Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Renifleur : Je nifle et renifle la bécasse...
tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
Martine : What else ? Devine !
Georges C. : What else ?
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Publié le 20 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Les poches vides mais son cageot dans les bras, il entra dans le premier immeuble venu dont la porte n’exigeait pas de code d’accès. De porte en porte, il appuya sur la sonnette et proposa ses laitues. Une heure plus tard, au troisième immeuble, il les avait toutes vendues et possédait 30 €. Ravi, il retourna au supermarché et recommença l’opération. Une fois, deux fois, trois fois… Quand il rentra chez lui, il était à la tête d’une centaine d’euros… Il réalisa alors qu’il détenait une solution pour remonter la pente. Pas très légal, certes, mais de quoi se reprendre… Dans les jours qui suivirent, il réitéra son petit manège et s’octroya le luxe de varier les produits qu’il allait ainsi revendre. Quelques semaines passèrent et il s’acheta une camionnette qui frôlait les limites du contrôle technique. Puis plus tard, un véhicule décent pour finalement parvenir à s’offrir un petit camion. C’est à ce moment-là qu’il créa son entreprise en nom propre. Cependant, il refusa toujours d’équiper sa société en informatique. Une vieille rancœur ancrée en lui… Aujourd’hui, Bertrand possède vingt camions et deux fois plus d’employés. Il a acheté un appartement de standing et une voiture de sport. Et à l’heure où je vous parle, il traite avec son banquier pour la construction d’un troisième entrepôt, les deux précédents ne suffisant plus. - Nous sommes d’accord sur le plan de financement. Vous allez pouvoir commencer les travaux rapidement, lui annonce le banquier, tout sourire. Donnez-moi votre adresse e-mail et je vous préviens dès que l’argent sera disponible. Bertrand sourit. - Je n’ai pas d’ordinateur cher Monsieur. Mon numéro de téléphone vous suffira-t-il ? Répondit-il avec un soupçon d’ironie dans la voix. - Il est bien surprenant, à notre époque, de parvenir à créer une société telle que la vôtre sans connexion avec Internet ! S’étonna le banquier. Imaginez ce que vous auriez pu bâtir si vous aviez eu une adresse e-mail ! Bertrand haussa les épaules sans répondre. Dans sa tête pourtant, la réponse s’y logeait. Il eut juste une pensée fugace qui lui fit émettre un petit rire que le banquier ne réussit pas à interpréter : « Si j’avais eu une adresse e-mail… J’aurais été balayeur… » FIN Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 19 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Bertrand galère depuis plusieurs années. Trente-deux ans, célibataire en pointillé, ni beau, ni laid, depuis qu’il a perdu son emploi de livreur après un égarement à l’heure de l’apéritif, il végète de petit boulot en petit boulot. Il s’en est toujours voulu, lui qui ne buvait pas. Mais ce jour-là, il s’était bêtement laissé aller. Au résultat, la fourgonnette dont il était responsable avait terminé son existence contre un arbre. Il sait pourtant que si il ne trouve pas de travail rapidement, il va se retrouver dans la panade. Alors, il est prêt à tout accepter avant de tomber dans le gouffre. Ce matin-là comme chaque matin, il consulta les offres d’emploi dans la rubrique des annonces du journal local et entoura la seule qui ne requérait pas des diplômes qu’il n’avait pas : « Cherche homme d’entretien dans grosse société informatique. Poste à pourvoir de suite. ». Il téléphona immédiatement au numéro de téléphone indiqué. On lui donna rendez-vous dans l’après-midi même pour un entretien avec le Directeur des Ressources Humaines. - Vous allez passer un test avec le responsable de l’entretien, nous nous reverrons ensuite, lui avait alors annoncé le DRH. Bertrand s’était appliqué. Le balai n’avait négligé aucun angle de la pièce dans laquelle on l’avait mis à l’épreuve sous l’œil critique du responsable de l’entretien. Le type sembla satisfait et l’accompagna à nouveau chez le directeur. - C’est bon, il sait balayer, dit-il en quittant le bureau. - Parfait. Par conséquent, vous êtes engagé. Je dois vous faire remplir un formulaire pour votre embauche. Donnez-moi votre adresse e-mail afin que je vous le fasse parvenir. - Mon adresse e-mail ? Mais je n’ai plus d’ordinateur ! Répondit Bertrand. Ne pouvez-vous pas me remettre ce formulaire en main propre ? - Vous n’avez pas d’ordinateur ! Cela ne va donc pas être possible, je suis désolé. Nous ne communiquons avec nos employés que par e-mail. Nous sommes une société d’avant-garde Monsieur. Nos employés doivent l’être également. Je suis navré. Au revoir Monsieur. C’était sans appel. Bertrand était terrassé par les mots du directeur. Il y avait pourtant cru… Il avait pensé aux 20 € qui lui restaient et s’était déjà enthousiasmé du salaire qui se profilait. Désespéré, il quitta les bureaux de la société et erra un long moment dans les rues avoisinantes. « Il me reste 20 €… Je suis fichu, foutu… Les factures… Le loyer… », pensa-t-il alors que ses yeux se mouillaient de larmes. Il lui fallait réagir dans l’urgence, il le savait. Il reprit ses esprits et une idée lui vint. Il s’engouffra dans un supermarché et dépensa la totalité de sa maigre fortune en achetant un cageot de laitues qu’il choisit soigneusement. C’était risqué, il en était conscient mais la hargne déclenchée par ce satané directeur lui avait soudainement donné des ailes. (à suivre) Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 18 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : au choix.
Le taulier d’ici, malgré ses défaillances (je vais finir par me faire virer…), a quand même deux bons points à son actif : les humeurs et la tribune libre. La tribune libre a le mérite de faire bouger le blog en live et les humeurs, l’avantage de pouvoir lire les articles sans se méprendre sur l’état d’esprit (dans quel état parfois, d’ailleurs…) du rédacteur. Certes, il m’arrive d’être d’une toute autre humeur que les sept proposées (oh ! Cela en fait une pour chaque nain de Blanche Neige ! Il y avait longtemps qu’on ne les avait pas sortis de leur tiroir…) mais plus ou moins, avec les humeurs « Au secours », « Tendre », « Rebelle », « Gaie », « Souriante », « En colère », « Ironique » et « Maussade », on s’en sort. Mais finalement, même si toutefois vous avez une petite idée de l’ambiance des articles, imaginez-vous à quoi correspond réellement chaque humeur pour moi ? Non. Alors, je vous explique. Vous n’avez plus à présent qu’à imaginer avec malgré tout davantage de facilité pour ceux qui me connaissent. L’humeur « Au secours » : C’est celle de l’impuissance. Je trépigne et j’enfonce rageusement mes doigts sur les touches de mon clavier. Je dénonce mais je sais que je ne vais rien changer. Je balance dans le vide mais cela soulage. Pour peu que quelques commentaires me rejoignent dans l’humeur, je ne suis plus toute seule dans le vide et on peut en profiter pour se faire un poker afin de patienter en attendant. En attendant quoi, me direz-vous ? Rien. D’où l’intérêt. L’humeur « Tendre » : Là, quand j’écris, j’ai des yeux de merlans frits. Je flotte sur un nuage vaporeux duquel je me penche vers mon clavier (sans harnais). Je cherche des mots pour décrire l’invisible. Je m’y perds parfois… L’humeur « Rebelle » : J’entoure alors mon écran du bandeau blanc de la tête de Maure. Je chante « Une souris verte » à ma souris, les sourcils froncés et une main sur l’oreille façon polyphonie. Je bombe les murs de mon bureau. J’installe mon ordinateur dans une bergerie et j’écris mon blog par contumax en cagoule-treillis-rangers. L’humeur « Gaie » : Le ciel est bleu. Les oiseaux chantent. Tout me fait rire, même la tête du facteur quand il m’amène mon petit tas quotidien de factures. Même la tête désolée de ma blanquette de veau ratée. Les Inuits débarquent chez moi en rangs serrés, menés par Ramsès II toutes bandelettes au vent. J’élabore des théories saugrenues. Pour ceux qui connaissent le langage SMS, c’est l’humeur « MDR ». L’humeur « Souriante » : Le ciel est bleu mitigé et les oiseaux chantent tout bas. C’est l’humeur la plus standard. Elle oscille entre l’humeur « Je sais pas » et l’humeur « J’en sais rien ». Je suis entre rire et zenitude (mot qui n’existe pas. D’ailleurs, avez-vous remarqué que certains mots qui n’existent pas devraient exister puisqu’on les comprend quand même ?). Essemessement (racine : SMS) parlant, l’humeur est au « Lol ». L’humeur « En colère » :
J’ai les pieds dans les starting-blocks et le doigt sur la gâchette (touche « Suppr. » du clavier). Je tire sur tout ce qui bouge. Au village, les gens traversent la place du village en zigzagant pour éviter mes mots devenus des projectiles. Mon Roudoudou se terre dans sa tanière et se hâte de débarrasser le plancher de tous les pots de Danette vides. J’utilise mon clavier blindé spécial humeur « En colère », le seul à résister à mes doigts courroucés (d’où le fameux Coup Rousset, une attaque terrible contre l’ennemi). Ma souris brandit son petit drapeau blanc mais c’est sans effet. La tueuse qui est en moi hésite entre la carrière de serial killer et celle de nettoyeuse. L’humeur « Ironique » : Je sifflote, l’air angélique, mais sous mes faux airs de blogueuse-blanche-comme-neige, je ricane. Les yeux plissés, je vise la cible du jour. Je lance mes petites flèches en m’appliquant. Là encore, cela ne sert à rien. Mais c’est parfois bon… L’humeur « Maussade » :
Ma boîte de Kleenex entre l’imprimante et la Live Box, la déprime me guette. J’hésite entre deux numéros de téléphone : celui de SOS Amitiés et celui du psy. Une petite voix intérieure me raisonne : « Mais t’es folle ! Tu vas pas appeler un psy ! ». Elle a raison. Quant à SOS Amitiés, cela me fait penser à une scène du « Père Noël est une ordure » et du coup, ça me fait rire (cf. « Humeur Gaie »). Ça aide à la lecture de savoir tout cela, n’est-ce pas ? Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 17 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Rebelle
Là, je sens que je vais soulever une polémique. Je vous préviens, au terme de cet article, dès que le point final sera enfoncé, je pars en courant… En secondant mon Roudoudou dans la lecture imposée d’un livre pendant les vacances par son professeur de français, une multitude de souvenirs m’ont assaillie. Je me suis rappelée, alors que j’étais lycéenne, mon air perplexe lorsque j’ai dû lire Molière, mes bâillements lorsque j’ai lu Maupassant, mon ennui en découvrant Balzac… Tous ces auteurs écrivaient des choses qui me semblaient totalement désuètes. Que m’est-il resté de cette époque ? Hormis une sensation d’injustice à me faire ingurgiter ce que des auteurs avaient écrit il y a bien longtemps, à me contrarier mes vacances avec des textes dont je ne comprenais pas la plupart des mots, il ne m’en est strictement rien resté en dehors de ceux que j’ai relu beaucoup plus tard et que j’ai eu l’impression de découvrir… Du coup, j’étais persuadée que seuls les auteurs morts avaient quelconque intérêt. Fort agacée par ce programme de français qui ne captait pas une miette de mon intérêt d’adolescente, j’ai profité d’un devoir exigé par ma prof de terminale pour m’organiser une petite vengeance… Le sujet : Fiche de lecture sur un ouvrage libre. Ah ouais ? Vous avez dit « libre » ? J’ai donc inventé un bouquin qui n’existe pas avec un auteur qui existe encore moins. Je ne me souviens que du titre : « L’ombre du chat ». J’ai raconté une histoire en campant des personnages et j’ai créé une vie à l’auteur. C’était une épreuve orale. Quand j’ai eu terminé mon petit exposé, la prof m’a juste dit en m’octroyant une excellente note : « Je ne connais pas du tout mais vous m’avez donné envie de le lire. Je vais me le procurer. Quelle édition ? ». J’ai répondu avec aplomb : « Flammarion », le seul qui me soit venu à l’esprit. C’était la fin de l’année scolaire et je n’ai pratiquement plus eu l’occasion de la croiser… Cherche-t-elle toujours « L’ombre du chat » ? D’accord, toutes ces vieilleries font partie du patrimoine de la littérature française et ont vocation à donner quelques bases aux d’jeunz. Mais… doit-on s’acharner à utiliser un tourne-disque en permanence quand on dispose d’un matériel moderne aujourd’hui ? Pourtant j’entends ça et là des profs qui sortent des sentiers battus et qui font également étudier à leurs élèves un livre pour lequel ils ont eu un coup de cœur. Un livre dont le vocabulaire n’est pas dépassé. Un livre avec des idées actuelles. Un livre pour lequel s’éveillerait l’intérêt des d’jeunz à tel point qu’ils s’en souviendraient plus tard ? Si, si, ça existe. En ce qui concerne le livre que mon Roudoudou doit lire pendant les vacances, il s’agit de « La controverse de Valladolid » du contemporain Jean-Claude Carrière. Je l’ai lu et je comprends son intérêt pédagogique à vouloir rapprocher les d’jeunz de seconde de la philosophie. Mais bon. A voir le regard effaré de mon fils au fil des pages, n’y avait-il pas plus ludique ? Extrait : « Comment puis-je prêcher ? demande Las Casas. Comment puis-je parler de douceur et de charité ? Et de l’amour qu’a Dieu pour tous les hommes ? Comment évoquer la mansuétude de Marie ? Comment raconter, par exemple, la parabole du Bon Samaritain ? Comment apporter la consolation de la vie éternelle à ceux que nous privons de la vie présente ? Qui peut me répondre ici (…) ». Hein Roudoudou ? Peux-tu lui répondre ?
Cloc cloc cloc cloc… C’est le bruit de mes talons aiguilles qui détalent. Mais je suis déjà loin... Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 16 avril 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Rebelle
Prenez un petit immeuble dans une ville de province. Six étages, deux appartements par étage auxquels s’ajoutent les deux du rez-de-chaussée. En tout, treize familles, la quatorzième venant d’être expulsée car elle ne pouvait plus payer son loyer. Hormis la famille Léger du quatrième droite dont les deux époux sont fonctionnaires et s’estiment heureux de leurs 3 000 € mensuels, les autres foyers ont un budget parfois bancal. Madame Léger sait qu’elle est privilégiée et n’hésite pas à donner les vêtements trop petits de ses enfants à Madame Pierret du premier droite. Cette dernière, après une longue période de chômage touche à présent le RMI et ne peut se permettre des folies. Les Catherin du sixième gauche sont tous les deux à la retraite. Lorsqu’ils travaillaient encore, ils s’étaient dits qu’à la retraite, ils pourraient réaliser tout ce qu’ils n’avaient pas eu le temps de faire avant. Mais leur retraite n’a pas suffi. Ils se sont cependant offerts pour Noël un superbe téléviseur à écran plat. Ils peuvent désormais regarder les documentaires sur les pays du monde -ce dont ils raffolent- dans les meilleures conditions. Monsieur Pleuvry du rez-de-chaussée gauche est le doyen de l’immeuble. Il a quatre-vingt-un ans et si ses yeux ne lui causaient quelque souci, il serait de parfaite santé. Il est allé voir un ophtalmologue qui lui a assuré qu’une petite intervention de rien du tout lui rendrait la vue. Mais cette intervention n’est pratiquement pas prise en charge par la sécurité sociale. Alors, il a renoncé. Il se contente des visites régulières de Madame Le Quéau du cinquième droite qui vient lui lire son journal. Le dossier de surendettement des Lepage du rez-de-chaussée droite vient enfin d’être accepté. De crédit en crédit, ils avaient fini par s’enliser dans une situation inextricable après que Madame Lepage eut perdu son emploi. Mademoiselle Delande du second gauche vivote et s’ennuie entre deux missions d’intérim. Pour passer le temps, elle discute avec tous les autres locataires, elle rend des petits services. Tout le monde l’aime bien. Elle s’est amusée à calculer le total des revenus des gens de l’immeuble et a expliqué aux uns et autres qu’à eux tous, ils comptabilisaient 19 331 € par mois. « C’est énorme ! » s’est extasiée Madame Lepage. « Presque trois ans de RMI ! » a fait observer Madame Le Quéau. « De quoi me faire opérer trente fois des yeux ! » a soupiré Monsieur Pleuvry. 19 331 € par mois… N’est-ce pas le salaire net mensuel de l'occupant de l'Elysée ? Copyright © 2008 Martine Rousset
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