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Le blog de Martine Rousset
Mon bloc perso.
Ici, chaque jour à huit heures, les humeurs d’une blogueuse, mère, mi-ours, mi-cigale et auteur de « Mystères d’âmes », recueil de nouvelles aux Editions A Fior di Carta.
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X : Tian ! Voilà du boudin !
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Clo Clo : Kake c'est cette histoire de moule? Texte clos?...
Msge perso : Ugo, j'oublie pas ton moule à cake. Je te le ramène samedi.
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Publié le 21 août 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
J’ai parlé hier de cette dame qui, lors de ma première dédicace, m’avait confié un manuscrit écrit par un monsieur décédé depuis longtemps. J’ai honte aujourd’hui de l’accueil sarcastique que j’ai fait spontanément à ces pages maladroitement dactylographiées. J’ai parlé sans savoir, sans avoir lu.

Nous perdons tous des occasions de nous taire. En ce qui me concerne, cela en fut une.
A présent, j’ai lu. Pardon Monsieur V. 

Au-delà du talent indéniable de Monsieur V., même si son style s’avère aujourd’hui un peu vieillot,  je suis troublée par tant de points communs entre ses écrits et moi-même. Etranges et troublantes coïncidences.
 

Monsieur V. est un parfait inconnu de la littérature. Professeur de français, il écrivait des nouvelles pour se faire plaisir. Sur son lit de mort, il y a une trentaine d’années, il révéla à la dame qui l’avait accompagné durant plusieurs années dans ses tâches domestiques,  qu’un manuscrit se trouvait chez lui. Il le lui a légué probablement parce que ces pages étaient ce qu’il avait de plus personnel à offrir. C’est ainsi qu’il souhaita la remercier de ses bons et loyaux services. Il n’avait pas d’enfants et n’avait jamais été marié. Son grand amour était mort avant qu’il n’ait le temps de l’épouser… 
 

Pendant 30 ans, ces pages se sont jaunies, à peine ressorties pour être dactylographiées par leur détentrice ou pour être survolées par des yeux peu conscients des trésors de sensibilité et de poésie qui s’y trouvaient.
Depuis, je me suis arrangée pour que tous ces textes inconnus soient retranscrits lisiblement et je sais qu’aujourd’hui, ils sont actuellement soumis au comité de lecture d’une maison d’édition. J’ai simplement voulu contribuer à leur éventuelle publication tant ces textes m’ont émue. J’ignore si ils seront un jour livrés aux lecteurs. Je le souhaite sincèrement. 

Pourquoi ai-je été si troublée ? Parce que je n’avais jamais lu quelque chose qui me ressemblait tant. Certaines nouvelles sont moi.
 

« Nuit d’été », raconte la triste histoire de deux amoureux se retrouvant chaque soir dans la chambre de la jeune femme à la lueur d’une lampe recouverte d’un voile bleu. Une nuit d’été, le cœur de l’homme s’arrête, victime d’un infarctus. Qui aura lu « La Quête » dans "Mystères d’âmes" saura que mon complice a disparu de la même façon. Qui connaît ma maison sait que la lampe de ma chambre est recouverte d’un voile bleu...
« Il était donc déjà fini ce temps miraculeux, ce rêve qu’atteignait si lumineusement la réalité.  Il était donc mort à peine né, cet espoir magnifique qui était en eux ! Ce n’était pas possible ! Ce n’était pas vrai ! Dans sa tête, un bouillonnement violent se fit, d’où surgit une immense colère contre le sort injuste… » (extrait de Nuit d’été, M. V.). 

Quand j’ai lu « Le roi des rats » j’ai frémis. L’une des nouvelles que j’étais en train d’écrire s’appelait « Le rat ». Je l’ai abandonnée depuis.
 

Lorsque j’ai découvert « La valse triste », j’ai pleuré. Il s’agit d’une correspondance entre deux amants éloignés par la vie. La jeune femme mourra quelques jours avant leurs retrouvailles. Les mots du jeune homme résonnaient dans ma tête. Ils faisaient écho à tant de merveilles que j’avais moi-même entendues.
« Seule murmure en moi une voix fraîche comme la rosée. Tout le jour, une foule de ces refrains si jeunes que vous aimiez à fredonner ont chanté dans ma tête, légers et gais comme un gazouillis d’oiseau. « Lettre berceuse » de Mozart, surtout, qui mettait dans vos yeux une gravité inattendue !Tout le jour, je vous ai suivie dans les étapes du voyage, à cette heure, vous êtes déjà en mer et vous quittez Bastia. Le Sampiero Corso vient de contourner la jetée ; il s’élance, si frêle sur cet infini, vous regardez les lumières de la place Saint-Nicolas qui accrochent vos yeux et leur font mal, j’en suis sûr… Et je suis sûr que ma pensée, en ce moment, appelle la vôtre et la retient… Comme le bonheur est inconstant !Tout à l’heure, je suis allé attendre le moment du dîner sur notre petit pont de bois, mélancolique comme le soir qui descendait sur le village, l’eau courait toujours, indifférente telle une étrangère. La montagne, là-haut, était toute rosée… » (Extrait de La valse triste, M. V.). 

J’ai lu l’amour et la mort. L’amore et la mort… Mots qui se sont mêlés avec une audace provocatrice. Je les ai lus alors que j’en étais imprégnée jusqu’au plus profond de mon âme. J’en sors à peine… J’ai ressenti ces pages comme un prolongement, comme une aubaine. Je les entendues comme un appel à la vie et à la sensibilité.  J’y ai lu des mots qu’un autre avait couchés de sa jolie écriture penchée et qui retournaient en moi alors qu’ils n’en venaient pas. Des mots jaillis ailleurs et taris en moi, mystérieusement retournés à ma source.
 

Monsieur V., sachez que votre manuscrit n’est pas tombé dans l’oubli. Il ne faisait que dormir. Il a attendu son heure et s’est réveillé, bercé par le destin. Il s’est blotti dans mes mains et mes yeux en ont parcouru chaque ligne. Son édition ne dépend malheureusement pas de moi mais même si votre livre ne voit jamais le jour, je crois avoir compris que l’intense émotion que vous m’avez arrachée vous aurait suffit.
Publié le 20 août 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Gaie
Etrange aventure que celle de la première dédicace pour un auteur...

C'était en juin dernier. A ce moment-là, "Mystères d'âmes" était un ouvrage vierge de tout regard inconnu et seuls mes très proches l'avaient lu. Je le livrais pour la première fois à une foule (pas vraiment en délire) d'anonymes qui ne me connaissaient pas, qui ne lisaient pas nécessairement autre chose que la rubrique "nécrologie" du quotidien local, qui n'aimaient pas forcément les nouvelles et dont l'objectif était plutôt, dans la galerie du centre commercial où je me trouvais, de remplir leur réfrigérateur que leur bibliothèque.
A dix heures tapantes, j'étais installée à l'entrée de la librairie, maquillée mais pas trop, parfumée modestement à la vanille, les ongles impeccables quoique les avant-bras lacérés par deux semaines de débroussaillage de mon terrain et les talons aiguilles aiguisés. Assise devant ma petite table bistrot fauchée pour l’occasion au bar de la galerie marchande, calée dans un fauteuil (frisant le fauteuil ministre), quelques livres négligemment –mais savamment- posés sur la table et mon stylo Cartier à la main prêt à bondir, avec dans mon sac une cartouche neuve « au cas où ».

 

10 H 15

Ma première dédicace est pour une inconnue. Je signe fébrilement d’une banalité mais elle semble ravie. Elle était la première et elle ne le saura jamais ! Je ne me souviens même plus de son prénom.

10 H 30

Une femme gare son chariot plein à ras bord devant la librairie. Elle s’angoisse à l’idée que quelqu’un pourrait lui faucher. Elle m’aperçoit et me demande si je peux y jeter un œil. J’accepte, bien entendu. En ressortant, elle se sent tout à coup obligée et m’achète un bouquin. Gentille la dame obligée.

10 H 45

Un homme, la soixantaine s’approche tout sourire.

- Vous êtes Martine Rousset ?

« Waow, me dis-je, déjà célèbre ! » tout en ouvrant un livre pour le dédicacer.

- Oui c’est moi.

- Je me présente : A. Rousset.

Il est juste venu pour me dire qu’on portait le même nom... J'ai remis le livre sur sa pile...

11 H 00

Une femme m’aborde. Elle ne s’intéresse apparemment pas à mon livre mais plutôt à la façon dont je l’ai fait éditer. A cette heure-là, j’ai encore de la patience. J’explique. Elle me raconte qu’elle possède un manuscrit écrit par un monsieur décédé et sans descendance et que « vu que c’est une pure merveille » (sic), elle me demande comment rentrer en contact avec un éditeur. Sceptique, je lui demande de me laisser le manuscrit afin de le lire. Elle repart en promettant de revenir l’après-midi.

11 H 15

Le maire de mon village vient me passer un sympathique bonjour.  Il m’avoue au passage que vu que le lendemain, jour de législatives, il devra être de faction au bureau de vote, il est ravi d’avoir quelque chose à lire. Du coup, je lui ai promis de m’inscrire pour voter l’an prochain aux municipales.

11 H 30

Une femme d'un autre univers  achète mon bouquin. Elle m’explique qu’elle aurait dû être écrivain elle-même, que ça vie mériterait un roman, qu’elle a des millions de choses à raconter. Je lui suggère de le faire. Elle me répond qu’elle voudrait bien mais qu’elle ne sait pas par où commencer et que cela fait 20 ans qu’elle y songe. Houla ! Je la sens réfléchir. Au bout d’un moment, la question qu’elle formulait dans sa tête tombe : « Faut avoir quel BAC pour être écrivain ? ».  Rien à répondre à cela sinon qu'un BAC à sable devrait faire l'affaire...

11 H 45

Etrange dédicace que celle-là. Je vois un type d’une trentaine d’années que je ne connais absolument pas, portant le tee-shirt des employés du supermarché, s’avancer vers la librairie d’un pas décidé et affichant un large sourire. Il passe comme une flèche devant moi, me lance un bonjour et fonce vers la caisse. Quelques secondes plus tard, je comprends qu’il rentrait pour faire son loto et acheter mon livre… Je lui fais une dédicace sympa. Il repart en oubliant ses tickets de loto sur ma table. Je le rappelle. Il les récupère et me dit le plus sérieusement du monde : « oh, les tickets de loto c’est pas grave » et en serrant mon livre contre lui il ajoute « du moment que lui je l’ai, il m’apportera bien plus de choses que le loto ». Là, franchement, je n’ai pas compris son intérêt aussi soutenu… Je suis pourtant certaine de ne jamais l’avoir vu.

 

A midi, j’ai signé une dizaine de décicaces et je m’accorde une pause avec ma copine Nathalie qui m’a téléphoné pour me proposer que nous déjeunions ensemble. Panini au fromage,  deux verres de rouge et plein d’éclats de rire.

 

14 H 30

Je suis à nouveau en place mais c’est le désert. Les gens sont probablement à la plage. Je prends le temps d’observer les quelques personnes qui passent. Je suis impressionnée par le nombre de gros, voire d’obèses. Incroyable.

15 H 30

Toujours pas un chat. J’en profite pour prendre des notes afin d’écrire ce que vous êtes en train de lire.

16 H 45

Ah, enfin, ma copine Maryse. On parle un bon moment. Elle est veuve depuis peu. Je lui fais une jolie dédicace qui lui arrache des larmes. Du coup, je pleure aussi. Dédicace émotion.

17 H 00

Un touriste en short à rayures bleues et vertes immonde, environ 70 ans, se plante devant moi, immobile et silencieux. Il pourrait bien s’appeler Roger (cf. ma nouvelle "Roger et Josette") et avoir laissé sa Josette dans la caravane. Je lui offre un sourire commercial, le seul qui me vient à cet instant. Il me répond finalement par un « vous faites le Loto ? ». J’éclate de rire. Il a fini par comprendre que je n’étais pas assise là, à l’entrée, mon stylo à la main, pour lui faire son Loto…

17 H 30

Le patron d'une station-service passe par là par hasard. Je ne le connais pas plus que ça. Je me sers chez lui, c’est tout. Gentiment, il m’achète un bouquin. Et là, j’ai une bouffée d’inspiration pour la dédicace : « Pour H. A chacun son essence… Moi, c’est plutôt celle des êtres qui m’intéresse mais peut-être que finalement c’est la vôtre qui fait davantage avancer ». Il est mort de rire. Ma plus longue dédicace ce jour-là.

17 H 45

Un gros monsieur me demande l’air goguenard : « Mystères de quoi ? ». Là, je n'ai rien répondu mais je n'en ai pensé pas moins...

18 H 00

Un type, la cinquantaine, s’arrête avec son chariot. Il regarde la couverture de mon livre et me dit : « c’est dommage mais je n’ai pas le temps de lire. Je travaille trop ». Pauvre garçon. Il n’a rien compris à la vie.

18 H 15

Je lui donne 60 ans. On parle de mon livre. Je lui explique que le but de mes personnages est d’interpeller le lecteur, qu’il se pose ne serait-ce qu’une petite question sur lui-même après avoir lu chaque nouvelle. Je prends l’exemple de mon fameux couple de ringards (re-cf. Roger et Josette) mais sans les citer. Elle me regarde droit dans les yeux : « Je préfère ne pas trop me poser de questions, ça m’angoisse ». Bon, d’accord. Mal fagotée, mal coiffée, peu soignée, grassouillette, elle lit la quatrième de couverture et fait des commentaires en même temps : « je suis née la même année que vous ». Argh… Elle n’a donc pas 60 ans… « oh, je suis née en banlieue parisienne moi aussi », « oooh, je suis arrivée en Corse il y a aussi 25 ans ». Et la cerise sur le gâteau : « Incroyable ! Je m’appelle Josette ! ». Elle s’extasie sur toutes ces coïncidences. Enfin, elle repose mon bouquin et avant de partir, elle me dit : « De toute façon, je ne lis que des livres de médecine ». Désolée Josette. Mais finalement tant mieux parce que si vous aviez lu Josette et Roger, la liste des coïncidences aurait considérablement augmenté…

18 H 30

La dame du manuscrit, comme promis par elle, revient avec une copie dactylographiée des pages qu'elle souhaiterait voir publiées. Elle me les confie. Elles sont truffées de fautes (et encore, quand je dis « truffées », je suis gentille). Je pense que ce sont des nouvelles. Enfin, je l’ai ramené à la maison. Je lirai, ne serait-ce par curiosité. Mais c’est peut-être une merveille ? Je vous dirai. (Depuis, je les ai lues... Cela fera l'objet d'un article dans ces colonnes tant ces pages m'ont émues... Mea culpa d'avoir si mal pensé dans un premier temps...)

19 H 30

Peu de temps avant la fermeture, je vends un livre à un vague copain de ma génération. Il est surpris de me voir là mais achète le bouquin volontiers puisqu’il semble lire beaucoup. On discute un peu. C’est vrai qu’on se croise souvent mais que l’on parle rarement. Et quand il s’en va, il me dit : « Allez, salut. Passe mon bonjour à ton mari». Aïe… J’ai bien essayé de le rappeler mais il a filé.  Hallucinant qu’il ne soit pas au courant… Enfin, maintenant qu’il aura ouvert le livre à la première page, il aura probablement compris que mon actualité a changé…

 

Cette journée tant redoutée s’achève.  J’ai la tête en compote. Je réalise alors que lorsque un ouvrage est édité, il n'appartient plus à son auteur. "Mystères d'âmes" ne m'appartient plus.

Publié le 19 août 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Ironique
Cela faisait trois jours que, fière comme Artaban (c’est qui Artaban ? hé hé…), je m’étais créé un blog,  mon blog à moi, ravie de l’effet du fond gris et excitée comme une puce à l’idée de remplir des pages de vide utile (on ne sait pas pour qui mais je ne serai pas la première…) quand soudain, à l’aube du quatrième jour, le titre que je lui avait alloué me sauta aux yeux :
Le Blog de Martine Rousset…
Ma conscience m’interpella alors et ironique me lança :
- Dis-moi, Martine, depuis quand utilises-tu des mots que tu ne connais pas ?
Bien entendu, je ne savais que répondre mais piquée au vif, je tentai de faire diversion :
- Petite conscience jolie, tu devrais savoir ce qu’est un Blog, toi qui habite une femme moderne (en l’occurrence moi) et dans le vent ! Un Blog, c’est un « truc » où l’on peut écrire ce que l’on veut, ses états d’âmes, ses coups de gueule, y mettre des photos afin de partager tout ceci avec les millions d’internautes qui attendent chaque jour, à l’affût du « Le Blog de Martine Rousset », de savoir quel sera son article de génie du jour ! Un « truc » sympa quoi !
Ma conscience me sourit mais ne répondit pas, me laissant dans la mouise. Quant à Artaban, les bras croisés et l’air goguenard, il fredonnait « je m’voyais déjà » d’Aznavour. Allez savoir pourquoi. 
Agacée, j’ai d’abord ouvert mon dictionnaire « Easy English » aux Editions Collins. Rien. De « block », il passait prétentieusement à « blood ». Mon « blood » ne fit qu’un tour. Je n’allais pas me laisser faire et je demandai une audience au Dieu Web. Il me l’accorda.
Le mot « blog » est donc l’aphérèse de Web Log. Un carnet de bord sur le Web, tout simplement.
Ouf ! Au crépuscule du même quatrième jour, j’étais sauvée. 

Et pour que ma conscience prenne encore quelques jours de congés, et par ricochet moi aussi, je tiens à préciser qu’Artaban était le héros de « Cléopâtre », roman de Gautier de la Calprenède, qu’il était un personnage fier et arrogant et que malgré les 12 volumes et les 4 153 pages de l’épopée historique de « Cléopâtre », seule la sonorité de son nom, associée à sa fierté, semblent lui avoir valu la pérennisation de cette expression.

Et toc. Prends ça dans les dents petite conscience jolie.

Publié le 18 août 2007 à 08:00
Par Martine Rousset
Humeur : Tendre
Pero Casevecchie, c'est mon village. Tout du moins celui où je vis et j'aime vivre. Qui connait Pero Casevecchie ? Personne... Et pourtant...




Si je vous dis que c'est dans ce village qu'est né l'inventeur de la première formule du Coca Cola ? Là, je vous entends ricaner en disant que les écrivains sont des êtres fantasques à l'imagination totalement débordante ! Si, si, ne dites pas le contraire, je vous ai entendu ricaner...

Alors laissez-moi vous raconter l'histoire en quelques lignes...

Il était une fois Angelo Mariani... Né en 1838 à Pero Casevecchie, il fut pharmacien et chimiste. Il s'intéressa très tôt à la feuille de coca et à ses vertus puis eut l'idée de l'utiliser pour élaborer une boisson tonifiante en l'additionnant à du vin de Bordeaux. Il l'appela le Vin Mariani. Le génie d'Angelo Mariani réside dans son extraordinaire sens commercial. Installé à Paris, il fit goûter son vin à diverses personnalités de l'époque (dans les années 1860/1870) à qui il demandait systématiquement de rédiger un petit texte. Les consommateurs firent eux-mêmes la publicité de ce breuvage qui leur plut instantanément (sûr que la coca y est pour quelque chose...). Cela ne lui coûta pas un centime... C'est pas du génie ça ? Angelo publia tous ces textes dans 14 volumes. Parmi ces messages de reconnaissance, certains furent écrits par le Pape Léon XIII, la reine Victoria, des souverains, des présidents, des écrivains tels que Dumas, Rostand, Verne ou Zola...
Comment se fait-il qu'Angelo Mariani tomba dans l'oubli même dans son village natal ? Tout d'abord, il n'avoua pas sa "corsitude" puisque à cette époque les Parisiens vouaient une haine acérée contre les Corses (la faute à Napoléon III...). Ensuite, persuadé que la reconnaissance des personnalités amatrices du Vin Mariani le protégeait des falsifications, il ne se méfia pas de John Smith Pemberton, un pharmacien américain d'Atlanta qui en reprenant l'idée du Vin Mariani, créa le "French Wine Coca", un "tonique et stimulant nerveux idéal"... Quand le comté d'Atlanta interdit l'alcool, Pemberton remplaça le vin par du jus de citron et de l'eau gazeuse... Le Coca Cola était né. Nous étions en 1886.
Notre Angelo Mariani mourut en 1914, emportant avec lui la discrétion sur ses origines corses que le Tout-Paris croyait italiennes, et au moment où l'utilisation abusive de la coca fut avérée.


Publié le 17 août 2007 à 13:37
Par Martine Rousset
Humeur : Au secours !
Pauline achète une maison en ruine à Jarou, un village qui n'existe pas mais qui ressemble à tous ces villages du sud de la France. Pauline vient d'ailleurs, elle est "l'étrangère". On l'observe parce qu'elle échappe. Elle répond peu ou pas aux questions. Elle se concentre sur sa truelle et rénove sa bâtisse. Les habitants lui semblent attachants et affectueusement, elle les regarde vivre, s'interroger, se chamailler...
Elle voudrait tant que les villageois émergent de leur vase clos et qu'ils acceptent de s'ouvrir. Elle n'est ni la bienvenue, ni la malvenue, elle est l'étrangère. Alors elle leur offre une histoire inouie, invraisemblable, décoiffant leur quotidien. Un événement si absurde que tout le monde y croit.

Lorsque mon livre montra le bout de son nez, les réactions à cette nouvelle me laissèrent perplexe. Chaque mot et chaque événement furent pris pour argent comptant. Chacun s'est cherché entre les lignes et a fini par s'y trouver !
Dans les vieilles ruelles du village où je vis, les pierres entendaient murmurer : "Elle a écrit une histoire sur "notre" village..."
Non, même si pourtant il le mérite, je ne l'ai pas fait. Je m'en suis juste inspirée, comme je me suis également inspirée de ce village de l'Hérault où j'ai passé toutes mes vacances lorsque j'étais enfant puis adolescente.
Quel est alors le message que j'ai voulu faire passer ? Tout simplement un appel au partage, à l'échange, à la communication, à l'humour, à l'acceptation de l'autre et à la fantaisie...
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