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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
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Fernand : Je soutiens georges mais Martine ne veut pas déroger...
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Publié le 11 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Cerise en fut si troublée qu’elle en oublia instantanément le numéro de la table à laquelle elle devait s’installer. Elle retourna s’en enquérir sur la liste des joueurs affichée dans la salle et en profita pour repérer le nom du jeune homme.
Stupéfaite, elle marmonna pour elle seule :
- Helmut Schön ! Non seulement il est champion d’Europe mais en plus il est beau ! 
Puis les parties débutèrent, déclenchant une concentration extrême chez les participants. Hormis quelques toussotements discrets, on n’entendit plus que le cliquetis des pendules sur lesquelles chacun appuyait après avoir joué son coup. Helmut, la tête dans les mains et les doigts rassemblés en œillères afin d’éviter toute évasion intempestive de son esprit, parcourait l’échiquier des yeux à une allure vertigineuse, anticipant à la fois sur son jeu et sur celui de son adversaire.

Quant à Cerise, une dizaine de tables plus loin, elle s’était elle aussi isolée mentalement afin de disputer au mieux une partie qui s’avérait difficile contre un jeune chinois d’envergure.
Elle perdit sa partie après deux heures trente d’un combat acharné. Elle serra la main de l’asiatique, le gratifia d’un sourire poli puis se leva en silence. Elle s’arrêta discrètement près d’Helmut qui jouait toujours afin d’évaluer sa partie. Il était sur le point de gagner. Le roi blanc serait fichu dans quelques coups. Son adversaire préféra abandonner. Helmut poussa un soupir de soulagement et les yeux rougis de fatigue, il s’adossa à sa chaise. Il s’accorda alors un instant de décontraction, les mains croisées derrière son cou, avant d’aller livrer le résultat du match.

Cerise stagna près de lui à chercher son regard mais ne le trouva pas. Ses yeux restèrent suspendus à ce vide reposant dont il avait à présent besoin.
- Je suis transparente pour ce garçon, soupira-t-elle tristement. Pourtant je ne passe pas inaperçue… Plutôt imposante la fille ! Une autre fois peut-être… Ou peut-être pas…

Dès cet instant elle espéra qu’elle jouerait un jour contre lui. A peine rentrée chez elle, elle se mit à étudier assidûment la tactique du jeune homme et s’imprégna de toutes les parties importantes qu’il avait jouées. Une main poussant les pièces du jeu et l’autre plongée dans un immense paquet de chips, elle reconstituait sur son grand échiquier de bois, des heures entières, les positions parfois rocambolesques du jeune champion. Rocambolesques mais souvent gagnantes. Cerise était admirative.
 


(à suivre)

 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 10 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Et puis, elle fascinait son entourage parce qu’au-delà de ses kilos superflus, elle détenait un titre qui engendrait l’admiration : elle était championne de France d’échecs dans sa catégorie d’âge.
Lorsqu’elle décrocha ce titre, le collège entier resta pantois.

Quand elle retourna en classe après sa victoire, elle se contenta de répondre malicieusement aux félicitations enjouées de ses camarades par un laconique :
- Au jeu d’échecs, les fous sont les plus près du roi !
- Comprendra qui pourra, pensa-t-elle, amusée par la mine perplexe de ceux qui reçurent cette phrase sans en saisir le sens.
Elle ne se prenait jamais au sérieux, sauf quand elle disputait une partie d’échecs.

Cerise avait de magnifiques yeux bleu turquoise à l’étincelle rieuse et espiègle, ourlés de longs cils qu’une touche de mascara étirait encore davantage. Sa bouche aux lèvres épaisses et joliment dessinées s’illuminait d’un sourire involontairement charmeur mais honnête. Plus mince, elle aurait probablement fait des ravages parmi les adolescents  mais aucun d’entre eux ne voyait en elle une petite amie potentielle. Elle était la copine, la rigolote, la championne, celle qu’on craignait aussi parfois tant ses propos étaient directs et son humour décapant, mais pas la girl friend que l’on aurait été fier de tenir par la main.
Loin de s’en offusquer, elle s’en amusait :
- Connais-tu le point commun entre des pantoufles et moi ? Avait-elle demandé en riant à Aurélie.
- Non…
- On ne sort avec aucun des deux pour ne pas être ridicule ! 
Cerise se fichait totalement, de toute façon, des garçons du collège. Elle ne leur trouvait aucun attrait pour une seule et unique raison : Helmut Schön, jeune allemand de seize ans, champion d’Europe d’échecs junior, beau comme le jour selon Cerise et laid comme un pou selon Corinne, sa petite sœur qui mettait un point d’honneur à la contredire systématiquement.

Elle suivait assidûment le parcours du jeune champion, lisait attentivement les articles des journaux spécialisés qui lui étaient consacrés, étudiait les parties qu’il avait jouées et appréciait son jeu intuitif.

Elle l’aperçut pour la première fois lors d’un open international en province à l’automne de l’année précédente. Jusqu’à lors, elle ne connaissait que son nom. Quand elle remarqua Helmut, assis à l’une des nombreuses tables alignées dans l’immense salle de réception de l’Hôtel de Ville, décontracté, il attendait son adversaire. Elle tomba instantanément sous le charme de cette touffe de cheveux blonds trop longs et de ces yeux noirs auxquels rien ne semblait échapper. Vêtu d’un jean et d’un tee-shirt blanc mal repassé, il cherchait du regard celui qui allait jouer avec les blancs en face de lui.

(à suivre) 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 09 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
- C’est une fille ! S’écria la sage-femme en brandissant la petite chose vagissante et en la posant sur le ventre de la jeune mère épuisée.

Difficile de dire d’un nouveau-né qu’il est beau. Il n’est ni rose, ni souriant, rarement potelé, le crâne souvent en pain de sucre et son cordon ombilical clampé n’a rien d’engageant. Mais quand il s’agit de son propre bébé, mûri pendant neuf mois, attendu, désiré, aimé sans le connaître, il est le plus beau du monde et on lui souhaite tous les bonheurs. Cerise était tout ça.

Et Cerise a grandi et abandonné ses grenouillères à sa petite sœur arrivée trois ans après elle. Puis elle a grandi encore pour passer de l’école maternelle à l’école primaire. Et aujourd’hui, elle est en classe de quatrième dans un collège privé.

Mais si Cerise a grandi, elle a grossi également. Cerise est une adolescente aux formes généreuses accentuées par sa petite taille et ses cheveux bruns démesurément longs. Oubliée la fillette maigrichonne avec laquelle il fallait utiliser des ruses de sioux afin de lui faire avaler deux grains de riz transformés pour l’occasion en avions. Oubliée l’écolière pour laquelle la petite montagne habilement sculptée à la fourchette par sa mère dans la purée devenait l’Himalaya. Cerise, à présent, ne se fait plus prier et son tour de taille s’en souvient.
Lorsque Aurélie, sa meilleure amie, lui suggéra prudemment un jour : « Tu devrais faire attention à ce que tu manges… », elle l’interrompit avant même qu’elle n’aille au bout de sa pensée.
- Tu ne vas pas commencer ! Tu aimes le dessin alors tu dessines n’est-ce pas ? Moi j’aime manger alors je mange. Quant à mes rondeurs, je m’en balance, il y aura plus à aimer !
Et tournant les talons, agacée par la remarque de son amie qu’elle jugea effrontée, elle rejoignit un groupe de garçons, la plantant comme une baramine au milieu du préau.
Cerise prétendait assumer son excès de poids mais néanmoins, ne supportait pas qu’on lui en fit quelconque réflexion. Faisait-elle remarquer à Ingrid qu’elle avait de grands pieds ? A Angélique que ses seins étaient ridiculement petits ? A Natacha que ses ongles rongés faisaient ressembler ses doigts à des moignons ? A Aurélie que son maquillage de dame tranchait vulgairement avec son visage encore poupin ? Non, elle ne se serait pas permise de le faire.

Les garçons l’accueillirent volontiers dans leur discussion. Cerise était drôle et d’un caractère suffisamment trempé pour qu’on apprécie sa présence. Son humour acéré et sarcastique faisait mouche à l’instant où on l’attendait le moins, déclenchant des éclats de rire francs et sincères de ses camarades, et parfois même de ses professeurs.

(à suivre)
 

Copyright © 2008 Martine Rousset

Publié le 08 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Quitte à vous décevoir, je dois bien vous avouer que j’ai une vie en dehors de mon blog… Déçus hein ? Aurais-je donc des secrets pour vous ? Hé hé…
 

Pour la semaine à venir, j’ai un programme tellement chargé que je ne peux que me rendre à l’évidence : je ne pourrais pas assurer mes apparitions quotidiennes… Mais rassurez-vous, je ne vais pas vous laisser tomber comme des vieilles chaussettes ! J’ai une conscience, figurez-vous. Bon, d’accord, parfois ma conscience me souffle des bêtises mais c’est justement pour cela que je la garde. L’imperfection a tendance à m’émouvoir…

 

Donc, par conséquent, en même temps, cependant et néanmoins, je vous propose une nouvelle à vous mettre sous la dent. Une nouvelle allègrement tronçonnée parce que… ça m’arrange… De toute façon, c’est mon blog et je fais ce que je veux.

 

C’est l’histoire d’une jeune fille prénommée Cerise (c’est de saison d’ailleurs) que j’avais écrite il y a quelques temps pour la fille d’une amie qui se plaignait que je n’écrivais que des histoires qui ne l’intéressaient pas… « Je veux une histoire d’amour ! Une vraie ! Une qui finit bien et que tout le monde il est content à la fin ! » m’avait-elle déclaré du haut de ses seize ans. Why not ? C’est le printemps, le ciel est bleu, les oiseaux s’éclatent, les cerises rougissent et une petite vague d’eau de rose pourrait être de circonstance. Allons-y pour un peu de fraîcheur.

 

Quant à ma conscience, je la laisse à la maison. Je n’ai pas besoin d’elle quand je m’octroie une pause…

 

Passez un excellent week-end prolongé et à moins que je ne passe devant un ordinateur connecté à Internet, à la semaine prochaine !

 
Copyright © 2008 Martine Rousset
 
Publié le 07 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Souriante

Tellement que j’t’aime ça me rend dingue

Même mon ch’val ça l’déglingue

De m’voir errer comme ça dans mes fringues

A m’demander si je vais t’faire du gringue

 

J’t’aurais bien invitée au bastringue

Mais j’sais pas trop si tu bourlingues

A moins que j’t’emmène en carlingue

Visiter mes estampes à Saint Domingue

 

J’t’ai dans la peau, t’es ma s’ringue

T’es mon sucre, t’es ma meringue

Dès qu’au coin d’la rue j’te distingue

J’suis foutu, j’deviens foldingue.

 

 

Signé : Roger le Prince Charmant


 

Enfin quelqu’un qui pense à moi… Merci Roger.

 
Copyright © 2008 Martine Rousset
 
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