Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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Renifleur : Je nifle et renifle la bécasse...
tiampiste : Si ti an veux pas du tian, tiampis pour toi!
Ramàdent : Dicton mahometian: Tant va le tian à l'eau qu'à la fin le tian pète.
Cristian : Ô tian suspend ton bol!
X : Un tian vaut mieux que deux tu le tianneras
X : Tian ! Voilà du boudin !
Ty-Han : Un tian dans le moule. Un moule dans le tien. Les oies caquettent.
Clo Clo : C'était un textre clos. Roger a senti la menace. Dans cakette, il y a cake.
Roger : De quelle marque et de quelle taille le moule à cake d'Ugo? Eminence? XXL?
Too is too : two with two O, it's too much!
Choking! : Cake with too K, that takes the cake!
Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
RENCARD : Le 6 septembre à LECCI di PORTO-VECCHIO. Sous les pins.
Martine : 50 000 visiteurs ! Wow ! Je peux pas tous les inviter pour l'apéro mais le coeur y est !
Robert : Je demande le soutien de Fernand puisqu'il soutient georges...
Fernand : Je soutiens Georges sans savoir à quel sein me vouer... What else? Faire nan! Nan! Et nan!
What else? : Roger
Martine : What else ? Devine !
Georges C. : What else ?
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Publié le 06 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique
Les filles que nous sommes ne sont jamais contentes. Il faut bien le reconnaître… Nous sommes brunes ? Nous nous teignons en blond. Nous sommes blondes ? Nous nous teignons en brun. Celles qui ne bronzent pas s’empiffrent de gélules au carotène quitte à être repérées par tous les lapins de Garenne. Nous sommes frisées ? Nous nous tirons sur les cheveux jusqu’à asphyxier les neurones imprudents restés en surface. Nos cheveux sont raides ? Nous les frisons. Nous faisons du 42 ? Après dix minutes de contorsion, nous rentrons dans un 40. Bernadette fait du 38 ? Oui, mais elle a beaucoup –vraiment beaucoup- plus de rides que nous. Nicole fait du 38 et a moins de rides que nous ? Oui mais elle s’est sûrement fait faire un lifting en cachette. Justine fait du 38, a moins de rides que nous et n’a pas fait de lifting ? Oui mais elle, on l’aime pas. Passée la quarantaine, nous nous documentons sur l’anti-ride, l’anti-âge, l’anti-vieillissement, le raffermissant, l’hydratant, le liftant, le lissant. Toute la panoplie de la vieille sirène qui est persuadée que tout ça va l’empêcher de s’écailler. Et la balance… Satanée balance… Les sirènes que nous sommes encore mettent un pied dessus et patatras : 1 kilo de plus que la dernière fois. Disparues les sirènes. Les thons les ont remplacées. Quant aux régimes, ceux que nous attaquons irrémédiablement chaque printemps en nous affamant de légumes bouillis insipides et de salades royalement assaisonnées de yaourt à 0 %, après trois jours, c’est l’obsession. Rentrer dans une boulangerie devient un enfer. On se met à la fenêtre pour sniffer l’odeur de cuisine des voisins, celle qui nous gênait tant auparavant. On se fait croire qu’on n’a jamais aimé le chocolat alors que la simple vue d’une marmotte (celle qui met le chocolat dans l’alu) nous fait disjoncter. Et pendant tout ce temps, on n’a perdu que 125 grammes. Courage, encore trois mois d’effort et on pourra se glisser dans le maillot de bain rose bonbon de l’an dernier. Rose aspartam plutôt. Il faudrait peut-être se calmer les filles non ? Les moches ne seront jamais belles, les vieilles jamais jeunes et les grosses jamais maigres. Et si on faisait avec ? Evidemment, c’est pas donné pour les moches, vieilles et grosses… Mais bon, il vaut mieux peut-être être un thon repu qu’une sirène affamée. Quant aux sirènes qui mangent à leur faim, on s’en fiche. On les aime pas. Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 05 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Lorsque la croche s’échappa du violon, elle s’élança au-dessus de l’assistance attentive puis virevolta, effleurant délicatement chacun des auditeurs. Enivrante, envoûtante, étourdissante, elle tourbillonna, en quête d’une apogée réussie. Tout à son destin, elle ne vit pas immédiatement le trémolo qui flottait derrière elle, né dans un souffle de clarinette. C’est quand il s’approcha d’elle qu’elle se sentit soudain submergée par une vibration ondoyante. Imprégnée de cette pulsation inattendue, elle s’abandonna à la musique de cette rencontre sans résistance. Leur mélodie inopinée résonnait en un crescendo infini, léger mais puissant. Doux mais fort. Sensuel mais vigoureux. L’assemblée était suspendue à ce duo improvisé, le souffle coupé par l’harmonie de ce rendez-vous exceptionnel dont elle était le témoin. La croche et le trémolo, en un accord parfait, s’enroulaient en volutes mélodieuses. De cette osmose émanait la magie de la beauté d’un son. Un éclat de bonheur échappé d’une partition et accroché à la voûte d’une salle de concert à la merci d’un public déconcerté par cette merveille presque impudique. Ils n’étaient plus qu’un, ré-unis, enclins à la sérénade, prêts à la fugue. Là. Dos à dos. Si proches. Prêts à grappiller un dièse ou bémol à leur portée pour se fondre davantage. Mi fats, mi fous de tant s’aimer. Mots d’aubade. Mots d’amour. Accord éphémère. Silence. Pause. Soupir. Toujours n’existe pas. Tout s’interrompt, aussi puissant soit-il. L’éternité a perdu sa clef. Clef de fa. Clef de do. Fado. Le chef d’orchestre, dans un dernier battement de baguette, fit taire la symphonie. Seuls résonnèrent encore une croche et un trémolo sous un tonnerre d’applaudissement. Puis ils s’estompèrent en sourdine ne laissant derrière eux que le souvenir extasié de leur unisson. Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 04 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Filippi, avec une pointe d’agacement dans la voix, interpella le garçon : - Et alors ? - Et alors voilà. C’est tout. J’étais en train d’écrire cette histoire, vous ai-je déjà dit. Elle n’était pas terminée quand vous êtes venus me chercher. Pour la première fois depuis le début de l’interrogatoire, le visage de Verdure se détendit. La déception de ses auditeurs était telle qu’il ne put réprimer un sourire. - Monsieur le commissaire, reprit-il, quelle heure est-il ? Filippi s’apprêtait à se retourner vers le coucou quand le prévenu le stoppa net : - Non ! Ne vous retournez pas ! Puis s’adressant aux policiers, et vous ne dites rien ! - Eh bien… Je n’en sais rien… Répondit le commissaire sans comprendre. Il resta ensuite un long moment, hébété, à regarder en silence Verdure dont une mèche pendait à présent devant son œil droit. Le coucou rompit ce silence en sortant cinq fois de sa cachette. - Il suffisait de demander ! S’exclama Filippi, amusé par ce hasard. - Monsieur le commissaire, je vous fais remarquer que votre pendule sonne pour la seconde fois… Vous n’avez apparemment pas entendu la première… Troublant, n’est-ce pas ? N’étiez-vous pas plutôt à écouter mon histoire ? Vous étiez avec Adrienne. Vous étiez avec Hugues. Vous avez vu le corps de ce bébé sous les galets. Vous avez maudit ce comte sans vergogne. Vous auriez aimé que son fils reconnaisse Adrienne comme étant de son sang bien qu’elle ne soit pas de son rang. Vous vous demandiez si un homme et une femme auraient pu être heureux malgré les vingt années qui les séparent. Vous étiez suspendu au visage d’Adrienne lorsqu’elle a répondu au téléphone. Vous étiez ailleurs… Eh bien, voyez-vous, monsieur le commissaire, quand j’écris, je suis ailleurs. Je n’entends plus rien, le temps se suspend, la concentration m’isole… Maintenant, vous savez comment il est possible que je n’aie rien entendu le soir du crime de Jeanne.
Par manque de preuves, il fut rapidement relâché. Bien que dans un premier temps, le commissaire s’était convaincu de la culpabilité de Jean-Marie Verdure, il ne s’acharna pas. Il doutait trop à présent.
A peine rentré chez lui, Jean-Marie termina son histoire :
« Adrienne parvint enfin à répondre à Hugues alors que ses sanglots avaient cessé. - Je suis désolée… Vraiment désolée… Hoqueta-t-elle. - Que se passe-t-il Adrienne ? Parle ! - J’avais commandé des fondants au chocolat chez le traiteur. Tu m’avais dit un jour que tu adorais cela et ce traiteur est vraiment extraordinaire… Mais voilà… Ils ont une grosse panne électrique et ils m’ont prévenue qu’ils ne pouvaient honorer ma commande… Un sentiment de colère submergea immédiatement le jeune homme. Ses traits se durcirent et sa bouche se tordit. - Tu ne vas pas me dire que nous allons manger des petits suisses en dessert quand même ! Eructa-t-il soudain. Elle acquiesça timidement de la tête. Hugues la secoua violemment puis la gifla. Les yeux d’Adrienne s’arrondirent d’horreur. Elle n’eut pas le temps de riposter, les mains d’Hugues serraient son cou et elle s’évanouit. Les coups de couteau dont l’homme la transperça ensuite l’empêchèrent de revenir à elle. »
Quant au coucou, le commissaire l’a changé de place. Il trône à présent en face de de lui lorsqu’il est installé à son bureau.
FIN Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 03 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Le commissaire s’adressa alors aux policiers. - A-t-on récupéré l’œuvre littéraire de monsieur ? Le plus grassouillet des deux lui répondit en soupirant : - Non… - Et pourquoi non ? - Pour quoi faire ? Pour quoi faire, il n’en savait effectivement rien. Il avait juste besoin de connaître ses suspects. - Racontez-moi l’histoire que vous écriviez. Le garçon parut surpris. Il hésita, jetant des regards affolés vers les policiers postés à ses côtés, lesquels le toisaient sévèrement. Dépité, il obtempéra. - Eh bien, je vais vous la raconter… Mon histoire raconte celle d’Hugues et Adrienne. Ils se rencontrèrent dans la salle d’embarquement d’un aéroport. Adrienne était une très belle femme mais elle avait vingt ans de plus qu’Hugues. Il engagea cependant la conversation avec elle et comme cela arrive parfois, allez savoir pourquoi, on se met à raconter sa vie à quelqu’un que l’on ne connaît pas. C’est ce que fit Adrienne. Elle était née alors que sa mère n’avait pas seize ans et qu’elle travaillait comme bonne à tout faire dans le château d’un comte dont le fils se laissa aller à quelques fantaisies avec elle. Bien entendu, lorsque la grossesse fut découverte, on la vira. Personne ne crut la mère d’Adrienne quand elle donna l’identité du père de l’enfant. Pour cette famille de bourgeois, elle n’existait pas. Elle n’avait d’ailleurs jamais existé autrement qu’en jeune fille aux ordres de châtelains persuadés que le simple fait de tenir un balai aurait pu être une menace pour leur noblesse. Fille mère, ou mère célibataire, au choix, elle fut évidemment malmenée par les siens, des campagnards. Démarrage difficile dans sa vie d’adulte. Elle n’était pas encore sortie de l’adolescence que déjà, on l’avait jugée. Lourde blessure qui ne cicatrisera probablement jamais. Ce qui explique peut-être ses vagabondages sentimentaux qui ont suivi. Adrienne pleurait en ressassant la triste vie que fut celle de sa mère. Hugues en fut ému alors qu’il ne connaissait pas encore la suite de l’histoire. Adrienne n’avait que deux ans quand sa mère se trouva à nouveau enceinte. Elle parvint à cacher sa grossesse et lorsque l’enfant naquit, elle fit une chose horrible, monstrueuse, inacceptable... Elle le noya dans une rivière et enfouit son corps sous les galets. Le petit corps sans vie fut découvert et on l’arrêta. Elle fut jugée, condamnée, emprisonnée et déchue de ses droits maternels. Adrienne fut élevée par ses grands-parents, dans un petit village de campagne où, quand on est la fille d’une telle femme, on est fille de rien. On n’est rien. Très jeune, Adrienne, quitta sa famille. Elle ne revit sa mère qu’une seule fois vingt ans plus tard, par hasard, accompagnée d’un homme au teint rubicond puant le vin. Elles avaient parlé à peine une heure, juste le temps pour Adrienne de connaître l’identité de son père. Quelques temps après, elle avait tenté de contacter ce fils de comte… En vain. Il n’avait pas répondu à ses deux courriers. Elle n’a plus jamais cherché à le voir. Elle avait enfin tourné la page. Hugues, déconcerté, avait pris la main d’Adrienne et l’avait délicatement embrassée. Elle avait rougi. Ils échangèrent leurs numéros de téléphone et de retour de leurs voyages respectifs, se revirent plusieurs fois. Et un soir, Adrienne l’invita chez elle à dîner. Elle avait élégamment mis la table. Une nappe blanche, une petite bougie bleue turquoise, une rose rouge dans un soliflore en verre bleu. Sous le charme, Hugues l’avait embrassée au moment où elle était passée près de lui, un plat à la main. A cet instant, le téléphone sonna. Adrienne s’excusa auprès de son hôte et décrocha le téléphone. Elle parut d’abord surprise puis son visage se rembrunit soudain. Elle ne répondit que par quelques « oui » et « non » brefs et insuffisants pour qu’Hugues puisse comprendre ce qui se passait. Puis elle reposa le combiné sur son socle et s’effondra en larmes sur le sol en se laissant glisser le long du mur. Il se précipita vers elle et l’entoura de ses bras. Fou d’inquiétude, il la questionna. Jean-Marie Verdure s’interrompit. Il avait parlé sans s’arrêter une seule seconde. Le commissaire et les deux policiers le fixaient, comme hypnotisés.
(à suivre) Copyright © 2008 Martine Rousset
Publié le 02 mai 2008 à 08:00
Par Martine Rousset
Verdure était en garde à vue depuis la veille et le commissaire devait l’interroger cet après-midi à seize heures. Il en avait fait avouer plus d’un… Il allait le coincer, il le sentait.
Il ferma le dossier, mit rapidement de l'ordre sur son bureau et partit déjeuner. Son coucou venait de l’informer gaiement qu’il était midi.
A seize heures, quelques secondes seulement après les quatre coups de son horloge, Jean-Marie Verdure, encadré de deux policiers pénétra dans son bureau. La trentaine, grand, maigre, les cheveux hirsutes, il était d’une pâleur maladive. Ses yeux étaient comme creusés dans ce visage anguleux. Ses mains étaient longues et osseuses. Il était vêtu d’un jogging bleu marine trop large. - Asseyez-vous, lui ordonna le commissaire en lui indiquant une chaise en face de son bureau. Le garçon obéit sans un mot. Filippi était installé dans son fauteuil. A sa gauche, la porte d’entrée. A sa droite, la fenêtre. Derrière lui, son cher coucou. En face de lui, un coupable probable. Très probablement coupable, d’ailleurs.
Le commissaire se racla la gorge puis : - Jean-Marie Verdure, vous avez déjà été condamné deux fois, n’est-ce pas ? - Oui mais j’ai payé. - Vous aviez menacé un buraliste d’une arme de poing pour qu’il vous remette sa recette… - J’étais poursuivi par les huissiers. C’était un moment d’égarement… - Et les coups et blessure sur votre compagne, c’était également un moment d’égarement ? - De la colère. Je venais d’apprendre qu’elle me trompait depuis toujours avec mon meilleur ami. D’ailleurs, je m’en étais pris à lui aussi mais il n’avait pas porté plainte. - Mouais. En ce qui concerne l’affaire pour laquelle vous êtes ici, vous avez déclaré qu’à l’heure du meurtre de Jeanne Fabrègues, vous étiez dans votre chambre. Qu’y faisiez-vous ? - Je l’ai déjà dit… J’écrivais. - Vous écriviez quoi ? - Une histoire d’amour. - Une histoire d’amour… Et alors que vous êtes plongé dans le silence, un stylo à la main, vous n’entendez pas qu’une jeune femme est assassinée dans la chambre voisine ! - Non monsieur le commissaire. J’écrivais. Intrigué, Filippi observa Verdure. La tête baissée, il regardait ses mains dont les longs doigts s’entremêlaient nerveusement.
(à suivre) Copyright © 2008 Martine Rousset
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