, un matin très tôt, Valentin siffla Youki. « Ouah ! Mais il fait encore nuit ! », « Dehors ! Allez oust ! », et ils se lancèrent sur le chemin. Le pauvre Youki, bien obligé de suivre, traînait la patte en regrettant la chaleur de son panier.

 

Deux heures plus tard, ils se trouvèrent dans un petit village : « Gourmandise ».

Une délicieuse odeur s’échappait de la boutique du boulanger. Alléchés, ils firent étape pour déguster croissants chauds et brioches. Quel régal ! Youki pensa que, peut-être, ce pèlerinage n’était pas une si mauvaise idée.

Restaurés, ils reprirent la route. Ciel bleu, air léger, oiseaux gazouillants.

 

A midi, ils parvinrent à « Orgueil ».

La bourgade paraissait importante. Valentin rectifia sa tenue et Youki dut se résoudre à subir un énergique brossage. Ils traversèrent la ville tête et truffe hautes. Pique-nique à la sortie du village et petite sieste à l’ombre d’un grand chêne dans une jolie clairière nommée « Paresse » par les autochtones.

 

« Comme il fait bon, pas besoin d’aller plus loin », pensa Youki. Mais Valentin le secoua, « Hop ! En route ! ». Cahin-caha, ils s’aventurèrent sur une route montante tout en lacets. L’effort ne fut pas du goût de Youki. Il s’arrêta et posa son derrière sur le côté de la route, refusant d’aller plus loin. Valentin, imperturbable, continua à grimper mais au bout d’un moment, il siffla. Youki fit la sourde oreille. Valentin commença à s’impatienter, à s’énerver, « Ici ! ». En vain. Campé sur son arrière-train, Youki ne bougeait pas. La colère de Valentin monta, il rebroussa chemin et s’approcha du chien, en rage, rouge écarlate : « Sale bête ! ». Il le rabroua vertement. « Allez, fainéant, en avant ». Bon gré, mal gré, vexé, Youki suivit.

Le soir, ils atteignirent « Luxure » où se déroulait une fête locale avec bal, flonflons et manèges. Sur le parquet du bal en plein air, Valentin remarqua une jolie blonde qui dansait à ravir. Sa jupe très courte découvrait des jambes fuselées. Il était sous le charme. Mais très vite, il déchanta : elle était accompagnée. Dépité et jaloux de la voir dans les bras d’un autre, il chercha Youki des yeux et… surprise… sans faire de manière, il s’occupait activement d’une caniche royale superbe… et pas besoin de préservatifs ! Youki, lui, pensait « Les préservatifs, c’est pour Valentin. Et encore ! Si il en trouve l’occasion ! ».

L’envie ne manquait pas à Valentin mais il était bredouille. Déçu, il décida de prendre le chemin du retour. Plus de pèlerinage. Justement, un autocar arrivait. « Chic, se dit Youki, je suis un peu las… ». Mais non, Valentin, près de ses sous, voulait rentrer comme ils étaient venus sans frais supplémentaires. Youki trouva son maître bien mesquin. « Quel avare » soupira-t-il. Puis le souvenir de Lady, la caniche, lui revint et ainsi dopé,  il précéda Valentin qui, à son tour, lambinait et ruminait sa déception.

 

A chacun son pèlerinage.

(Texte : Owlette)



NDLB : Owlette, c'est ma Maman. Vous avez déjà dû l'apercevoir ici...

Publié le 15 février 2008 à 08:00
Par Martine Rousset

Connaissez-vous Valentin ?
Bonne jambe et bon teint,
Jamais rien ne l’atteint
Si ce n’est quelques potins.

Connaissez-vous Valentin,
Cet individu très mondain
Au large sourire adamantin ?
C’est un fieffé libertin.

Vous dites : C’est du menu fretin ?
Tout juste bon pour des catins ?
Du genre à faire tintin ?
Vous ne connaissez pas Valentin.

Vous dites : un Byzantin ?
Il se perd en baratin ?
L’orgueil le rend hautain ?
Vous ne connaissez pas Valentin.

Vient à passer une gourgandine,
S’il n’est pas d’humeur radine,
Il écoute ses pensées libertines
Et son gland sonne mâtines.

Et si de la tête il opine
A la vue de votre copine,
Le risque est inopiné
Qu’un jour elle lapine…

Valentin est un chaud lapin
Un incorrigible galopin.
Il aime cueillir l’aubépine
Et le soir boit des chopines…

Inutile que je vous  baratine.
Si j’ai rapporté ces potins
Sur ce crétin de Valentin,
C’est de la faute à Martine.

(Texte : Difrade)


 

NDLB(logueuse) : Difrade et son binôme Le Mat sortent tout droit (en ligne socratiquement directe) de Tamo ! Samo ! Les arcanes du tueur (Editions du Journal de la Corse - Ajaccio - 2007 - ISBN : 9782914813426) de Jean-Paul Ceccaldi qui est également l'un des animateurs de Corsica Polar et maître à bord du blog Ile Noire.

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