Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Renifleur : Je nifle et renifle la bécasse...
tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
Martine : What else ? Devine !
Georges C. : What else ?
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Publié le 16 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Sans être une collectionneuse, j’ai parfois chiné quelques vieux dictionnaires de la langue française que je conserve avec tendresse. Il est amusant d’observer l’évolution des mots au fil des siècles… Prenons par exemple le mot « femme ». En 1810, elle est « la femme de l’homme ». En 1880, elle est « la femelle, la compagne de l’homme » mais elle est également décrite : « la femme a communément une chair tendre et molle, des formes arrondies, le contour des membres gracieux, les hanches fort larges, les cuisses grosses et les extrémités petites » ! En 1922, elle reste la « compagne de l’homme » mais devient plus généralement l’« ensemble des personnes de sexe féminin », définition confirmée de nos jours par « Etre humain du sexe féminin, par opposition à homme ». Finie la chair tendre et molle… Et l’adultère ? Sur mes dictionnaires de 1880 et de 1922, les définitions sont identiques : « Qui viole la foi conjugale ». Mais en 1810, bien qu’on y trouve la même définition que précédemment, il y est ajouté une petite précision qui va faire bondir les féministes : « Qui viole la foi conjugale, en parlant des femmes ». Sans commentaire. Quand nous convolons en 2008, nous nous marions. Tout au long du 19ème siècle et une partie du 20ème, convoler signifiait que l’on se remariait. Si c’était la première fois, on se mariait, tout simplement. Aujourd’hui, si on vous traite de conard, vous êtes un imbécile fieffé. Ce qui est une insulte de nos jours avait une signification tout à fait différente il y a 100 ans puisque le conard était « Membre d’une société joyeuse qui célébrait les jours gras à Rouen par toutes sortes de bouffonneries ». D’ailleurs, à cette époque le « conard » n’avait pas de féminin. A présent oui… En tout cas, avec l’existence d’Internet, il me semble que nous consultons de moins en moins nos bons vieux dicos. Moi y compris. C’est un tort. Les dictionnaires ont un charme émouvant que nous n’allons pas tarder à oublier. Résistons !
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 15 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante
- Martine ! Venez ici immédiatement ! - Je suis là ! Forcément ! D’abord : bonjour Lazare ! - Salut. - Qu’ai-je encore fait ? - Rien ne va plus. Vous partez en vrille. - Mais… - Taisez-vous. C’est moi qui parle. Pourquoi avez-vous publié la quatrième et dernière partie de votre nouvelle ? - … - Répondez. - Vous m’avez dit de me taire… - Je n’ai pas envie de rire. Répondez ! - Eh bien… Parce qu’après la troisième, c’est la quatrième… Logique non ? - Vous n’auriez jamais dû. Si vos lecteurs désiraient connaître la fin, il fallait tout d’abord qu’ils votent pour vous au Festival de Romans. - Oh ! - Vous savez combien de visiteurs différents ont lu la troisième partie ? 300 ! - Ça fait plaisir non ? - Oui mais savez-vous combien de votes vous avez obtenus pour le moment à Romans ? 29… C’est minable très chère. Si nous retranchons 29 à 300, combien obtenons-nous ? - 9 moins 0, je retiens 1, 2 plus 3… - Avec 10 doigts vous n’y arriverez pas... Cela fait 271. 271 personnes qui ont lu la troisième partie de « La petite annonce de Firmin », qui sont même revenues le lendemain pour lire la fin et qui n’ont pas voté. C’est que cela les intéresse un tantinet… Il vous aurait fallu faire de la rétention de fin de nouvelle. - De la rétention de fin de nouvelle ! - Oui. Vous ne savez pas vous y prendre. - Mes lecteurs font comme bon leur semble. Et puis d’abord, faites-vous partie des 29 votants ? - Absolument. Nina également. Quant à mon chat, il s’est créé une adresse courriel afin de pouvoir voter pour vous. D’ailleurs, si vous avez besoin de le joindre notez la : « lechatdelazare@catmail.fr ». - C’est gentil… Merci… - Vous voulez vraiment être dans les 10 meilleurs scores de votre catégorie ? - Oh, si cela n’est pas possible, cela ne m’empêchera pas de dormir vous savez… - Probablement mais ce serait dommage de ne pas avoir tout essayé. Vous l’avez dit vous-même, si vous y parvenez, vous pourriez éventuellement effleurer le doux espoir d’un contact utile pour l’édition de votre second livre. Et si ça fonctionnait ? - Si ça fonctionnait ?... Je pense que je ferais le tour du village au volant de ma Valentine en klaxonnant ! - Au fait, ça roule bien une pelleteuse ? - Oooh ! Lazare ! Vous n’avez quand même pas cru que Valentine était une pelleteuse ! C’était une blague ! - Ah bon ? Il est vrai que ce choix me semblait étrange… Ce n’est pas l’idéal pour se garer en ville, une pelleteuse… Enfin, bref, je ne suis pas venu pour vous parler de votre voiture, mais de votre blog. Débrouillez-vous mais faites voter les 271 qui ne l’ont pas encore fait. - Je vais voir ce que je peux faire mais je ne peux obliger personne, vous le savez bien. - Alors, moi Lazare, je vais le faire : Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs les 271… CLIQUEZ...
… LÀ !
Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 14 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Ce qui n’aurait jamais dû logiquement se passer arriva : Jessica vint s’installer chez Firmin. L’automne se termina, poursuivi à toute allure par un hiver et un autre printemps. Les fenêtres étaient grandes ouvertes. C’était la première journée aussi ensoleillée et aussi douce de l’année. Firmin avait eu durant l’hiver quelques petits soucis de santé. Une mauvaise bronchite. Mais il allait à présent tout à fait bien. Il somnolait après déjeuner allongé sur le canapé. Jessica pianotait sur son ordinateur portable en grignotant une pomme. Son téléphone mobile retentit. Elle décrocha à la première sonnerie en jetant un regard sur Firmin qui ne semblait pas avoir été dérangé dans sa sieste. Elle s’isola dans la chambre. Firmin l’entendit chuchoter et intrigué, se leva silencieusement en jurant contre sa hanche qui lui faisait de plus en plus mal. Il s’approcha de la porte de la chambre qu’elle avait juste poussée. « Je ne sais pas. » « J’ai cru qu’il y passait cet hiver. » « C’est raté. Quelle vitalité à son âge ! » « Je n’en peux plus. J’espère au moins que je n’attends pas pour rien. » « Non, je ne sais pas combien il a sur son compte. Je le saurai après ». « Ok. Moi aussi. Je t’embrasse Amandine. On s’appelle ». Firmin n’avait plus sommeil. Le ciel lui était tombé sur la tête et il n’avait pas son chapeau. Comment avait-il pu être aussi naïf… Vivre aussi longtemps et croire encore au miracle… - Qui était-ce ? Demanda Firmin du ton le plus anodin qu’il put tout en poussant la porte. Jessica sursauta. - Amandine. Elle voulait savoir si tu allais mieux. Elle t’aime bien tu sais. - Elle est bienveillante cette petite, articula-t-il difficilement. - Ça ne va pas ? - Si, si. Je me réveille tout doucement. Aurais-tu la gentillesse de me préparer une verveine ? Il retourna s’asseoir sur le canapé et allongea ses jambes sur la table. Jessica s’exécuta sans rien dire. Quelques minutes plus tard, elle apparaissait avec une grande tasse de verveine. Elle la lui tendit et s’assied près de lui. - Tu te souviens quand j’avais rêvé que tu m’offrais une bague et que j’étais heureuse ? Le vieil homme la regardait, soupçonneux, et se contenta d’acquiescer d’un clignement des yeux. - Eh bien, j’ai rêvé cette nuit que tu me proposais de partir en croisière et j’étais ravie ! C’est probablement parce que tu m’avais parlé de ton envie de faire une croisière l’hiver dernier, juste avant tes problèmes de santé. C’est drôle les rêves ! On ne sait même pas si cela veut dire quelque chose. Il s’en passe des choses dans nos têtes la nuit ! Il ne répondit pas et but son infusion d’un trait. Deux semaines plus tard, Firmin mourait sans le savoir. Il mourait en dormant. Quand Jessica fut convoquée par Maître Honaume, le notaire, elle arriva avec plus d’une demi-heure d’avance. Elle attendit fébrilement l’heure convenue dans la salle d’attente, en compagnie de quatre vieilles dames silencieuses. La secrétaire les fit rentrer toutes ensemble dans le bureau du notaire qui les invita à s’installer sur les sièges de cuir blanc disposés en face de lui. Jessica ne comprenait pas pour quelle raison ces dames étaient là avec elle. Elle les regardait avec méfiance. - Mademoiselle Jessica Trisse, Madame Lucie Holle, Madame Bernadette Mitterac, Madame Yvette Ornière et Madame Joséphine Hozer, je vous ai convoquée car Monsieur Firmin Dubois est passé dans mon office quelques jours avant de mourir. Il m’a laissé cinq enveloppes à remettre à chacune d’entre vous. Joignant le geste à la parole, il ouvrit le tiroir de son bureau et en retira cinq enveloppes kraft. Le nom de chacune était soigneusement consigné de la main de Firmin dans le coin de chaque enveloppe. - Vous connaissez Monsieur Firmin Dubois ? Seule Jessica répondit par l’affirmative. Les quatre autres firent non de la tête. - Lorsque vous aurez ouvert, vous comprendrez probablement. Il remit les plis à leurs destinataires. La première à ouvrir l’enveloppe fut Bernadette. Elle en retira une pochette où figurait le nom d’une célèbre compagnie organisatrice de croisières ainsi qu’un feuillet de quelques lignes écrites par Firmin. Machinalement, elle lut à haute voix : Madame, En répondant à une petite annonce par laquelle je recherchais une compagne afin de terminer ma route avec elle, vous avez un jour souhaité me rencontrer. J’ai eu la faiblesse de ne jamais donner suite à votre lettre. Je ne saurai donc jamais si nous aurions eu plaisir à effectuer la croisière de mes rêves ensemble. Par conséquent, je vous offre ce tour du monde que vous ferez sans moi mais avec ma pensée affectueuse. Bon voyage. Firmin.
Les trois autres vieilles dames trouvèrent la même pochette et la même lettre dans leur enveloppe. Les yeux arrondis par la surprise, elles restaient interdites. Jessica ouvrit à son tour son enveloppe qui était bien plus épaisse que les autres. Elle s’imaginait bien que si il avait offert des croisières hors de prix à quatre inconnues, elle allait y trouver un cadeau éblouissant. Lui laissait-il de l’argent ? Son appartement ? Son enveloppe contenait un livre intitulé Comment interpréter vos rêves et deux mots perdus au milieu d’une feuille blanche : Amuse toi. (FIN) Copyright © 2008 Martine Rousset
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Publié le 13 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
- Vous êtes Firmin ? - Jessica ! Mais vous êtes une enfant ! S’insurgea-t-il. - J’ai trente-huit ans… Je ne suis plus une enfant depuis longtemps… - Mais… Enfin… Vous avez lu mon annonce ? Je suis octogénaire mademoiselle ! - Et alors ? Où est le problème ? Allons prendre quelque chose de chaud. Je suis frigorifiée. Firmin était sidéré. Comment une femme aussi jeune pouvait-elle avoir envie de rencontrer un vieux monsieur ? Ils entrèrent dans le bistrot le plus proche et commandèrent du thé au citron. Firmin, fort perplexe, observait Jessica. Elle restait silencieuse, les mains entourant la tasse d’infusion brûlante. Elle était brune, cheveux mi-longs, relativement petite et assez ronde mais son visage aux traits réguliers était très agréable. Ses yeux surtout. Immenses et bleus pâles. - Vous semblez déçu, déclara-t-elle tout à coup. - Déçu n’est pas le mot ! Surpris surtout. Qu’attendez-vous de moi Jessica ? Qu’attendez-vous d’un vieil homme de quatre-vingt-six ans qui passe une annonce pour trouver une compagne ? Pourquoi y avez-vous répondu ? - Je n’en sais rien. Mon instinct. Vous vivez seul ? - Oui, depuis le décès de mon épouse, il y a dix ans. - Vous avez des enfants ? - C’est un interrogatoire ? - Mais non. Vous n’êtes pas obligé de me répondre ! - Non, je n’ai pas d’enfants. Et vous ? - Non plus. Juste un poisson rouge. - Pas très communicatif un poisson rouge… - Il s’appelle Bubulle. - Charmant… Et il vous reconnaît ? - Oh oui ! Si vous saviez comme il frétille lorsque je vais changer l’eau de son bocal et que je lui crie « allez Bubulle ! Au bain ! ». C’est parce que je le mets dans la baignoire pendant que je nettoie son bocal… - Passionnant… Vous aimez l’art ? - La peinture oui, beaucoup. J’adore Edgar Degas… Ils conversèrent ainsi tout l’après-midi. Elle était agréable, cultivée et drôle. Firmin tombait sous le charme sans y croire. La fraîcheur et l’enthousiasme de cette jeune femme lui faisaient oublier les années. Il avait soixante ans. Il avait quarante ans. Ses douleurs articulaires s’envolaient. Quelques semaines passèrent, puis l’été aussi suivi d’un morceau d’automne, le tout ponctué par de gais rendez-vous entre Firmin et Jessica. Il venait tout juste de rentrer après avoir fait quelques courses chez l’épicier quand le téléphone sonna. - Firmin, c’est Jess. Je peux venir cet après-midi ? Il faut que je te parle. - Oui, bien sûr… Rien de grave ? - Grave non. Important oui. Je serai chez toi vers quatorze heures. Elle fut ponctuelle. Elle embrassa Firmin sur la joue et se dirigea immédiatement vers le canapé en cuir noir du salon. Elle s’y installa et attendit qu’il revienne de la cuisine avec un petit plateau chargé de deux tasses de café fumant et d’une assiette remplie de macarons. Il le déposa sur la table basse et s’assit sur le fauteuil face à elle. - Que se passe-t-il ? - J’ai réfléchi. Longuement… Je suis bien avec toi. Firmin rosit. Il passa la main dans ses cheveux pour faire diversion le temps que disparaisse la couleur de ses joues. - J’ai fait un rêve Firmin. J’ai rêvé que tu m’offrais une bague de fiançailles et dans mon rêve j’étais heureuse. Il parut surpris : - Une bague de fiançailles ! - Tu entends ? J’étais heureuse ! Firmin s’éclaircit la voix en toussotant plusieurs fois d’affilée et rétorqua très sérieusement : - Jessica. J’ai cinquante ans de plus que toi ! Cinquante ans ! Je pourrais être non pas ton père mais ton grand-père ! Nous sommes anachroniques ! Et tu sais que si un vieillard peut être d’agréable compagnie, il ne peut en revanche… Enfin… Il ne peut… Comment dire… Il ne peut plus grand-chose ! - Cela m’est égal. J’aimerais être près de toi, tout simplement. Elle semblait sincère. Firmin était abasourdi. Abasourdi mais… ravi… (à suivre) Copyright © 2008 Martine Rousset
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Publié le 12 mars 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
La première réponse ne lui parvint que le mardi suivant. Lucie Holle. Une veuve de soixante-dix-huit ans qui se décrivait comme coquette et gaie. Elle joignait son adresse et un numéro de téléphone en précisant qu’elle serait ravie de le rencontrer. Il décida d’attendre de savoir si d’autres dames lui écriraient avant de prendre contact avec elle. Le mercredi, lorsqu’il ouvrit sa boîte aux lettres, il découvrit avec ravissement que quatre autres personnes répondaient à son annonce. Il prit son courrier et une fois rentré chez lui, il s’installa à son secrétaire et savoura les minutes qui suivirent. Trois des lettres provenaient de vieilles dames, veuves, qui espéraient toutes « très sincèrement le rencontrer ». La quatrième lettre l’intrigua. Il la relut plusieurs fois. Cher Monsieur, J’ai lu votre annonce et j’ai aperçu entre les lignes une délicatesse qui m’a émue. Vous dites aimer les arts mais vous ne précisez pas lesquels, il semble donc indispensable que nous nous rencontrions afin que vous m’en disiez davantage sur vos goûts. A bientôt. J. Elle ne donnait pas son adresse mais indiquait un numéro de téléphone. J… Jacqueline ? Juliette ? Jeanne ? Josette ? La curiosité de Firmin était éveillée. Il rangea les quatre autres lettres dans le petit tiroir de son bureau et décida de téléphoner à cette mystérieuse J. - Allo ? Fit une jolie voix suave. - Bonsoir Madame. Vous avez répondu à mon annonce. Je suis l’octogénaire en question… - Oh bonsoir ! - Je m’appelle Firmin… et vous ? - Jessica. - J’ai six cas ? De quoi donc avez-vous six cas ? S’inquiéta Firmin. - C’est mon prénom ! J-E-S-S-I-C-A ! S’exclama-t-elle en riant. - Jessica… Je n’ai jamais entendu ce prénom… Très joli cependant… Alors, Madame Jessica, puisque je n’apprécie guère l’usage du téléphone, seriez-vous d’accord pour que nous nous rencontrions ? - Oui… Firmin. Ils convinrent d’un rendez-vous le lendemain à treize heures sur la place devant l’Opéra Garnier. Elle porterait un manteau rouge et une écharpe blanche. Le lendemain matin, Firmin se leva plus tôt qu’à l’accoutumée. A neuf heures, il était déjà prêt à partir, son pardessus et son chapeau posés sur un fauteuil. Pour tuer le temps (tuer le temps à son âge…), il attrapa le roman qu’il avait en cours et bien qu’il eut du mal à s’y concentrer, après un déjeuner rapide, l’heure de partir vint enfin. Le temps s’était radouci. Nous étions au mois de mars et le printemps n’allait pas tarder à s’annoncer. Il y avait peu de monde sur la place de l’Opéra. Il aperçut immédiatement une femme qui semblait attendre quelqu’un et qui correspondait au signalement que Jessica lui avait donné d’elle. Le manteau rouge… L’écharpe blanche… Il allait l’aborder mais lorsqu’elle tourna la tête vers lui, il se ravisa. C’était une toute jeune femme. Le manteau et l’écharpe n’étaient donc que pure coïncidence. Il fit les cents pas pendant une dizaine de minutes, surveillant les allées et venues des passants. Il avait croisé plusieurs fois le regard de la jeune femme en rouge quand, soudain, celle-ci s’approcha de lui de manière un peu hésitante. (à suivre) Copyright © 2008 Martine Rousset
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