Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
Noter ce blog :
3 connectés
41994 visiteurs
Rencart : Canari le 15, au couvent
Rencard : : Place Foch à Ajaccio les 4, 5 et 6 juillet. Salon du polar et sortie de "Noirs de Corse - Piccule Fictions"...
Rencart : A Porto Vecchio le 21 pour le solstice et NDC
Owlette : Zab c'est une ode a ton ode qu'il faut faire. L'amour est a chaque ligne. Merci!
Canard(e) : Ca sent l'Air Week end. Sévère, mais juste, la Martine. Mais tous les seniors ne se ressemblent pas, Princesse...
503 : Plus que quelques jours pour la souscription...
Roger : ou je tringle ou je me flingue...
483 : Allez faites un effort
1 policier : Je suis pas commissaire comme Flippi mais si Hugues se nomme Capet, il pourrait être le père d'Adrienne... mais on me demmandera pas mon avis...
Juge Epart : Voilà un procés exemplaire qui se profile à l'horizon. Tous suscpects. Sauf bien sur Filippi.
Tripoli : Trois monopolis
PolieTique : Insecte parasite du veau et du mouton de Panurge
Polisson : pratique l'érotisme
Erotisme : Luxure polie
Crocodile : Si Ben a raison, c'est Dali qu'a tort...
Mulot : rat Duchamp
463 : N'attendez plus. Souscrivez maintenant
451 : La souscription pour Noirs de Corse Piccule fictions a besoin de vous
Babar : Je ne suis pas Tarzan pour sauter d'un arbre dans un trou de souris... j'attends un parachute ou l'automne.
Souricette : Babar c pas confortable une feuille viens me rejoindre avant l'automne!
|
Publié le 31 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
Les organisateurs du Festival de Romans viennent d’envoyer un mail à tous les participants afin de leur rappeler que les votes se terminent ce soir à minuit. Ils ajoutent qu’il nous faut profiter des quelques heures qu’il nous reste pour mobiliser nos lecteurs. « C’est la dernière ligne droite, à vous de jouer ! », nous disent-ils… A nous de jouer ? Ok. Ils l’auront voulu… Alors voilà. Sachez que si je ne suis pas dans les dix premières d’ici ce soir minuit, un certain nombre de choses vont changer. Cela va être terrible. Monstrueusement terrible. 1) Je rentrerai au couvent. 2) J’abandonnerai mon Roudoudou à la S. P. A. (Société Protectrice des Adolescents). 3) Je n’écrirai plus sur mon blog que des articles consacrés à Rika Zaraï. Et à Patrick Juvet pour les jours fériés. 4) Je ne diffuserai pas les photographies torrides de mes vacances à Tahiti. 5) J’épouserai Roger (tant pis si ce n’est pas compatible avec mon entrée au couvent. Je le prêterai à mes petites sœurs). 6) Nina quittera Lazare.
- Vous avez fini vos âneries ? - Non. 7) Je ne lancerai pas le concours que j’envisageais d’organiser sur mon blog. Dommage, car le premier prix était un tractopelle rose. 8) Je remplacerai la phrase de Ionesco : « Il faut écrire pour soi, c'est ainsi que l'on peut arriver aux autres » phrase phare de mon blog, par « Tant pis pour vous ». 9) Je continuerai à faire de la rétention de printemps (vous vous demandiez pourquoi le printemps tardait à arriver ? C’était moi. Je suis copine avec une hirondelle…) Et ceux qui n’ont pas voté en seront responsables. Et vlan. Vous rendez-vous compte de ce qui vous attend ? Hé, la coccinelle ! Prête pour le passage de l’albatros ? (Un immense merci à ceux qui sont rentrés dans le jeu…) Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 30 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
- La Faucheuse c’est donc vous… Fâcheuse faucheuse… Si moi je tue un homme, je suis un assassin… Vous, vous tuez l’humanité et on vous craint… Génocide légitime… - Ne plaisantez pas Loup. De plus, je suis venue vous chercher. Il sentit son sang se glacer et fut pris d’un vertige soudain. - Pourquoi moi ? Balbutia-t-il. - Pourquoi pas vous ? Loup avait peur. Les bruits du monde glissaient à présent sur lui sans l’atteindre. Il savait désormais qu’il était le seul à connaître ce sinistre instant. Seul, face à l’inexorabilité d’une issue que cette apparition lui rappelait cruellement. Il était encore un être vivant mais il était enclin à devenir un être mourant. - Disparaissez ! Cria-t-il soudain. - Non. - Je n’ai pas trente ans ! Laissez-moi une chance au moins ! - Non. - N’y a-t-il pas une solution pour vous échapper ? - Non. Chaque « non » était un clou.
Il pensa alors à Emma dont les avances lui faisaient si peur. Elle ne le reverrait plus. Ses mots d’amour resteraient suspendus dans le néant. Il n’avait pas répondu à son message de rendez-vous, néanmoins, il lui semblait bien qu’il l’aimait. Mais il n’en était pas certain. Il ne le saurait jamais. Jamais. « Jamais » est un mot sans écho. « Jamais » est un mot qui ne rebondit pas quand l’espoir s’est éteint. Pourtant, il avait rédigé un message pour lui répondre : « Ok ». Deux lettres restées enfouies dans la mémoire de son téléphone. Il glissa une main dans la poche de sa veste et sentit le rectangle dur dépositaire d’une voyelle et d’une consonne. Il passa son pouce sur le clavier. Il le connaissait par cœur…
Lorsque Emma reçut le message, Loup revenait déjà sur ses pas pour se diriger vers le lieu de leur rendez-vous. Il souriait de son audace, s’étonnant d’avoir osé.
Il y avait une solution et elle s’appelait le destin. Ce destin qui ne le fit pas franchir cette avenue qui portait en elle son ultime seconde. Le fourgon passa normalement et le chauffeur n’eut pas à tenter d’éviter en vain ce jeune homme qui traversait distraitement. Le regard bleu glacial s’était détourné de Loup et considérait une autre âme, ailleurs, on ne sait où. Loup l’avait oublié, effacé. Il ne le sut pas mais son audace le sauva. Pour un temps en tout cas. FIN
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 29 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Lorsque elle le croisa à l’angle de la rue, elle s’arrêta net, lui agrippa le bras et enfonça son regard dans le sien.
- Vous me plaisez beaucoup… Interloqué, Loup bredouilla : - Eh bien, dîtes donc, vous n’êtes pas farouche !
Quand il rencontra ses yeux, il frissonna. Ils étaient d’un bleu glacial et terrifiants de froideur. Il dégagea rapidement son bras d’un geste brusque. Elle le laissa faire, un sourire narquois suspendu à ses lèvres pâles et sèches. Il recula d’un pas et l’observa un moment, désorienté. Il ne parvenait pas à donner un âge à cette femme à la silhouette longue et filiforme, au teint blanc presque maladif, vêtue d’un long manteau noir à la capuche relevée sur ses cheveux couleur de jais. Il ne la connaissait pas, il en était certain. Le malaise qui le parcourait le fit tressaillir. Il voulut s’enfuir mais n’y parvint pas. Tout autour de lui, la rue s’agitait. Le froid de ce mois de janvier semblait avoir saisi les passants, lesquels, pour se réchauffer, pressaient le pas vers des destinations connues d’eux seuls. La nuit allait tomber et les réverbères disciplinés s’étaient tous allumés en même temps, livrant leur halo blafard au crépuscule naissant.
La femme ne le quittait pas des yeux et semblait attendre une réaction de Loup. Puis elle le surprit à nouveau : - Vous me plaisez beaucoup Loup. Stupéfait, au terme d’un silence pesant et tendu, Loup réagit enfin : - J’ignore comment vous connaissez mon prénom… Comment ? - Je connais toutes les âmes susceptibles de me plaire, dont la vôtre. Répliqua-t-elle avec un sourire énigmatique. Sa voix rauque au timbre grave lui parut inquiétante tant elle était lugubre. - Qui êtes-vous ? - Qui pourrais-je être selon vous ? Loup sortait lentement de sa torpeur. Reprenant confiance, il la provoqua : - Vous vous êtes échappé d’un asile ! Le visage de la femme se durcit instantanément : - Je suis la Mort. Chaque mot s’enfonça douloureusement dans le crâne de Loup. Mal à l’aise, il éclata d’un rire faux et forcé. - La Mort ! Ben voyons… - Vous ne me croyez pas… Vous devriez. Etrangement, il la croyait. Au fond de lui, il savait qu’elle disait vrai. (à suivre)
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 28 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Vous me connaissez mieux à présent et vous avez tous compris que je suis très copine avec certains animaux. J’ai dans le répertoire de mon téléphone portable de nombreux numéros de souris, de coccinelles, de papillons, de chats, d’éléphants, et j’en passe. Moins d’araignées et de serpents mais nul n’est parfait. J’ai également connu une fourmi dont, je crois, je ne vous ai jamais parlé. Et pourtant, elle était vraiment fourmi… dable… Elle vivait en communauté dans mon jardin quand j’étais petite et j’ai fait sa connaissance un jour où, pour « voir comment ça faisait », j’avais versé un verre d’eau dans sa maison. Ce fut l’affolement général dans la tribu et toutes couraient en tout sens. Cela m’amusait beaucoup. Une seule fourmi restait immobile et me regardait, toutes les pattes sur les hanches, l’air sévère. Elle m’a grondée, sermonnée et m’a fait jurer de ne plus jamais recommencer. Impressionnée, j’ai juré. Elle m’a finalement pardonnée « parce que tu es jeune », a-t-elle ajouté en soupirant. Puis elle a grimpé sur ma main et m’a raconté qu’elle aussi, lorsqu’elle était encore fourmignon (fourmillon ? fourmiquet ? fourmiette ?), elle avait fait quelques bêtises. - Quand on est petit, on veut voir le monde, on veut essayer des choses, on ne connaît rien et on a tout à apprendre, quitte à mal faire ou à faire mal, avait-elle commencé. Eh bien, tu vois, moi je m’ennuyais et j’étais très curieuse de savoir ce qui se passait ailleurs. Et… j’ai fugué ! Quand j’y pense…. Lorsque Fourmimaman s’est aperçue de ma disparition, elle était folle d’inquiétude mais moi, bien sûr, j’étais inconsciente. Je suis sortie un matin très tôt alors que le soleil se levait à peine. Très vite, je me suis trouvée au bord d’un lac. Un immense lac. Mais quand on est petit, on n’a peur de rien. J’ai plongé et j’ai réussi à le traverser à la nage. Une fois sur l’autre rive, j’ai poursuivi mon chemin gaiement jusqu’à ce que je me trouve au pied d’une montagne. Je l’ai gravie. Il commençait à faire chaud et je suis arrivée épuisée sur l’autre versant. Fatiguée mais satisfaite de l’avoir fait. Je croisais parfois d’autres fourmis mais aucune d’entre elles ne fit cas de moi. Cependant, en fin de matinée, je tombais sur un éléphant. J’étais terrorisée mais j’ai rassemblé toutes mes forces et mon courage et j’ai réussi à faire rouler un petit caillou. Le bruit a fait sursauter l’animal qui a fini par s’enfuir. J’avais eu très peur mais j’étais fière de moi. Je me suis dit alors que j’avais parcouru la majeure partie du monde et qu’à présent, je pouvais rentrer. Quand Fourmimaman m’a aperçue, elle m’a réprimandée vertement puis m’a serrée très fort contre son thorax. - Pourquoi me racontes-tu tout ça ? - Pour que tu comprennes que parfois, on peut faire du mal « juste pour voir ». - Oui mais n’empêche que tu as presque fait le tour du monde toi ! - Penses-tu ! Quand j’ai grandi, j’ai su que le lac n’était qu’une trace de sanglier remplie d’eau, que la montagne n’était un gros caillou et que l’éléphant n’était qu’une pauvre souris trouillarde. Et mon verre d’eau, c’était les chutes du Niagara. Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 27 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur du jour ? « Au secours », « en colère », « maussade », « rebelle » et « tendre ». Un mélange de tout cela, pour vous Madame Ingrid Bétancourt.
Quand certains se perdent dans les protocoles et les salamalecs auxquels je faisais allusion hier, se questionnant sur une piètre révérence que l’on doit faire ou ne pas faire, d'autres, comme vous Madame, attendez quelque part dans l’impuissance face au mépris des hommes qui vous retiennent. La révolte s’endort, hélas, emportant avec elle vos dernières forces.
Je pense à vous Madame qui êtes otage depuis plus de six années. Aucune âme ne mérite d'être la caution d'une autre. Où devrait s'arrêter la liberté ? Nous le savons tous mais certains d'entre nous l'oublient parfois.
J'ai lu les passages de la lettre que vous avez écrite à votre famille. J'en ai été profondément bouleversée. A chaque ligne, j'ai souffert avec vous. A chaque mot, j'ai aimé avec vous. A chaque paragraphe, j'ai osé espérer avec vous. L'espoir a des tiroirs que nous ouvrons mais que d'autres, parfois, referment à notre place. Ceux qui détiennent dans leurs mains des vies qui ne leur appartiennent pas.
Beaucoup s'agitent pour vous. Des battements d'ailes contre la tempête dont chacun est un mot d’humanité... Dans l’espoir qu’ils ne seront pas vains.
Vous ne saurez pas que je pense à vous, Madame, mais il me semblait important de le dire. Pour ne pas avoir honte. Les silences rongent. J’ai été la 560 972ème à signer la pétition de votre maman. Cela ne me donne même pas bonne conscience. Je suis libre et vous ne l’êtes pas. Je pense à vous, Madame, et à tous ceux qui, comme vous, vivent la mort à chaque seconde sans n’y rien pouvoir faire qu’attendre. « Je n’ai envie de rien. Je crois que c’est la seule chose de bien, je n’ai envie de rien car, ici, dans cette jungle, l’unique réponse à tout est « non ». Il vaut mieux donc, n’avoir envie de rien pour demeurer, au moins, libre de désirs. » (Ingrid Bétancourt)
Copyright © 2008 Martine Rousset
|
> Lire les 7 commentaires